Fort du score du premier tour, Joseph Kabila part favori. L’adversaire n’étant pas de sa taille, J.Kabila ne fera pas un score serré. Car, JP. Bemba n’a jamais été un adversaire redoutable que dans le discours

Battu au premier tour, battu au jeu des alliances, battu aux législatives, JP Bemba sera sans conteste battu le 29 octobre. Après avoir tout perdu, le leader du Mlc compterait désormais sur l’envoûtement des électeurs, c’est-à-dire sur le diable.
Joseph Kabila est bien parti pour gagner l’élection de ce 29 octobre 2006. C’est le constat que tout observateur attentif et désintéressé peut faire. Les chances d’un candidat se calculent en fonction de celles du concurrent.
En ce qui concerne les élections du deuxième tour de la présidentielle, Joseph Kabila a comme challenger, JP Bemba. Si au premier tour les chances de chacun se calculaient au hasard, tel ne peut plus en être le cas au second tour. Car, les deux candidats ont démontré leur véritable force au premier round qui avait engagé 33 candidats. Joseph Kabila a eu près de la moitié des suffrages exprimés. Ironie du sort, celui qui a menacé et compromis ses chances de passer au premier n’est pas le candidat qu’il affrontera au deuxième tour.
Car, les deux candidats ont démontré leur véritable force au premier round qui avait engagé 33 candidats. Joseph Kabila a eu près de moitié des suffrages exprimés. Ironie du sort, celui qui a menacé et compromis ses chances de passer au premier tour n’est pas le candidat qu’il affrontera au deuxième tour. En fait Joseph Kabila caracolait en tête du peloton affichant toutes les chances de l’emporter au premier tour jusqu’au jour où les résultats du patriarche Gizenga au Bandundu, particulièrement au Kwilu ont été rendus publics. C’était la dégringolade pour le chef de l’Etat. Le leader du Palu avait arraché presque le maximum des voix à Gungu et à Idiofa.
Bemba n’a jamais fait le poids
En termes clairs, JP Bemba n’avait jamais constitué un vrai danger pour Joseph Kabila. L’importance électorale de JP Bemba dont peut se prévaloir le leader du Mlc, c’est dans certains médias et dans un certains discours d’autosatisfaction d’inutilement triomphaliste. Sur le terrain, le vote serré qu’on devrait avoir ou qui avait été annoncé, n’a pas eu lieu. L’écart au premier tour 44,81% pour Kabila et 20,03% pour son challenger en est la preuve palpable. C’est donc par des manœuvres et la manipulation que JP Bemba s’est imposé comme concurrent de taille pour Joseph Kabila. Il a d’abord utilisé sa position de vice-président de la République.
Tout au long de la transition, il a essayé de façon artificielle de s’isoler afin de se faire une étoffe de concurrent numéro un du chef de l’Etat en fonction. Ainsi, le leader du Mlc était sans cesse à la recherche de la petite bête. Foulant souvent aux pieds les dispositifs du protocole lors des manifestations publiques et officielles, il s’organisait à venir à la même heure que le chef de l’Etat. En plus de cela, les imprudences des autres adversaires de Joseph Kabila ont fait de JP Bemba le premier challenger.
Alors qu’il était membre à part entière du gouvernement et de l’espace présidentiel, il a pris des positions pour s’attirer la sympathie des opposants qui en ont fait un de leurs. En recourant à lui comme l’exemple des hommes au pouvoir plus attentionné aux problèmes de l’opposition, on en a fait le leader de cette opposition. C’est ainsi que les autres candidats à la présidentielle à part Antoine Gizenga se sont mis sous sa coupe.
Il voulait prendre les autres au dépourvu
Pour terminer, le leader du Mlc s’était organisé à damer les pions à ses adversaires dont Joseph Kabila. Avant même que la campagne commence, JP Bemba comme vice-président de la république, prend son bâton de pèlerin. Il sillonne le pays, galvanise les foules qui viennent à lui comme membre du gouvernement. Le moment venu, les images sont utilisées à des fins électoralistes. Il se présente comme l’homme le plus populaire. Exploit qu’il n’a osé rééditer. Ses tournées il les commence par l’Est du pays, une façon de couper l’herbe sous les pieds de Joseph Kabila.

Malheureusement, la loi du premier venu ne lui profitera pas. Le discours selon lequel il était le seul à fouler le sol de l’Est du pays pendant que les autres hésitaient encore, n’a pas constitué un argument de poids. Ce qui est positif pour le leader du Mlc, c’est qu’il avait étudié l’électorat et il savait que l’Est était acquis à Joseph Kabila. Il fallait le détourner, sinon le partager. C’est ainsi que JP Bemba arrivant à Goma et Bukavu, au moment où Joseph Kabila n’y était pas encore allé en dépit de l’attente de la population, voulait se donner l’image non seulement le plus courageux, mais aussi le plus proche de cette population. Il avait fallu que Joseph Kabila arrive pour que ce discours fonde comme la neige au soleil. C’était l’occasion de confirmer ce que le poète avait chanté : le mensonge prend l’ascenseur alors que la vérité emprunte les escaliers. Mais au finish, les deux se rencontrent. Comme le jour chasse la nuit, la vérité chasse le mensonge.
La bataille des alliances gagnée
Malgré son avance du premier tour et la démonstration de force face à son challenger actuel, Joseph Kabila a tout fait pour mettre toutes les chances de son côté. Il a battu JP Bemba au jeu des alliances. On peut dire à ce sujet que le vote avait déjà eu lieu et Joseph Kabila l’a emporté haut la main. La signature du protocole d’accord avec le Palu a enlevé à JP Bemba toute la prétention du leader de l’Ouest. Il ne restait plus que Nzanga Mobutu s’aligne pour que JP Bemba cesse de se targuer du droit de contrôle de la province de l’Equateur. Selon le discours, il continuait à se prévaloir du contrôle de la capitale.
Pour ce faire, il fait confiance aux agitations visibles de quelques désoeuvrés et de quelques ressortissants de la province de l’Equateur essentiellement dans certains quartiers. Le tort de JP Bemba justement, c’est de vouloir faire de cela un problème des ressortissants de l’Equateur. En faisant cela, il oublie que la grande majorité de la population de la capitale se partage entre le Bandundu et le Bas-Congo. Sur cette base il lui sera difficile, très difficile de contrôler Kinshasa avec le rapprochement Gizenga-Kabila. On ne voit pas comment et partant de quelle base ? Objectivement, on ne voit pas JP Bemba gagner le deuxième tour de la présidentielle devant Joseph Kabila dans la mesure où il n’a fait aucun effort pour consolider le petit acquis du premier tour. Il n’a pratiquement pas battu campagne.
A la place, il a aligné des individus qui n’avaient pas pu mobiliser pour eux, des conflictuels dont le discours a commencé à agacer les individus qui n'avaient pas pu mobiliser pour eux, des conflictuels dont le discours a commencé à agacer les Congolais.
Une certaine opinion est convaincue qu’après avoir perdu sur tous les terrains, JP Bemba ne compterait plus que sur l’envoûtement de la population. Le diable existe, mais il ne l’emportera jamais sur la lumière.
L’Avenir
Last edited: 28/10/2006 13:00:55