A deux jours d’un scrutin présidentiel crucial, quatre personnes on été tuées jeudi à Gbadolite, dans le Nord-Ouest de la Rdc, dans des tirs entre éléments du Vice-Président Jean-Pierre Bemba et gardes de Nzanga Mobutu allié du Président Joseph Kabila.

Un élément des troupes de M. Bemba et trois policiers ont été tués, a indiqué à l’AFP le bureau de l’information de la Mission de l’ONU en RDC (Monuc) à Mbandaka, chef-lieu de la province de l’Equateur, où se trouve Gbadolite. Un premier bilan de la Monuc faisait état d’un mort. Un membre de la sécurité de Nzanga Mobutu, fils de l’ex-dictateur zaïrois Mobutu Sese Seko, a également été blessé, selon la même source. Le frère de Nzanga Mobutu, Philippe Albert Mobutu, joint par AFP, a de son côté fait état d’un cinquième mort, un civil, tué par une balle perdue alors qu’il fuyait les lieux. Selon des sources concordantes, les tirs ont commencé quand M. Mobutu est entré, en compagnie d’éléments armés et dans des circonstances peu claires, à radio Liberté, propriété de M. Bemba, déclenchant une intervention des éléments de ce dernière et de la police. La radio, à l’intérieur de laquelle se trouverait toujours M. Mobutu, était en début de soirée encerclée par des éléments de M. Bemba, selon ces sources.
Selon Philippe Albert Mobutu, des négociations ont commencé pour faire sortir son frère des locaux de la radio. Le directeur de cabinet de M. Bemba, Fidèle Babala, a accusé M. Mobutu d’avoir investi la radio avec un « commando armé » et d’avoir tiré sur des journalistes, dans une déclaration à l’AFP. Peu avant ces accrochages, Jean-Pierre Bemba a annoncé à la presse à Kinshasa qu’il était prêt à accepter une éventuelle défaite face à Kabila, favori du second tour de la présidentielle de dimanche, si les élections étaient « libres, démocratiques et transparentes ».
Le vice-président a par ailleurs déploré l’annulation d’un débat télévisé entre les deux candidats et émis des doutes quant à la tenue de son meeting-monstre annoncé pour vendredi dans la capitale. « Je ne voudrais pas que le sang coule lors de cette manifestation », a-t-il expliqué, affirmant refuser de « donner une chance et une opportunité à ceux qui veulent saboter » ce rassemblement, et estimant n’avoir » plus de démonstration à faire au point de vue mobilisation ».
Se disant certain de la victoire, il a appelé les électeurs à la vigilance, pour contrer toute tentative de fraude.Au même moment, une émeute éclatait à la prison centrale de Kinshasa. « Il y a eu neuf blessés par balles, dont l’un est dans un état grave », a déclaré le colonel Raus Chalwe, chef des Services spéciaux de la police et des renseignements.
Des sources diplomatiques concordantes ont fait état jeudi soir d’un bilan plus lourd, oscillant entre trois et cinq morts, sur la base de témoignages recueillis à la prison centrale et d’informations communiquées sous couvert d’anonymat par des autorités polico-judiciaires congolaises. « Il y a au moins trois morts, des prisonniers tués par balles » lorsque la police est intervenue pour mater un mouvement de détenus à la prison centrale de Kinshasa, a déclaré à l’AFP une de ces sources.

Selon une autre source, le bilan serait de « cinq morts, voire plus » d’après des témoignages recueillis auprès de détenus. Selon une source policière, « les prisonniers ont tenté de s’évader en cassant un portail, puis en trouant un mur, entraînant l’intervention de la police.
Mais selon une autre source policière, les détenus se seraient révoltés après une fouille des cellules dans le cadre d’une enquête sur « l’évasion » de détenus condamnés à morts pour l’assassinat le l6 janvier 2001 du président Laurent-Désire Kabila, père de l’actuel chef de l’Etat. Dans la nuit de lundi à mardi, 14 des plus de 30 condamnés à morts dans cette affaire ont « disparu » de la prison, selon des ONG Congolaises qui dénoncent l’opacité de la gestion de cette affaire.
Peu après la répression du mouvement des détenus, un journaliste de l’AFP a entendu les prisonniers réclamer à manger. Les visites dans cette prison sont interdites depuis « l’évasion », alors que les détenus sont en général nourris par leurs familles. Enfin, plusieurs personnes ont été blessées par des jets de pierres à Goma, dans l’Est du pays, lors d’un meeting de soutien à Jean-Pierre Bemba. « Le climat s’alourdit, les gens sont survoltés. Les prochains jours vont être chauds, qu’il y ait ou pas meeting de Bemba », a commenté à l’AFP un militaire occidental sous couvert d’anonymat.
AFP
Last edited: 27/10/2006 14:20:27