L’intervention de l’Union européenne dans la sécurisation des élections en Rdc va se matérialiser par l’envoi d’un contingent militaire évalué de 2.400 à 2.500 hommes dont le déploiement va débuter ce mois de juin.

La force de l’Union européenne en République démocratique du Congo, baptisée « Eufor RDC », s’apprête à quadriller le pays pour mieux assurer la sécurité des élections. Composée de 2.400 à 2.500 hommes, cette force va commencer à se déployer dès ce mois de juin 2006.
Quelque 500 à 600 soldats seront positionnés à Kinshasa, la capitale de la RDC, 1.100 éléments le seront au Gabon et 800 en Allemagne où est basé l’Etat-major de cette force.
Le commandement de l’Eufor RDC sera assuré par le général allemand Karl-Heinz Vierick, tandis que le général d’armée français Christian Damay dirigera le bataillon en poste à Kinshasa.
L’Europe se mobilise
Dans la capitale, cette force aura la tâche de protéger l’aéroport international de N’Djili. Cette mission est confiée aux Allemands. Cette présence servira de dissuasion vis-à-vis des éventuels fauteurs de troubles, et, au besoin, les troupes mobilisées pourront faciliter l’évacuation des personnes en danger de mort, comme l’atteste Aldo Ajello, représentant de l’Union européenne dans les Grands-Lacs.
Les missions les plus difficiles sont confiées aux paras français. Outre l’Allemagne et la France qui sont à l’avant-plan de cette opération, 14 autres pays membres, de l’Union européenne ont annoncé leur participation à l’Eufor RDC. L’Espagne a ainsi contribué avec 130 militaires d’infanterie, tel qu’autorisé le 31 mai dernier par son Congrès des députés. La Pologne, pour sa part, aligne 32 gendarmes militaires.
La Belgique réticente
La Suède, l’Italie, la Grèce, l’Autriche et la Grande Bretagne se sont, elles aussi, engagées à sécuriser ce processus électoral à travers l’Eufor RDC. Toutefois, la Belgique se montre réticente quant à l’envoi de ses militaires dans une ancienne colonie. Néanmoins, elle est d’accord pour apporter sa contribution sur le plan logistique, ainsi que des spécialistes de renseignement.
A ce propos, quatre avions sans pilotes (UAV) ont déjà quitté la Belgique par bateau pour la RDC. Sauf imprévu, ces appareils arriveront le 9 juillet à la base de Ndolo (Kinshasa) où sera installé le Quartier général de l’Eufor.
Une équipe de 53 techniciens va accompagner ces aéronefs qui pourront voler dans le ciel de Kinshasa à partir du 16 juillet, alors que, selon le porte-parole militaire belge, l’Eufor RDC ne devrait être opérationnelle que le 23 juillet prochain, soit une semaine avant le premier tour des élections au Congo.
Une présence militaire étrangère inhabituelle
La force de l’Union européenne a été mise en place à la demande de l’Organisation des Nations Unies dans le but de soutenir l’action de la Monuc. L’Union européenne a conclu, en outre, un accord avec la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) et la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) ainsi que l’Union africaine pour mettre à la disposition de l’Eufor RDC des officiers de liaison.
Equipée essentiellement d’hélicoptères et de chars légers, l’Eufor restera en RDC. Pendant quatre mois, ont fait savoir le porte-parole militaire belge ainsi que José Antonio Alonso, ministre espagnol de la défense.
Une semaine avant les scrutins du 30 juillet, les Congolais seront régulièrement avisés, par la voie des ondes, sur cette présence militaire étrangère inhabituelle au pays, destinée au maintien de la sécurité pendant les élections.
Outre les Forces armées de la RDC (FARDC), la Police d’intervention rapide (Pir), l’Unité de police intégrée (Upi), la Garde spéciale de sécurité présidentielle (GSSP), la Mission de l’Organisation des Nations Unies au Congo (MONUC)... les forces de l’Union européenne, de l’Union africaine, de la SADC et de la CEEAC seront également présentes pour la sécurité des élections.
Last edited: 07/06/2006 17:01:05