Rocambolesque histoire de trésor à la base de la menaçante érosion de Tshimbulu au Kasaï Occidental. Un diamantifère y aurait en effet procédé au creusement d’un énorme puits laissé béant, site sur lequel aurait été enfoui un important colis de diamant.

Tshimbulu est le chef-lieu du district de la Lulua, dans le Kasaï Occidental, à quelques cent vingt kilomètres de la ville de Kananga. C’est une cité qui compte plus de vingt mille habitants et en pleine expansion notamment à cause de sa position géographique sur le chemin de fer Ilebo-Lubumbashi. C’est aussi à partir de Tshimbulu que le courant électrique haute tension d’Inga devra être soutiré pour alimenter les deux provinces du Kasaï. Mais cette cité est menacée par un puits gigantesque de diamant prêt à l’engloutir.
La plupart des villes et cités de la République démocratique du Congo sont menacées par des érosions qui se creusent chaque année à la faveur des pluies diluviennes. Kinshasa, la capitale de la RDC n’est pas en reste, parce qu’elle en compte par dizaines à travers les communes.
Mais, la menace qui pèse sur la cité de Tshimbulu est d’une origine plutôt lucrative et commerciale. Et elle exige l’intervention rapide des autorités gouvernementales si on veut sauver cette cité pleine d’espoir.
L’histoire racontée par le chef de groupement Kabamba Ndumba Tshimbulu rapporte que peu après la prise de pouvoir par l’Afdl (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo), un homme d’affaires dont le nom a été tu, se rappellera que son père, ancien travailleur de la société Merilco de Tshimbulu avait jeté dans le W.C. avant l’indépendance, un important colis de diamants par peur d’être arrêté et condamné ou tué par l’administration coloniale. Ce travailleur avait pris soin de raconter les détails nécessaires de sa fraude à son fils.
Selon le chef Kabamba Ndumba, l’homme d’affaires avait eu le temps de localiser le lieu où se trouvait la maison de son père décédé depuis plusieurs années de cela. C’est ainsi qu’il obtiendrait des autorités compétentes la permission d’aller creuser les lieux où serait enfoui le trésor de son père. Et cela ressemble fort à l’une des fables de Lafontaine : « ... creusez, fouillez et bêchez, un trésor est caché dedans, vous le trouverez... ». A son arrivée à Tshimbulu, l’homme d’affaires a pris soin d’indemniser les habitants de l’endroit ciblé qui ne comprenaient rien de sa démarche. Un puits d’une profondeur d’environ vingt mètres, sur une longueur de cent mètres et une largeur de cinquante mètres a été creusé par les journaliers dûment rémunérés.
Cependant, Kabamba Ndumba ignore avec ses sujets si l’homme a pu trouver la bouteille contenant les pierres précieuses abandonnées par son père dans la fosse septique, lesquelles devaient avoir une valeur marchande inestimable.
Depuis lors le diamantaire a disparu de la circulation. Tout ce qu’il a laissé sur place, c’est un puits géant en train de se transformer continuellement en une érosion ayant plusieurs têtes.
D’où l’appel vibrant que le chef de groupement lance en direction des autorités provinciales déjà au courant de ce problème, ainsi qu’au gouvernement pour entamer sans retard les travaux de remblai, pour épargner la cité de Tshimbulu d’un engloutissement lent, mais sûr. Le ministère des Travaux publics et Infrastructures a donc du pain sur la planche, autant pour Tshimbulu que pour la ville de Kananga qui vit aussi sous la menace du phénomène érosions.
(Yes)
Last edited: 08/06/2006 20:33:45