L’annulation par la Haute autorité des médias (Ham) du débat Kabila-Bemba suite aux profondes divergences entre les parties en présence demeure le thème d’actualité qui a été le plus exploité par les journaux parus ce jeudi.

Débat contradictoire, «Kabila-Bemba : y a pas match », affiche en manchette LE POTENTIEL dans sa livraison de ce jeudi. La décision est tombée, signale le quotidien de l’avenue Bas-Congo. Le débat contradictoire annoncé et très attendu qui devrait opposer les deux candidats encore en lice pour le second tour de l’élection présidentielle n’aura pas lieu. C’est ce qui ressort du communiqué de presse de la Haute autorité des médias rendu public mercredi.
Les appréhensions éprouvées par des observateurs sont donc justifiées, note le confrère. Il n’y aura pas match, ce jeudi 26 octobre 2006, dans le cadre du débat contradictoire, entre le président sortant, Joseph Kabila, et le vice-président de la République, Jean-Pierre Bemba.
Selon ce journal, il revient maintenant au peuple congolais de tirer la leçon de ce rendez-vous très attendu mais manqué. Les deux parties, qui avaient accepté de se soumettre au débat conformément à la Loi électorale, n’ont pas pu trouver un consensus en ce qui concerne les modalités pratiques. La méfiance des uns et des autres a supplanté toutes les autres considérations.
Par ailleurs, LE POTENTIEL publie une longue interview du patriarche Antoine Gizenga dont le parti est signataire d’un protocole de partenariat avec l’Alliance de la majorité présidentielle afin de porter Joseph Kabila à la victoire au second tour de l’élection présidentielle. En cas de victoire, le poste de Premier ministre revient au Palu.
Au cours de cette interview, le patriarche Gizenga revient notamment sur les raisons qui l’ont poussé à signer un accord avec l’Alliance de la majorité présidentielle.
Il a fait savoir que la raison majeure est le souci de l’unité du pays. Le Palu, a-t-il déclaré, a mis de côté toute considération de personne. Il a mis l’accent sur l’intérêt de la Nation. A la question de savoir s’il briguera la primature, il répond par une autre question, «qui vous dit qu’il s’agira de moi ? ».
Pour revenir à la question du déb at contradictoire, LA PROSPERITE rapporte que d’après le président de la Ham, Modeste Mutinga, les hommes de Kabila et ceux de Bemba n’ont pas réussi à surmonter leurs divergences sur les modalités du déroulement du débat contradictoire. L’AMP s’en tient au principe d’un enregistrement séparé des questions et réponses.
Du côté de l’Union pour la Nation, il faut un face-à-face à l’américaine. Parce qu’il permettrait de vérifier les aptitudes de chaque candidat. A l’impossible, dit-on, nul n’est tenu. Dimanche 29 octobre, les électeurs se contenteront seulement de ce qu’ils connaissent déjà sur les deux candidats.
Sur le même registre, LA REFERENCE PLUS indique que l’Amp privilégiait la formule de l’enregistrement des réponses, l’Union pour la nation ne jurait que par un face-à-face entre les deux protagonistes.
Pour cette plate-forme (Union pour la Nation), ce débat devait se dérouler au Palais du Peuple et non à la Rtnc. Le quotidien de la place Victoire citant un membre de l’Amp soutient que les hommes de JP Bemba auraient dû s’inspirer de l’exemple du parti socialiste français.
A en croire ce membre de l’Amp, la formule d’enregistrement séparé des réponses des deux candidats a l’avantage notamment de contourner les problèmes d’ordre sécuritaire évoqués par le camp de Bemba.
Par contre, le face-à-face donne au public l’impression d’assister à une sorte de compétition dans laquelle tous les moyens sont bons pour arracher la victoire.
L’AVENIR s’intéresse au meeting que JP Bemba organise vendredi au stade Tata Raphaël et titre à la Une : « 27 octobre 2006, un bain de sang en vue ».
Selon les informations en possession de ce journal, JP Bemba accusera J. Kabila d’avoir dissimulé l’exécution des prisonniers en évasion.
Le Mlc entend présenter les corps des exécutés au cours de ce meeting. Pendant ce temps, des soldats du Mlc déguisés en policiers et en soldats de la Garde républicaine tireront dans la foule pour faire porter le chapeau à J. Kabila, affirme ce quotidien.
T.N/MMC