Si le message tombe à pic, il nous semble que le jeu des acteurs est demeuré linéaire du début à la fin. On lisait une certaine monotonie. D’un tableau à l’autre, les gestes étaient les mêmes.
Mercredi 6, jeudi 7, vendredi 8 et dimanche 24 septembre sont des dates réservées à la présentation d’une nouvelle lecture de la pièce « Misère » de Thierry Nlandu au Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa. Lors de la grande première, jeudi le public a vibré de plaisir avec des acteurs : Kazadi Okito, Manuanua Ndosi Elbas et Pierre Luvangadio. Chaque mot prononcé émettait une charge émotionnelle. D’où les éclats de rire saccadés du public.
Et, pourtant, le texte actualisé par l’auteur appelait les uns et les autres à la prise de conscience pour que ce pays tombé très bas puisse, enfin, se relever. Thierry Niandu invite à la profondeur d’esprit, au changement de nos mentalités qui n’expriment que la bassesse. Et ce, des intellectuels aux analphabètes.
Non, à l’ « Afrique des intellectuels copistes qui, après leurs études trimbalent dans leurs malles les vices de leurs éducateurs. Ils les distribuent à un peuple muet: nous. Nous copions et, à notre tour, nous les transmettons de père en fils. Et ainsi de suite pour une société de misère et de poussière... ».
En effet, la force de toujours voir la faute chez son voisin, l’on finit par devenir ridicule ou, pire, « sourd et aveugle, passif et amorphe! ». C’est un mur qui se dresse devant tous et qui engendre la misère ou le règne de la loi du plus fort : l’argent. Celui qui dit argent dit sexe. Mais, dans le cas du Congo, souligne un des acteurs, ça vaut ressusciter Freud pour une thèse intitulée: « L’impact du sexe et l’Afrique. Cas de la RD Congo”. En réalité, celui qui domine par le sexe a le pouvoir sur le monde. Il subjugue les citoyens du sommet à la base.
Il influe sur la prostitution à tous les niveaux dans la gestion de la cellule familiale comme d’une entreprise ou d’un Etat. Conséquence, la nation est en péril. Si le message tombe à pic, il nous semble que le jeu des acteurs est demeuré linéaire du début à la fin. On lisait une certaine monotonie d’un tableau à l’autre car les gestes étaient les mêmes. L’entrée et la sortie des acteurs ont paru également confuses. En outre, ceux-ci ont semblé perdre leurs esprits créatifs en restant collés au texte. Faut-t-il, peut-être, croire au choc d’idées entre Joseph Ndundu Kivwila, le metteur en scène, et l’auteur, obligés de collaborer pour la circonstance ?
Car, ce genre de manage est souvent difficile à gérer. Disséquer le texte d’un auteur sans une dose d’anesthésie appelle un combat des titans.
Eddy Kabeya/Le Phare
Last edited: 11/09/2006 19:16:18