Mme Jeannine Tondola, Opératrice économique et candidate à la députation : Pour elle il faut tout d’abord mettre fin aux tracasseries et barrières qui empêchent la fluidité au trafic routier, lacustre, fluvial, et aérien, afin de garantir la, libre circulation et la sécurité de personnes et des biens sur l’étendue de la RDC.
La RDC s’apprête à affronter les élections pluralistes à la fin du mois de Juillet. Quelles sont les tâches des futurs gouvernants ? C’est vraiment un travail de titan. La première de ses tâches consistera en la mise en place des institutions légales et légitimes de la République, conformément aux termes de la nouvelle Constitution, et à la réinstauration de l’autorité de l’Etat. Ensuite, il faut développer concomitamment, une dynamique de développement économique et social par la mise en chantier de grands travaux d’infrastructures de base, et la restructuration de la justice qui doit être juste et équitable pour tous indépendamment de ces tâches prioritaires, il est indispensable qu’un audit de l’ensemble des opérations effectuées au cours de la transition soit mené dans les bref délais par des hommes intègres et consciencieux, afin de permettre aux nouveaux gouvernants de ne pas retomber dans les erreurs du passé. Par ailleurs, le brassage de nos Forces armées devra se poursuivre et s’intensifier, pour que le pays dispose d’une véritable armée républicaine et dissuasive au service de la Nation.
Une des priorités du futur gouvernement sera également l’élaboration d’un plan de développement quinquennal, mettant en exergue la production agricole, la programmation d’une politique de grands travaux d’infrastructures de base, a effet d’entraînement économique et social immédiats, sans oublier La restructuration de l’Education nationale et plus particulièrement la création des écoles primaires communales gratuites et obligatoires, aux quelles je tiens particulièrement, dans le cadre de la décentralisation.
1. Que pensez-vous de la décision de l‘Union européenne d’envoyer des troupes pour la sécurisation des élections en RDC ?
Je remercie vivement l’UE qui se préoccupe de la sécurisation de nos élections, en envoyant en RDC un corps expéditionnaire de 1.500 femmes. Mais diverses questions me viennent à l’esprit, notamment: celles-ci.
2. Qui sécurise l’avant élection ?
Qui sécurise l’après élection ? En toute franchise, je pense que la Monuc qui dispose de 17.000 hommes disséminés à travers la RDC est à même de garantir la sécurité de tous les habitants du Congo, avant, pendant et après les élections, et ceci avec l’apport des bataillons dites « brassées » de notre Armée formées avec le concours des amis de la RDC. Je serais plutôt tentée de rechercher un agenda caché qui développerait différents scenarii dont la réalisation nécessiterait la présence de cette force armée de pointe, équipée avec du matériel hyper sophistiqué (satellite, bateau de guerre, hélicoptères...). Un des scénarii à retenir serait sans doute une situation extrême, causée par des élections non transparentes et non crédibles qui conduiraient à une explosion populaire non contrôlable, et nécessitant l’évacuation urgente et instantanée de diverses personnalités menacées par cette situation. A mon avis, pour éviter qu’un tel malheur ne s’abatte encore sur nous, il faut qu’il y ait des élections libres, transparentes, inclusives, apaisées et acceptées par tous. L’Union européenne devrait plutôt s’investir dans les différentes phases des opérations des élections, du comptage des bulletins de vote, à la transmission des résultats des différents bureaux à la compilation de ces résultats et à leur publication.
3. Vous êtes opératrice économique et candidate à la députation. Quels sont d’après vous les grands maux qui rongent le climat des affaires, en RDC ?
Il y a d’abord les tracasseries et barrières qui empêchent la fluidité au trafic routier, lacustre, fluvial et aérien, afin de garantir la libre circulation et la sécurité de personnes et des biens sur l’étendue de la RDC. En outre, la définition d’une politique fiscale de développement. A ces mots s’ajoutent les taxes auxquelles sont soumis les Pme et les entreprises. C’est quasiment chaque jour que ces opérateurs économiques sont contraints de partager leurs bénéfices avec des percepteurs de différentes taxes. Un autre goulot d’étranglement, c’est sans doute le manque de crédit pour le développement des affaires.
4. Quelle peut être la thérapie de choc pour remédier à cette situation ?
C’est la grande question qu’il faudra résoudre, par priorité également sans doute, en créant une commission parlementaire pluridisciplinaire qui aura pour rôle de détailler ces tracasseries et leurs causes ce travail a certainement déjà été fait au niveau de l’économie nationale et de la FEC et de proposer des pistes de solution et décisions que devra prendre l’Exécutif pour mettre fin, un fois pour toute, à cette situation qui est sans doute le grand mal actuel de notre société, et une entrave certaine au développement du pays.
5. Quel commentaire faites vous du nombre élevé de candidats aux élections présidentielle et législatives ?
Le nombre élevé des candidats est certainement un signe fort et positif, venant du plus profond de la population qui aspire à un changement radical des méthodes de gestion de l’Etat et des objectifs poursuivis par le gouvernement. Et puis, après quarante ans de non démocratie, et après avoir enduré ce que tout Congolais a enduré au cours de ces trente dernières années, qui ne souhaiterait pas un changement radical ? Ayant l’intime conviction que l’on peut changer radicalement les méthodes de gestion de notre pays étant donné que le scrutin sera garanti par la communauté internationale, il est question d’adopter une méthode simple : la bonne gouvernance, la transparence dans la gestion en toutes circonstances, et la vérité qui libère toujours comme nous l’enseigne les Fonus?
Godefroid Ngamisata/Le Potentiel
Last edited: 15/07/2006 17:27:39