Le vol de 60 millions de francs congolais qui a été commis au Ministère des Travaux Publics et Infrastructures interpelle la nouvelle Assemblée nationale qui vient d’être mise en place. Celle-ci devra en effet réagir en tant que organe de contrôle de l’Exécutif et aussi pour faire la différence avec les Assemblées passées qui consacraient notamment l’impunité.
Un vol a été signalé au ministère des Travaux publics et infrastructures. Plusieurs millions de francs congolais, plus ou moins 60 millions, ont été emportés par des voleurs non encore identifiés. Y compris les agents de Police commis à la sécurisation des bâtiments publics. Qui sont ceux qui ont commis ce forfait ?
Un vol spectaculaire a eu lieu au ministère des Travaux publics et Infrastructures. Plus de 60 millions de Fc ont disparu. Cet argent devrait servir à la paie des indemnités des membres du Cabinet. A en croire les premiers éléments d’information, cet argent venait d’être retiré de la Banque et gardé dans les coffres- forts du ministère en attendant la paie qui devrait avoir lieu le lendemain.
Mais dans la nuit de mercredi à jeudi, les voleurs se sont introduits dans le bâtiment pour commettre ce vol par éfaction avant de disparaître avec la somme. Des policiers Commis à la garde des bâtiments, en ce jour, ont également disparu. Ce qui dénote une complicité, de prime abord. L’opération a été sûrement préméditée. Un coup monté et réussi.
Soit. Laissons à la justice le soin de mener l’enquête en remontant sûrement la filière des malfaiteurs avant qu’ils ne soient arrêtés et traduits devant la justice.
Mais au-delà , ce vol doit interpeller toutes les bonnes consciences. Il n’est ni le premier ni le dernier cas du genre. Mais quelles que soient les Circonstances. c’est la manière de mener l’enquête qui intéresse tous les observateurs. Or, ce ne sera point la première enquête que l’on aura à initier et qui pourrait probablement se terminer en queue de poisson. Cependant, dans le cas d’espèce, ce vol a été commis au moment où la transition touche à sa fin et que tous les membres du gouvernement sont réputés démissionnaires. Etait ce un « coup monté » pour se payer des « frais de sortie » de façon illégale?
L’assemblée national interpellée
Ce forfait interpelle l’Assemblée nationale qui vient d’être mise en place. Il s’agit même d’un « premier dossier » qu’elle doit examiner avec diligence dans le cadre de la lutte contre l’impunité. la mauvaise gestion, le comportement pervers. En fait. le ministre titulaire devra être entendu à l’Assemblée nationale et expliquer les circonstances de ce vol. Il y a tellement des zones d’ombre qui méritent des éclaircissements. Peut- être que le ministre titulaire pourrait aider l’enquête à mieux progresser.
Cette interpellation a pour but d’éviter que ce vol fasse des émules. Si l’Assemblée nationale ne frappe pas fort maintenant, son attitude risque de susciter le même élan pervers au sein des autres ministères, entreprises d’Etat... où tout le monde est en train de plier bagages. Les Finances publiques sont saignées à blanc en ces moments précis et il revient actuellement à l’Assemblée nationale de réagir au regard de ses prérogatives de contrôleur de l’Exécutif. Le gouvernement actuel en fonction devra assumer ses responsabilités, répondre devant le législatif des actes commis par ses membres.
Contrairement a l’Assemblée nationale de transition qui consacrait l’impunité. La nouvelle Assemblée nationale a les devoirs moral, politique et juridique de sanctionner dès lors que la responsabilité aura été établie. Il revient donc aux députés d’annoncer les couleurs et de se saisir sans délai de ce dossier pendant que les instances judiciaires poursuivent leur enquête. Ce sera un bon signal qui permettrait à cette même assemblée de relancer d’autres dossiers importants qui sont demeurés sans suite. Allusion faite au Rapport Lutundula qui mérite analyse et examen approfondis en vue de dégager toutes les conséquences qui s’imposent.
En fait, dans cette volonté de favoriser la renaissance de la République démocratique du Congo, la lutte contre la corruption et l’impunité est prioritaire. C’est le prix à payer pour provoquer le vrai changement et disposer d’un Etat de droit viable. Raison des plus valables pour que l’Assemblée nationale soit interpellée aux lendemains de ce forfait commis au ministère des Travaux publics et Infrastructures et se saisisse de ce dossier.
Freddy Monsa Iyaka/Le Potentiel
Last edited: 30/09/2006 16:36:11