Il s’agit de la multitudes de diplômés, hommes et femmes confondus contraints par la dynamique de la vie active à se lancer dans un domaine pratique ne cadrant pas avec celui de leur formation.
La situation de crise qui sévit en RD Congo produit des effets dans plus d’un secteur de la vie nationale. Cette condition est si ambiguë qu’elle apparaît aussi bien dans l’ordre des causes que dans celui des effets du sous-développement.Il s’agit de la multitude de diplômés, hommes et femmes confondus contraints par la dynamique de la vie active, à se lancer dans un domaine pratique ne cadrant pas avec celui de leur formation. La non planification de la vie nationale et ses corollaires, dont notamment le manque d’emplois, est parmi les facteurs qui expliquent cette réalité.
Dans cet ordre d’idées, un regard sur la société a révélé que de nombreuses couturières établies à Kinshasa se sont lancées dans le commerce de la friperie. Selon des témoignages, la montée de la pauvreté de ménages et les importations massives de ballots de friperies ont engendré une baisse sensible de clientèle, en terme de demande de prêt-à-porter. Aussi faute de se tourner les pouces dons des ateliers, des couturières dûment formées ont choisi le réalisme et adopté le micro commerce, pour notamment répondre aux exigences de survie.
En effet, la fluidité douanière caractérisant la société en proie à une crise multiforme, s’est avérée favorable à une catégorie d’importateur. Ceux-ci ont inondé le marché local de ballots de friperie au contenu diversifié. L’augmentation constante de l’offre a occasionné la compétitivité des prix. Et cela a suffi à susciter une hausse relative de la demande. Avec 200 francs congolais, une ménagère trouver la possibilité de couvrir le corps d’un enfant d’âge scolaire. 500 francs congolais voire le double de ce montant permettent à un père ou à une mère de se faire décrocher quelque habit répondant à son goût et à un moment donné.
Parfois, ce montant ne représente même pas le prix d’un tissu ou d’un pagne, afin que l’on envisage de demander un service dans une maison de couture. Pour tout dire, le déversement de la population sur la friperie s’apparente, pour l’heure, à un phénomène de société. Grâce à la fluidité douanière, elle arrive à afficher une présence imposante dans tout un circuit économique. A court terme, cela propose avec rapidité une solution au problème d’habillement, auquel font face le gagne-petit. A long terme, cette facilité apparente à la classe gouvernante l’ambition de développer la culture du coton, en vue d’offrir des possibilités de relance à l’industrie textile locale. Pour leur part, des personnes formées en coupe et couture assistent tacitement à une menace latente contre leur métier.
Il est, par ailleurs, une forme de politique courant en RD Congo qui consiste dans l’absence manifeste des efforts d’encouragement des initiatives d’entreprises à la base. Cette politique mainte fois décriée réside dans trois pratiques non conformes à une société qui aspire au développement par les efforts collectifs des citoyens et des gouvernants. Ce sont : la surfacturation de la consommation de l’énergie en cas de mise en place d’une unité de production, l’acharnement fiscal et les tracasseries administratives et l’inexistence d’un système de crédit, pour encourager les petites et moyennes entreprises à la base.
PG. Boy/L'Avenir
Last edited: 09/08/2006 16:42:42