Les acteurs intervenant dans le processus électoral se sont mobilisés le samedi 7 octobre 2006 à l’occasion de la cérémonie de lancement de la campagne de sensibilisation pour le 2ème tour de l’élection présidentielle et les provinciales organisé par la Commission Electorale Indépendante dans la salle des Congrès du Palais du peuple.

Placée sous le thème « le jeu démocratique dans le processus électoral en RDC », cette campagne a reçu comme objectif d’instruire « la population congolaise sur l’importance des élections comme seule voie d’accès légitime au pouvoir ». Acteurs non étatiques, délégués d’associations, représentants du gouvernement et de la communauté internationale ont, à l’occasion, réaffirmé leur engagement à contribuer pour le bon aboutissement du processus électoral.

Pour le représentant des acteurs non étatiques (ANE), cette journée était une occasion pour « remobiliser la population congolaise à se réapproprier le processus électoral. Après les événements malheureux du 20 au 22 août, cette campagne doit impérativement non seulement recréer la confiance et l’enthousiasme des Congolaises et Congolais au processus électoral mais aussi apaiser le contexte socio-politique du processus en vue de maximiser la participation des électeurs et électrices au scrutin du 29 octobre prochain ».

Les ANE envisagent, pendant cette période, de se consacrer à l’éveil de la conscience des citoyens sur des sujets relatifs à la paix, la non-violence, la tolérance, la cohabitation pacifique entre catégories politiques et sociales de tendances divergentes ainsi que le règlement pacifique des conflits. Une tâche qui requiert la mobilisation de moyens dont les associations ne disposent pas toujours. D’où leur appel aux partenaires financiers au processus pour qu’ils apportent leur appui aux acteurs d’en bas, ceux qui sensibilisent la population au jour le jour.

Le Regroupement des étudiants congolais (REC), dont les représentants sont venus de toutes les provinces du pays, s’est engagée à mobiliser les étudiants de toute la République afin qu’ils redeviennent des vrais représentants de l’élite nationale et contribuent à la résolution pacifique des conflits, particulièrement dans cette phase délicate de l’histoire du pays. Afin de garantir la paix pendant cette période, a affirmé le ministre de l’Intérieur, M. Théophile Mbemba, « tout a été mis en œuvre pour que la Police Nationale Congolaise qui est la première responsable de la sécurisation du processus électoral, soit formée et équipée ». Ainsi, 70.000 policiers ont été formés et dotés des moyens pour communiquer et intervenir en cas de nécessité. Toutefois, a rappelé le ministre, la sécurité est l’affaire de tous et chacun a l’obligation d’y veiller.

Intervenant au nom de la communauté internationale, le représentant spécial adjoint du secrétaire général de l’Onu en RDC, M. Ross Mountain, a exprimé la fierté des Nations Unies « d’avoir l’occasion d’appuyer ce processus ». Selon lui, c’est à cause de l’engagement de la CEI et de la population que la communauté internationale amène un appui sans précédent pour le processus électoral. Si le grand défi au 1er tour était de faire comprendre aux gens comment voter, M. Mountain pense qu’il faut à présent leur apprendre pourquoi voter. Parce que, a-t-il expliqué, « les gens que vous allez élire vont tenir dans leurs mains le futur de la RDC. On espère que les candidats à n’importe quel niveau vont expliquer leur programme, leur vision de la société dans l’avenir ».

Même recommandation du président de la Commission Electorale Indépendante, l’Abbé Malumalu, qui voit, à travers toutes les personnes venues participer au lancement de la campagne de sensibilisation, « l’engagement de toute une nation pour la réussite du processus électoral ». Mais il a rappelé que la route est encore longue et que chacun est acteur à un niveau ou à un autre en étant soit candidat, soit électeur, soit observateur national ou international, dans les médias, soit dans la sécurisation du processus électoral. « Si nous sommes ici, c’est pour prendre l’engagement de pouvoir conjuguer ensemble les efforts. Parce que les moyens pour la sensibilisation électorale, nous ne les aurons jamais à la hauteur des défis.

Mais nous sommes capables de donner plus que ce que nous avons, ce que nous sommes. Et ça, c’est plus précieux que tout. Si nous acceptons de donner ce que nous sommes. Et que chacune et chacun en République Démocratique du Congo, acceptent de donner le meilleur de lui-même, alors cette campagne de sensibilisation électorale qui commence ici modestement, peut être à la hauteur des aspirations du peuple congolais » a fait savoir le président Malumalu.

Il a ainsi rappelé certaines préoccupations qui doivent conduire l’action de sensibilisation : l’importance des bulletins nuls et blancs, les personnes qui ne savent pas lire, les distraits... Et il a recommandé que la campagne de sensibilisation soit une campagne de mobilisation de toute la nation et que le 29 octobre chacun aille voter en connaissance de cause.  Signalons par ailleurs que dans le cadre de toujours de ce processus, les Pays-Bas et la Suède viennent de contribuer pour 9 millions de dollars au processus électoral.

MMC