L’Eglise catholique n’a jamais été aussi désunie. Des observateurs la savaient traversée depuis par des contradictions internes mais, pas au point d’afficher des notes discordantes sur la place publique.
La note de discorde est venue du nouvel archevêque de Bukavu, Mgr François-Xavier Maroyi avec l’appui de cinq autres évêques, notamment Mgr Faustin Ngabu, évêque de Goma, Mgr Jean-Pierre Tafunga d’Uvira, Mgr Théophile Kaboy de Kasongo dans le Maniema et Mgr Melchisédech Sikuli de Beni-Butembo. Tous dépendent de la province ecclésiastique de Bukavu où ils se sont retrouvés, le 18 juin 2006, à l’occasion du sacre de Mgr Maroyi, en remplacement de Mgr Charles Mbogha, archevêque de Bukavu décédé mi-octobre de l’année dernière.
Le très activiste Maroyi en a profité pour faire savoir à la hiérarchie, notamment au primus inter pares des évêques, Mgr Laurent Monsengwo qu’il faudra compter désormais avec lui et ses opinions dictées par le courant pro-Kabila qu’il côtoie depuis son avènement en partage avec la majorité des fidèles catholiques dans la province du Sud-Kivu. « Nous ne devons plus perdre le temps...
En ce moment, les tergiversations et les conciliabules interminables ne sont plus de mise. Notre peuple est essoufflé et ruiné », ont écrit dans une lettre pastorale des évêques de la province ecclésiastique de Bukavu à l’instigation de Mgr Maroy. Mgr Monsengwo était lui-même présent à la consécration de l’archevêque et a compris que son appel à des négociations n’a pas l’adhésion de l’Est.
Que Maroyi eut réussi à frapper le coup à veille de la rencontre trimestrielle de la CENCO ouverte depuis le 21 juin ne signifie pas plus que lui et ses confrères de l’Est ont effectué le déplacement de Kinshasa avec la détermination de se faire entendre de la plénière des évêques. Ils auront affaire à forte partie face au courant progressiste autour duquel gravitent des évêques les plus emblématiques comme Mgr Tharcisse Tshibangu. Les pro-élections dans l’épiscopat catholique ne se recrutent pas qu’à l’Est.
L’évêque de Mbandaka partage la même position. Il l’a fait savoir bien avant le nouvel archevêque. Mgr Maroyi a été très actif pendant les années de la rébellion. Il en a fait voir de toutes les couleurs au RCD-Goma. Rien de tout ce qui a été fait à Bukavu pour contrer l’ancienne rébellion basée à Goma ne l’a été sans l’instigation de Maroyi dans une ville où l’Eglise catholique locale est la plus écoutée.
Il a travaillé de connivence avec la très activiste société civile du Sud-Kivu qu’il utilise comme son bras séculier. Son hostilité envers le RCD et tout ce qui s’y rapproche ou s’y est rapproché à un moment ou un autre n’est un secret pour personne. Il est de ceux qui ont alimenté en sous main la tension pour que les Banyamulenge ne reviennent pas dans la ville de Bukavu.
Alors ministre des Affaires sociales et envoyé spécial du chef de l’Etat à Bukavu après sa libération de l’occupation du colonel Jules Mutebusi, Ingele Ifoto fut frappé par le radicalisme de l’évêque qui s’afficha parmi les plus opposés au rapatriement des Banyamulenge réfugiés au Rwanda.
Michel Mukebayi Nkoso/Africa News
Last edited: 22/06/2006 18:22:34