La RDC s’apprête à organiser ses toutes premières élections libres, démocratiques et transparentes depuis une quarantaine d’années. Les premiers scrutins (présidentiels et législatifs combines) pourront se tenir à la date du 30 juillet prochain, conformément au calendrier fixé par la Commission électorale indépendante (CEO Pour atteindre cet objectif, plusieurs bailleurs de fonds ont mis la main à la poche et tâchent ainsi d’accompagner la RDC sur la voie de la démocratisation.

Financé en grande partie de l’extérieur, le processus électoral dans ce pays post-conflit bénéficie d’un grand soutien de la Communauté internationale. Selon un expert européen, si le coût global des élections est estimé à 359 millions d’euros, équivalant à environ 430 millions de dollars Us, l’apport du Gouvernement congolais est de 44 millions de dollars Us, représentant pratiquement le  dixième du coût global.

Les nombreux bailleurs de fonds, qui ont décidé volontiers d’apporter leurs contributions financières, ont constitué un fond dénommé « Appui au processus électoral au Congo » (Apec), dont la gestion est confiée au PNUD (Programme des Nations Unies. pour le Développement). Initiative des pays donateurs, l’Apec est considéré comme le caissier des bailleurs, décidés à veiller sur une gestion rationnelle et transparente des ressources mobilisées pour soutenir le processus électoral au Congo.

Contributions en monnaie locale

La Commission européenne, elle, est le plus grand donateur. D’après des sources proches de la délégation de l’Union européenne en RDC, l’apport de cette institution s’élève  à 149 millions d’euros, une  somme oscillant entre 180 et 186 millions de dollars Us.

« Et lorsqu’on ajoute la contribution d’autres pays membres, l’enveloppe remonte à 242 millions d’euros », assure un expert européen.

Concrètement, chaque pays donateur a décidé de verser sa contribution dans sa monnaie locale. Si le Japon  a décidé de mobiliser 7,5 millions de dollars Us, le Canada, comme l’attestent les statistiques brandies par un donateur, fournit une contribution de 9,5 millions de dollars canadiens, tandis que les Etats-Unis ont pris l’option de débourser 2,7 millions de dollars Us. Le Royaume Uni, quant à lui, intervient à hauteur de 18 millions de livres. La Suisse, pour sa part, mobilise un (1) million de francs suisses.

Les autres pays membres de l’Union européenne, indique Jean-Michel Dumont, expert auprès de cette institution, versent leurs contributions en euros. C’est le cas de la Belgique (13,5 millions d’euros), des Pays-Bas (12 millions d’euros), de l’Allemagne (10 millions d’euros), de la France (6 millions d’euros), du Norvège (5 millions d’euros), de la Suède (2,9 millions d’euros), de l’Italie (600.000 euros) et de l’Irlande (500.000 euros).

Outre cet apport, les pays européens et la RDC contribuent également dans l’enveloppe de la sécurisation du processus électoral pour un montant évalué à 48 millions d’euros.

Selon l’expert Jean-Michel Dumont, la Commission européenne intervient à hauteur de 25 millions d’euros, aux côtés du Royaume - Uni (8 millions de livres), des Pays-Bas (5 millions d’euros), de la Belgique (1,5 millions d’euros) et de la Suède (1 million d’euros).

L’apport du Gouvernement congolais  se chiffre à 4 millions de dollars Us.

Il sied de signaler que certains bailleurs comme les Etats-Unis et la France ne versent pas l’argent au fonds Apec, préférant apporter directement leurs contributions au Gouvernement Congolais, dans le cadre de la coopération bilatérale. Cela ne les empêche toutefois pas de siéger au Comité de pilotage de l’Apec et de participer activement à la prise des décisions... comme les autres donateurs.

Yves KALIKAT/Journal du Citoyen