Le dramaturge dépeint la situation à travers le dialogue entre le choeur et l’un des personnages, Mabaluka Ntangu, dont le nom, comme ceux des autres est toute une attitude, un programme, un drame en veilleuse ou en activité.
Les Editions ISIS- Concept viennent de larguer sur le marché du livre kinois une pièce de théâtre très laconiquement intitulé « Faim d’Immondes ». L’oeuvré est due à la plume de notre estimé confrère Munkulu di Deni. Faut-il éclater de rire ou fondre en sanglots? Telle est l’interrogation sibylline qui hante l’esprit et Budget macabre et Chaque fois qu’un bougre important casse la pipe dans le domaine de la culture, le pensionnaire du Boulevard débloque du pèze pour assurer des funérailles décentes au macabre. Mais en dehors de ce budget macabre, rien ne sort du Ministère pour promouvoir la culture, la vraie. Il semble que les vautours de Breton Woods sont à ce point incultes qu’ils ne réservent jamais rien a ce secteur « peu prioritaire », à leurs yeux. A moins que l’obscurantisme ne relève du Parlement ou de l’autorité budgétaire...
Leo Balingando
Le coeur de quiconque lit pour la première fois ce texte d’une énigmatique polysémie. Par-dessus tout, Il faut être profondément imprégné d’âme de Kinois (d’hier et d’aujourd’hui) pour saisir la quintessence du message manichéen livré par la pièce de théâtre. En un temps, une mesure, l’auteur épingle le drame congolais, en mettant en exergue les temps forts qui l’ont exacerbé et les conséquences tragiques qui en découlent encore jusqu’à présent.
D’entrée de jeu, le dramaturge dépeint la situation à travers le dialogue entre le choeur et l’un des personnages, Mabaluka Ntangu, dont le nom, comme ceux des autres ( Kappa Sarogna, Kund ebembe, Tombola Bwaka ) est toute une attitude, un programme, un drame en veilleuse ou en activité. Le choeur décrit en lingala-Kinois la dégradation graduelle du vécu quotidien à travers l’alimentation (to boyaki bimpiatu, toleyi nde mabumu), l’habillement ( to lataki binsekwe tobakisi binsekwa, bilamba esila langi, tolobi ezali SAPE eh !)
Le dialogue « en ling-francais ou mieux, du Franclingala entre Mabaluka, Kappa, Kund’ebembe dans les premier et deuxième tableaux montre comment la mauvaise gérance de la société a petit à petit conduit celle-ci vers la décrépitude. Mabaluka résume cet état de chose par cette diatribe à la page 18: « Vie? Tes fournisseurs- là, peuvent-ils se mettre eux-mêmes cette sape sur la peau? Des un seuls appelés draps, des vestes délavées, des culottes de sidéens, des pantalons surannés, des chemises de lépreuse, des bodies rougies... ». N’en déplaise à Tombola qui martèle: « Ici, en Républiquette, c’est du neuf » (p. 19). (A suivre)
(Ern.)
Last edited: 17/06/2006 18:47:08