Kinshasa, 25.09.2001 - Il y a 10 ans, ce jour là, sur fond d'une tension sociale due à la crise économique et des querelles politiques une tempête s'est abattue sur Kinshasa avec les premiers pillages de l'histoire de la capitale congolaise de par leur intensité.

Pillages pendant lesquels, militaires et civils affamés mirent à plat toutes les infrastructures de production. Environ 65 entreprises furent touchées et les pertes enregistrées évaluées à plusieurs centaines des millions de dollars américains.

Patron de plusieurs unités qui n'ont pas été épargnées par ces événements et président des entrepreneurs du pays au moment où ceux-ci avaient eu lieu, M. Jeannot Bemba Saolona, s'est souvenu le week-end dernier dans la méditation, de cette tragédie de soubresauts de la transition politique «zaïroise».

Parlant au nom des opérateurs économiques, Bemba Saolona ne crut pas si bien dire en qualifiant ces événements «d'un véritable deuil national».

Dix ans après, l'ancien président de l'Aneza, se dit encore sous le choc de cette auto-destruction dont les répercussions se font encore sentir jusqu'aujourd'hui.

Hommes d'affaires, ruinés, chômage de près de cent mille salariés fuite des investisseurs, autant de conséquence néfastes.

Bemba se rappelle qu'à la suite de ces pillages, son association (Aneza) avait suggéré l'élaboration d'un plan d'urgence impliquant notamment la prise en charge par le gouvernement de la réhabilitation des infrastructures détruites. Et lui-même, en sa qualité de président du patronat, prit des contacts avec les hommes d'affaires occidentaux aux fins de les inviter à reprendre leurs activités en Rdc.

Malheureusement, le contexte politico-social qui a succédé n'a pas favorisé le rétablissement de la confiance, fait observer le patron du groupe Scibe qui regrette que les politiciens congolais n'aient pas tiré les leçon de ces tristes événements pour se comporter en conséquence.

En effet, Bemba Saolona soutient que c'est la pauvreté généralisée, le désordre, l'intolérance et la cupidité des opérateurs politiques notamment qui ont occasionné ces pillages et d'autres qui ont suivi (en 1993).

Il constate à ce propos que, comme lors de la période de la conférence nationale souveraine, la classe politique congolaise, se caractérise à la veille du Dialogue intercongolais, par les querelles politiciennes, les coups bas et diverses manoeuvres de repositionnement pour le partage du pouvoir.

[i]Missely, Le Potentiel du 25.09.2001[:i]