Quatre compatriotes congolais reconnus coupables d’un trafic d’une quantité importante de cocaïne à Bruxelles sont condamnés par le Tribunal correctionnel de Belgique
Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné mercredi Richard Bula (33 ans) à 6 ans fermes, Véronique Mboyo (27 ans) à 3 ans de prison avec un sursis pour la moitié de la peine, Yema Makope (43 ans) à 5 ans de prison avec un sursis pour ce qui excède 3 ans fermes et Georges Oyema Shulungu (47 ans) à 7 ans fermes. Les prévenus, tous Congolais, sont également condamnés à des amendes oscillant entre 5.500 et 55.000 euros. Ils doivent encore se partager les frais de la procédure, soit 6.323 euros. Ils ont été reconnus coupables d'un trafic de cocaïne, commis en Belgique, entre le 30 septembre 2005 et le 20 octobre 2005.
Cinquante-trois kilos et 600 grammes de cocaïne furent notamment saisis à l'aéroport de Zaventem, le 3 octobre dernier. Ce jour-là, entre 16 heures et 18 heures, Bula, Mboyo et Makope se présentèrent à l'aéroport national, à bord d'une camionnette arborant les couleurs d'ABX. Bula et Makope se rendirent dans les services de l'Administration des douanes et accises et dans ceux de Flightcare aux fins d'assurer le dédouanement et la prise en charge d'une dizaine de cartons contenant, officiellement, des arachides et des "chikwange", soit des denrées alimentaires. Mboyo resta dans le véhicule.
Bula remplit les documents de dédouanement, sous un faux nom. Makope l'accompagna dans toutes ces démarches administratives. Mais la vérification du contenu des colis permit la découverte de 8 paquets suspects contenant un total de 53,6 kilos de cocaïne. Pris la main dans le sac, les trois prévenus ont cependant réussi à rejoindre leur camionnette et à prendre la fuite.
L'enquête fut alors menée tambour battant pour retrouver leurs traces, sur base de la plaque d'immatriculation dont le numéro avait été noté, des appels par GSM relayés, ce jour-là, par les bornes de l'aéroport et sur base, également, des images enregistrées par les caméras de surveillance. Bula fut notamment identifié grâce à deux numéros de GSM qu'il activa et dont il ne pouvait ignorer l'existence, comme l'ont démontré les documents saisis à son domicile, rue Wauters, à Bruxelles- Ville. Le 3 octobre, toujours, un contact, en RDC, tenta d'appeler Bula, puis réussit à joindre Makope, à 3 reprises.
Lors de son audition du 26 janvier dernier, cette dernière finit par avouer que c'était le quatrième prévenu, Omeya Shulungu, qui l'avait appelée la première fois pour lui demander si elle avait bien remis l'argent convenu à Bula. Ensuite, Omeya Shulungu voulut parler à Bula, lui-même.
La perquisition menée chez Bula permit aussi de découvrir la somme de 7.500 euros dans la chambre à coucher, de même que le manteau de cuir noir qu'il portait à Zaventem. Les 3 prévenus interceptés à Bruxelles finirent par admettre qu'ils étaient présents à Zaventem.
Mais il persistèrent à nier leur participation au trafic. Le tribunal ne les a pas crus et les a lourdement condamnés. Omeya Shulungu, demeurant probablement toujours au Congo, ne s'est pas présenté à son procès. Sur réquisition du premier substitut du procureur du roi, Jean-Marie Mawet, les juges ont ordonné l'arrestation immédiate de ce quatrième prévenu.
Last edited: 17/06/2006 18:57:41