Les représentants de différents syndicats opérant à l’Onatra ont annoncé mardi à Kinshasa, la levée de la grève dans cette entreprise publique après dix huit jours d’arrêt de travail sur toute l’étendue du territoire national.
Après quelques jours de répit, le siège social de l’Office national des transport (ONATRA) a été envahi mardi 20 juin par une immense foule d’agents et cadres de cette entreprise. La signification de cet attroupement : les travailleurs qui observent un arrêt de travail depuis près de trois semaines attendaient avec impatience la passation des pouvoirs entre les comités sortant et entrant.
Comme il fallait s’y attendre, aucun membre du comité Gisaro ne s’est présenté sur le lieu. Contrairement au raté d’autrefois, cette fois-ci le ministre a pris la décision d’installer le Comité Bikindu en dépit de l’absence de ceux qui devaient procéder à la remise et reprise.
La cérémonie s’est déroulée en présence d’un directeur aux Transports et Communications au 7ème niveau. Elle a été marquée par trois faits majeurs.
Bikindu enfin aux commandes
Premièrement, on a établi un procès-verbal de carence, à cause de l’absence des membres du comité sortant. Deuxièmement, chaque membre du nouveau Comité de gestion provisoire a reçu sa lettre de notification. Enfin, il a été demandé à un inspecteur de la police judiciaire de sceller les bureaux des membres du comité sortant afin de les empêcher d’y accéder.
Ce comité dit provisoire est dirigé par l’Adg Bikindu Ditomene, l’Adga Molisho, l’Adt Mbandi et l’Adf Engo. Ils sont tous cadres de l’Onatra. Après les formalités de la salle des réunions du 7ème niveau, le ministre Eva Muakasa, son vice-ministre, Elias Mulungula, le président de la délégation syndicale de l’Onatra, Tadila, tous accompagnés de nouveaux mandataires, se sont présentés aux travailleurs amassés nombreux devant le building administratif de l’entreprise.
Dans sa brève allocution, le ministre Muakasa a déclaré : « Nous avons triomphé grâce à vous », avant de louer la parfaite entente qui a régné entre lui et son vice-ministre. Ensuite, il a souligné que les membres du comité provisoire étaient tous des enfants de la maison. D’où sa décision avait uniquement pour objectif de sauver le patrimoine de l’entreprise en permettant son bon fonctionnement.
Aux promus, il a recommandé la bonne gestion et bonne gouvernance.
Un long bras de fer
On rappelle que depuis le vendredi 2 juin, le ministre des Transports et communications avait signé l’arrêté suspendant les membres du Comité Gisaro, mis en place conformément à la logique institutionnelle de la transition. A la suite du refus des mandataires suspendus de s’exécuter, les travailleurs de l’Onatra étaient entrés en grève, à la demande de leur syndicat majoritaire dénommé « Action ». S’appuyant sur l’Accord global et inclusif qui institue le partage des entreprises publiques entre les composantes et entités durant la période de transition, ils ne voulaient pas céder à ce qu’ils qualifiaient de violation de la constitution.
D’où le bras de fer auquel l’on a assisté pendant près de trois semaines, malgré le pourrissement de la situation, particulièrement au niveau des ports maritimes de Boma et Matadi où des manques à gagner et dommages sont constatés non seulement pour l’Onatra, mais également pour les opérateurs économiques et sociétés publiques comme privées qui dépendent de ces ports.
Le dossier reste ouvert
Dans le communiqué rendu public lundi soir par le porte-parole du Chef de l’Etat, il a été autorisé au comité de gestion provisoire dont les membres ont été nommés par le ministre des Transports de gérer l’entreprise en attendant l’aboutissement du dossier au niveau politique. Ce qui explique le grand rassemblement d’hier au siège de l’Onatra où les travailleurs tenaient à en découdre avec le comité sortant qu’ils accusent d’avoir pillé leur entreprise.
DM/Le Phare