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Des politiciens font monter les enchères, tous contre la tenue des élections au 30 juillet 2006.Le radicalisme des « 19 » candidats à la présidentielle n’est pas défendable… « Elections apaisées, crédibles, transparentes... » Tel est le cheval de bataille des acteurs politiques, particulièrement des candidats aux prochains scrutins. Telle est également la revendication essentielle des uns et des autres. Alors qu’ils discourent tous sur la sécurité et l’apaisement des élections, les ex-belligérants de l’espace présidentiel continuent à entretenir des centaines « des gardes du corps » et des éléments armés des unités non brassées qui échappent au contrôle et aux ordres du chef d’Etat-major général des FARDC et des responsables des régions militaires. N’est-ce pas que ces soldats qui n’obéissent qu’aux seuls ex-belligérants respectifs, dont le président de la République et les vice-présidents Bemba et Ruberwa, sont une dangereuse menace contre le processus électoral, notamment au lendemain du 30 juillet 2006 ?

Malgré un discours apaisant et lénifiant qu’elle emprunte, comme pour tenter d’endormir le peuple, la classe discutante continue à faire monter les enchères politiques... A quelques trois semaines du 30 juillet 2006, date arrêtée par la CEI pour la tenue des élections présidentielle et législatives, les politiciens et particulièrement les candidats à la présidentielle - même des membres du gouvernement – montent au créneau. Leurs revendications fondamentales reposent sur une triptyque : les concertations avant le 30 juillet 2006, la destruction publique du surplus des bulletins de vote (5 millions de bulletins supplémentaires pour un total de 25,7 millions d’électeurs) et enfin « le gel de la campagne électorale réclamé par 19 des 33 candidats à l’élection présidentielle, « en attendant de vider le processus électoral de toutes les irrégularités constatées et dénoncées... »

Des candidats aux prochains scrutins - toujours les mêmes - donnent l’impression de boycotter la tenue des élections au 30 juillet 2006. Le sort des négociations n’est-il pas définitivement scellé, à la suite de la déclaration de l’ambassadeur américain, M. Roger Meece, quand il affirme urbi et orbi que : « Le temps des négociations et délais supplémentaires est révolu » ? Le Congo peut-il se passer, aujourd’hui et demain, du parrainage des Etats-Unis d’Amérique ?

La confusion a été grande sinon totale aux concertations politiques convoquées, le vendredi 30 juin 2006, par les vice-présidents de la République Ruberwa, Bemba et Z’Ahidi au Ministère des Affaires étrangères. L’espace présidentiel n’a pu être représenté que par les seuls vice-présidents précités. Si le président Kabila avait un solide alibi, pour justifier son absence à ces négociations, le vice-président Yerodia, les membres du CIAT, M. Gizenga du PALU et même M. Etienne Tshisekedi de l’UDPS - quoique présents à Kinshasa - ont simplement boudé la rencontre. Quant au vice-président Jean-Pierre Bemba, il a dû suspendre sa participation à la séance des travaux, pour aller donner le coup de gong de démarrage de sa campagne électorale à Mbandaka, chef-lieu de l’Equateur.

Outre l’absence remarquée des hommes politiques engagés dans la campagne électorale, qui, à la fois, comptent et pèsent d’un réel poids sur la scène politique, le boycott par les invités aux concertations prévues, le samedi 1er juillet, est un désaveu des organisateurs de la rencontre.

Ruberwa est-il qualifié à convoquer les concertations politiques ?

Le vice-président Ruberwa s’est certainement laissé séduire par les chants des sirènes. Des politiciens en mal de populisme l’ont, hélas, convaincu de convoquer les concertations politiques du Ministère des Affaires étrangères en sa qualité de président de la Commission politique, défense et sécurité. A son tour, il a convaincu et associé MM. Bemba et Z’Ahidi à l’organisation d’une entreprise vouée d’avance à un naufrage politique certain. Ruberwa n’a aucune qualité de convoquer  une telle rencontre des vice-présidents de la République, des membres du CIAT, des personnalités politiques, dont la majorité sont des chefs des partis et des candidats à la présidentielle comme lui. En outre, ignorerait-il qu’on ne peut pas obtenir, en trois ou quatre jours des débats, le moindre consensus. Les termes de référence ou le contenu des cahiers des charges des concertations sont politiquement inconciliables, à moins d’en exclure les intransigeants ?

En sa qualité de vice-président de la République, Ruberwa aurait dû être expressément mandaté par le chef de l’Etat ou - à la rigueur – être désigné par la classe discutante pour l’organisation d’une concertation nationale, devant réunir à la fois des acteurs institutionnels et non institutionnels. D’où tire-t-il les prérogatives d’un tel mandat ? Je comprends, dès lors, que certains observateurs et analystes politiques l’aient accusé d’avoir voulu piéger subitement la classe politique, si elle avait mordu goulûment à l’hameçon. Ainsi, Ruberwa allait, au bout du compte, être auréolé de prestige et de gloriole. Autant d’atouts politiques qui lui auraient permis de prendre le virage du processus électoral  avec assurance et sur des chapeaux de roue. Est pris qui croyait prendre, dirait-on. D’autant plus que dans cette marre politicienne aux crocodiles, la seule loi en vigueur est celle de la jungle. On ne s’y fait pas de cadeau. Et, pour cause.

Salongo

Last edited: 11/07/2006 17:10:17

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