Pourtant, en dépit du bon sens, certains de nos compatriotes essaient de minimiser, de relativiser ou de banaliser la portée de ces événements du 27 juillet dernier et continuent à prétendre que le candidat de l’Union pour la Nation, étant démocrate et sensible aux souffrances de ses concitoyens, ne peut en aucun cas cautionner ce qui s’est passé ce jour là

C’est bien possible et je m’en réjouis. Mais dans ce cas, le plus simple aurait été de présenter aussitôt des excuses aux victimes et d’envisager, dans la mesure du possible, leurs indemnisations comme il ne cesse de le revendiquer pour lui-même concernant son hélicoptère réduit en cendres par la puissance de feu de la Garde républicaine.
En outre, je voudrais, dans le même ordre d’idées, rappeler à ces mêmes compatriotes les deux faits ci-après qui donnent un tout autre éclairage à ce qui précède :
1° Peu de temps avant qu’il ne devienne l’un des quatre Vice-présidents de la République, Monsieur Jean-Pierre BEMBA avait été condamné par défaut, par le tribunal correctionnel de Bruxelles, à un an de prison ferme et à une forte amende « pour s’être rendu coupable de la traite des êtres humains en employant, dans l’une de ses résidences en Belgique, deux domestiques congolais dans des conditions proches de l’esclavage ».
Ce traitement inhumain infligé à ses propres domestiques ajouté à celui qui a été réservé aux victimes du déchaînement de la violence du 27 juillet dernier, nous permet de nous faire une idée claire et nette sur la façon dont le candidat BEMBA entend assurer le respect des droits de l’homme une fois devenu Chef de l’Etat.
2° Tout en reconnaissant que l’un n’est pas du tout comparable à l’autre et en m’excusant à l’avance auprès de tous ceux qui pourraient en être choqués, je voudrais tout simplement rappeler aux sceptiques un fait historique sans toutefois paraître irrévérencieux à l’égard du Vice-président de la République Jean Pierre BEMBA que Monsieur Adolphe HITLER avait pris le pouvoir par la voie des élections libres, transparentes et démocratiques. Ce n’est que peu de temps après qu’il est devenu l’un des grands fossoyeurs de la démocratie que le monde ait connu.
Il est donc totalement faux de croire que tous ceux qui contribuent à la mise sur pied du processus électoral et qui en vantent constamment les mérites sont tellement amoureux de la démocratie qu’une fois élus, ils ne pourront que se conformer à ses règles et à passer le plus clair de leur temps à en consolider les fondements. Les exemples de tous ceux qui, ayant accédé au pouvoir par le biais de la démocratie et qui ont fini par instaurer plus tard des régimes de terreur, empêchant le déroulement de toute vie démocratique, sont si nombreux qu’ils nous recommandent la plus grande prudence.

Il résulte de tout ce qui précède et notamment du profil de chacun des deux candidats restés en lice que le Président Joseph KABILA KABANGE n’a, à mon humble avis, aucun intérêt à accepter de participer au débat radiotélévisé annoncé entre les deux candidats à la présidentielle.
D’abord parce que, à compétences égales, ces types de débats sont aussi un problème de forme et de maîtrise de soi. Par expérience chacun sait qu’il y a indépendamment de notre volonté, des jours où l’on est en pleine forme et des jours où on ne l’est pas. Il se fait que lorsque l’on est dans une forme éblouissante, les mots nous viennent aisément, les exemples se trouvent facilement et les phrases s’enchaînent logiquement.
Mais si, par malheur, la forme n’y est pas, les mots ne nous viennent toujours pas dans l’ordre voulu, le risque de se perdre, sous la pression des cameras, dans ses pensées s’accroît et la qualité de la prestation fournie en est affectée…
(Yes)Forum des As