Le manque d’engouement des candidats aux prochaines élections pour la campagne électorale en cours peut être attribué à l’argent qui fait défaut.
La première semaine de la campagne électorale pour les élections présidentielle et législatives en RD Congo a été timide, très timide même. Les grandes formations politiques, du moins sur papier, ne donnaient pas l’impression de foncer.
Les militants, mieux les électeurs potentiels cherchaient encore où donner de la tête. Bref il n’y a pas eu un grand engouement. Aucun impressionnant meeting dans la capitale et dans la plupart de grandes villes du pays. Plusieurs raisons sont avancées pour expliquer le manque d’engouement. Pour certains, il fallait attendre l’issue des concertations politiques convoquées par Joseph Kabila, avant de se rétracter par la suite, la veille de la date fatidique du 30 juin 2006 ; date de fin de la transition selon quelques dispositions de l’Accord Global Inclusif de Sun City. Un candidat à la présidence de la République Démocratique du Congo a lâché le crachoir en ces termes « Rien n’est jamais très sûr avec les impérialistes qui organisent les élections. Autrement dit, ça peut aller dans tous les sens. Pour lui, l’heure est à l’évaluation des rapports des forces en présence. Si la dynamique interne qui exige la tenue des concertations politiques avant les élections fait basculer le peuple de son côté, point de doute que les occidentaux se verront dans l’obligation de céder. Dans ce cas, les candidats pauvres s’étant engagés très tôt dans la campagne se ruineraient.
Autre hypothèse, la balance penche vers l’AMP de Joseph Kabila du CIAT, de la Monuc, de l’Union Européenne et de toutes les forces sociales et politiques qui ne jurent plus que par les élections au 30 juillet 2006 sans concertations. Les fauchés auront deux semaines intenses de campagne électorale.
A quoi joue-t-on ? Au chat et à la souris, au chien et chat ou à la chauve souris ? Tous clament les élections, tous pratiquent le louvoiement. Que diable veut-on au juste ? Systématiquement, deux choses bloquent : l’argent et les irrégularités annoncées dans le processus électoral.
Pour ce qui est de l’argent, des candidats, hantés par le goût de l’échec, avaient cru que les partis politiques financeraient la campagne électorale de leurs membres. Ou bien, par le jeu d’alliances, les candidats présidents nantis, Jean-Pierre Bemba Joseph Kabila, Oscar Kashala, Azarias Ruberwa et j’en passe donneraient de l’argent aux alliés
Leurre. Il semble que les présidentiables ne financent que leur propre campagne électorale. Les candidats qui travaillent dans les Institutions étatiques n’ont pas droit à un quelconque financement. Ils n’ont qu’à soutirer un peu de sous dans leurs rémunérations et battre campagne pour ne pas disparaître de l’espace politique congolais. Quant aux chômeurs et autres désœuvrés, le choix est difficile à opérer. Classer l’affaire ou affronter le suffrage du peuple sans grands moyens. Il faudra alors développer un discours. Le pire à craindre est que les aigris ne recourent au tribalisme, au régionalisme et à l’ethnicisme.
Ce sont là des conséquences de la disproportionnalité, des moyens mis en jeu dans la campagne. D’une part, une campagne électorale à l’américaine, et de l’autre, des politiciens plus pauvres que Job de la bible ou fauchés comme des rats dans la brousse.
AM/La Prospérité
Last edited: 08/07/2006 14:20:30