La saisie par les autorités tanzaniennes d’une quantité d’uranium provenant de la Rdc et vendu à l’Iran a été catégoriquement démentie par l’ambassadeur de Tanzanie à Kinshasa après une audience lui accordée par le vice-ministre congolais des Mines.

Un démenti catégorique a été apporté mardi dernier par l’ambassadeur de Tanzanie à Kinshasa, M. Mohamed Maharage Juma, à l’information diffusée par plusieurs médias étrangers dont le journal britannique Sunday Times, information ayant fait état de saisie par les autorités tanzaniennes d’une quantité d’uranium supposée extraite du site de Shinkolobwe au Katanga en RDC et en voie d’exportation vers l’Iran. Un communiqué de l’ambassade de Tanzanie remis à la presse rapporte ce démenti du diplomate tanzanien à l’occasion de l’audience que lui a accordée le vice-ministre congolais des Mines, M. Louis-Léonce Chirimwami Muderwa.
L’information de saisie par la Tanzanie de l’uranium provenant de la Rdc était au menu de l’entretien entre le vice-ministre des Mines et le diplomate tanzanien. Elle avait reçu auparavant un large écho dans les médias congolais et fut exploitée à des fins politiciennes en période de campagne électorale. Abordé par la presse à l’issue de l’audience, le diplomate tanzanien a fait part, indique le communiqué, de la mise au point de la Haute Autorité du Revenu de la Tanzanie (Tanzania Revenue Authority). Cet organe, qui a en charge les douanes et les contrôles à l’import et à l’export, ne reconnaît, en effet, aucune saisie d’uranium en provenance de la R.D.C. Le diplomate tanzanien a apporté un démenti formel à cette information, qu’il a qualifiée d’allégations totalement mensongère et dénuée de tout fondement et crédit. De surcroît, la Tanzanie ayant adhéré au Traité de non prolifération nucléaire a l’obligation de coopérer étroitement avec l’Agence Internationale de l’Energie Atomique.
A la question de savoir si d’autres minerais font l’objet de contre-bande de la RDC via la Tanzanie, l’ambassadeur Mohamed Maharage Juma a affirmé que son pays ne saurait aucunement le tolérer. En ce qui concerne particulièrement le diamant, la Tanzanie qui a adhéré au même titre que la R.D.C. au processus international de Kimberley, est aussi liée aux exigences de traçabilité et de transparence édictées par ce processus.
Le Vice-Ministre des Mines Louis-Léonce Chirimwami Muderwa interrogé à son tour, a abondé dans le même sens que son hôte en prenant acte du démenti formel apporté par la République unie de Tanzanie, pays souverain. Cette mise au point vient confirmer, si besoin en était encore, la déclaration du ministère des Mines qui a toujours soutenu que le site de Shinkolobwe restait désaffecté et donc inaccessible à l’activité minière. Ni la RDC, encore moins ses autorités, ne sont nullement impliquées dans le trafic d’uranium sous quelque forme que ce soit.
Rappel du démenti de l’Iran
Enfin, le vice-ministre a rappelé et mis en exergue le démenti apporté à son temps par l’ambassadeur de l’Iran à Kinshasa sur la même affaire de saisie et exportation d’uranium congolais vers son pays. M. Muderwa a saisi en outre cette opportunité pour fustiger la campagne organisée de dénigrement du président de la République et ses collaborateurs.

Shinkolobwe, localité située dans le territoire de Kambove, district du Haut-Katanga dans la province du Katanga, présente une minéralisation où se mêlent uranifères, minéraux de radium et substances cupro-cobalto-nickelifères, avec une radioactivité perceptible. Le site a été exploité de 1921 à 1959 pour l’extraction de l’uranium avant d’être fermé à la veille de l’indépendance de la Rdc. La libéralisation de l’exploitation artisanale survenue dans le contexte d’une grave crise économique qui frappe durement les industries du secteur minier jettera, dès 2002, une multitude de creuseurs sur des concessions appartenant notamment à la Gécamines dont le périmètre minier de Shinkolobwe.
Devant les risques sécuritaires et de santé et face à la radioactivité ambiante élevée, le président de la République s’est prononcé pour l’interdiction d’accès du site de Shinkolobwe par le décret n° 04/017 du 27 janvier 2004. La R.D.C. s’est, depuis lors, efforcée d’œuvrer au renforcement des mesures d’application de ce décret portant classement du site en zone interdite aux activités minières. C’est dans ce contexte qu’une commission a été mise sur pied au Katanga pour le contrôle de la radioactivité des substances minières dès 2004.
Constat par l’Aiea et la Monuc de l’inactivité de Shinkolobwe
Des visites improvisées de toute structure intéressée à l’instar de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et des pays membres du Conseil de Sécurité ont été aussi autorisées dans ce cadre. Pour raisons de transparence, la dernière visite du genre effectuée le 09 août 2006 par M. Douglas Popovich, Attaché économique de l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique en RDC en collaboration avec la Mission d’observation de l’Onu au Congo (Monuc) n’a renseigné sur aucune forme d’exploitation organisée. La quasi inexistence de voie d’accès motorisée ou pédestre au site le prouve.
Par ailleurs, aucune des entreprises minières installées en R.D.C. ne dispose des capacités métallurgiques requises pour l’extraction de l’uranium qui se trouve à un seuil de concentration inférieur à 0,15 % d’uraninite dans la mine de Shinkolobwe. Enfin, les allégations sur la prétendue vente d’uranium métallique à destination de l’Iran sont peu vraisemblables pour la raison que ce pays dispose d’importants gisements d’uranium et qu’il possède la technologie appropriée pour extraire ce métal.
MMC
Last edited: 14/09/2006 14:38:12