La pluie diluvienne qui s’est abattue dimanche sur la capitale Kinshasa n’a pas démobilisé les Kinois dans leur détermination à s’acquitter massivement du dernier round du vote historique du 29 octobre de l’élection du président de la IIIème République !

La journée du vote du 2ème tour de la présidentielle jumelé avec le scrutin provincial, le dimanche 29 octobre, a été arrosée par une forte pluie battante tombée sur la capitale congolaise Kinshasa et une bonne partie de tout l’Ouest du pays. Tôt aux petites heures de la matinée jusqu’en milieu d’après midi, une pluie diluvienne s’abattait en effet sur la ville, ce qui a fortement incommodé cette journée électorale particulière entre toutes.
Les Kinois, citadins de la capitale, ne se sont cependant pas laissés immobiliser par cette intempérie qu’ils ont bravé avec détermination pour se présenter, contre vents et marées, devant les bureaux de vote et élire le président de la IIIème République parmi les deux candidats restés en lice après le 1er tour de scrutin organisé le 30 juillet dernier. La même occasion a permis l’élection des députés provinciaux parmi lesquels sortiront les sénateurs, gouverneurs des provinces, ainsi que les membres des assemblées provinciales.
Il s’est donc agi de deux déterminants scrutins du processus électoral parvenu ainsi à son terme et consacrant la fin de la transition, pour faire place à la Troisième République par laquelle les Congolais comptent ardemment retrouver la pleine pratique démocratique et la relance de la reconstruction du pays. Bien que le processus électoral en question ait été marqué par de multiples embûches, les Congolais ont tenu à ne point en rater la décisive échéance de la déterminante élection de leur prochain magistrat suprême. Voilà pourquoi l’ensemble des enrôlés ont bravé les intempéries pour participer au choix entre les deux candidats de la compétition présidentielle Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba.
La pluie a, certes, failli gâcher la fête quand elle a commencé à dégouliner à 4 heures du matin. Elle ne s’est pas arrêtée à l’aube et s’est poursuivie tout l’avant-midi. C’est au milieu d’après-midi seulement qu’elle cessera de tomber. Entre-temps l’averse avait causé d’importants dégâts comme cela est devenu fréquent dans les quartiers périphériques mal lotis où des rivières ont débordé de leur lit provoquant des inondations de plusieurs avenues et même des cassures de route ainsi que des destructions de certains édifices envahis par les torrents d’eau.
On a même signalé des désastres avec victimes humaines tel que cela a été signalé dans la commune de Selembao où a été constaté l’écroulement d’une maison tuant six personnes d’une même famille. Quant aux dégâts les plus importants des infrastructures routières, on a relevé l’obstruction à nouveau de l’axe routier longeant le fleuve Congo sur l’Avenue dite du Tourisme conduisant au quartier Kinsuka. L’affaissement de terrain avec avalanches de grosses pierres et autres cailloux submergeant la route du bas de falaise de Ngaliema se sont répétés comme à la dernière pluie ayant entraîné les mêmes dégâts une semaine auparavant.
Les habitants du quartier Kinsuka se sont retrouvés bloqués sans pouvoir rejoindre les autres quartiers proches tels les communes de Ngaliema et Kintambo, de même que le centre ville où beaucoup de travailleurs et agents de l’Etat s’étaient fait enrôler dans les bureaux de vote du cœur de la capitale. L’enclavement dans lequel s’est donc retrouvé le quartier Kinsuka n’a pas empêché ses citadins à se rendre aux bureaux de vote même les plus éloignés.

Les incommodités de la pluie n’ont finalement pas eu le dessus sur la volonté et la détermination des Kinois à aller remplir leur devoir civique d’élire le prochain président de la République et les députés provinciaux pour la ville de Kinshasa. L’ouverture des bureaux de vote prévue à 6 heures du matin n’a sans doute pas été effectuée partout à l’heure ponctuelle, mais il a été signalé partout que cette ouverture a bel et bien eu lieu sans trop d’anicroches. Et les électeurs se présentaient tout de même avec une diligence et un empressement remarquables.
Du côté de l’organisation des opérations de vote, en dépit du dégoulinement de la pluie, il a aussi été observé un déploiement normal des agents électoraux de la Commission électorale indépendante (Cei). Beaucoup d’entre eux ont passé la nuit dans les centres qui ne bénéficiaient pas tous de l’éclairage approprié, pour veiller à la surveillance du matériel électoral. Les superviseurs des centres de vote, par exemple, effectuaient normalement comme prévu les déplacements d’un centre à l’autre, pour noter les aléas constatés dans le déroulement des opérations. Ils instruisaient occasionnellement les chefs des centres faisant face à la carence des témoins pour éviter l’annulations des procès-verbaux qui risquaient de ne pas porter de signature des témoins.
Un calme incontestable a donc marqué le déroulement des opérations électorales du 29 octobre dans l’ensemble des circonscriptions de la capitale Kinshasa. Les incidents n’ont pas totalement manqué, certes, puisque par-ci par-là étaient signalés des cas de frictions entre électeurs à cause du fanatisme de leurs positions partisanes pour l’un ou l’autre concurrent au scrutin, mais cela n’a pas entaché tout le mouvement électoral au point de le remettre en cause. Au contraire, ces incidents attestant l’acharnement des uns et des autres confirmaient l’engouement général au scrutin.
La démobilisation redoutée n’a donc pas été au rendez-vous, ce qui atteste bien le succès des opérations électorales à Kinshasa. Du reste, ainsi que l’avaient fait constater auparavant et le Secrétaire général du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (Pprd) Vital Kamerhe, et le Représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu en Rdc, M. William Swing, les élections congolaises n’auront pas été aussi redoutables que les premières de l’Afrique du Sud post-apartheid où l’on avait compté des morts par milliers !
DN/MMC
Last edited: 30/10/2006 15:44:55