La possibilité d’annulation de la dette de la Rdc a été envisagée par le ministre belge des Finances livrant le point de ses contacts avec la partie congolaise au terme de la récente mission de la délégation ministérielle tripartite qu’il a conduite à Kinshasa.

Des experts des Finances belges et congolaises se sont retrouvés lundi 5 juin dernier dans la salle des réunions du ministère congolais des Finances pour échanger sur différents points qui intéressent les deux Etats.
Annulation de la dette congolaise
A l’issue de cette séance de travail, M. Didier Reynders, Vice-premier ministre et ministre belge des Finances, a tenu un point de presse au cours duquel il a annoncé la possibilité d’annulation de la dette congolaise par le Royaume de Belgique, laquelle se chiffre à 93,8 millions d’euros, représentant 29 millions d’euros d’intérêt.
Aussi, la Belgique étant toujours aux côtés de la Rdc depuis de décennies, a jugé bon d’effacer les 29 millions du service de cette dette.
Au cours de cette rencontre qui s’est déroulée en présence de l’argentier congolais Marco Banguli et du ministre belge de la Coopération au Développement, Armand De Decker ainsi que des experts des Finances de deux pays, M. Reynders a également épinglé le point relatif à la récapitulation et la restructuration de la Banque centrale du Congo (BCC).
D’autre part, a-t-il dit, la Belgique envisage de financer la réforme de l’administration publique, en commençant par le ministère des Finances, à travers la coopération technique belge (CTB). Cette réforme concernera également la formation des agents dudit ministère en matière des douanes, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et la contribution directe, mais aussi l’appui aux équipements informatiques. Dès le mois de juillet, les agents concernés seront recrutés en vue de participer à cette formation qui se déroulera en Belgique, pour la simple raison que ce pays est très avancé en la matière et dispose du siège de l’Organisation mondiale des douanes.
D’autre part, explique-t-il, la Belgique mène des démarches auprès des partenaires financiers de la Rdc, en vue de les convaincre de continuer leurs différents programmes vis-à-vis du gouvernement congolais. Pour ce faire, il est important que la Rdc s’implique dans la lutte contre la corruption et l’assainissement des dépenses publiques, à travers une meilleure traçabilité. Il y a également lieu de payer le solde non seulement des agents de l’administration publique, mais aussi des éléments des Forces armées de la Rdc (Fardc) et de la Police nationale congolaise (PNC).
A en croire M. Reynders, l’objectif que poursuit la Belgique à travers cet élan de reprise de la coopération bilatérale, consiste à mettre en place un cadre attractif pour ouvrir la voie aux investisseurs tant locaux qu’étrangers. Raison pour laquelle la Rdc et la Belgique sont liées par un accord de double imposition, qui permet aux investisseurs de connaître non seulement le cadre exact dans lequel ils peuvent intervenir, mais aussi de savoir comment ils sont protégés et comment la fiscalité peut s’appliquer dans le contexte des relations belgo-congolaise.
Bonne gouvernance, gage de tout développement
M. Armand De Decker, ministre belge de la Coopération au Développement, a souligné le caractère utile de leur mission en Rdc, du fait qu’elle porte de manière prioritaire, aux questions essentielles liées aux compétences du ministère des Finances.
Il a indiqué que la coopération belge est en pleine croissance en Rdc, à travers la Coopération technique belge (CTB), qui après avoir connu une rupture, a repris depuis 2001. Celle-ci représentait 40 millions d’euros en 2002, 120 millions d’euros en 2005 et 160 millions d’euros en 2006. C’est pour dire combien l’effort de la Belgique envers la Rdc est considérable.
Mais pour que cette coopération soit de plus en plus utile et qu’elle permettent de renforcer les recettes de l’Etat congolais, il faut qu’elle repose sur la bonne gouvernance. Les sujets traditionnels de la coopération belgo-congolaise ayant été basés sur l’éducation, l’agriculture, la santé..., c’est pour la première fois qu’un ministre belge des Finances visite la Rdc. C’est pour dire comment la Belgique est déterminée à accompagner la Rdc dans la mise en place de la bonne gouvernance.
Pour ce faire, il faut travailler plus pour la consolidation de la société à travers le renforcement des capacités de l’Etat, prioritairement du ministère des Finances habilité à canaliser toutes les recettes qui permettent de payer l’ensemble des programmes sociaux du pays.
Insistant sur la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption, Armand De Decker dit que c’est un problème très large et complexe en Afrique dont on mesure parfaitement la difficulté. Raison pour laquelle, ajoute-t-il, une demande avait été formulée il y a une année par la Belgique, à quelques structures de la Banque Mondiale (BM), pour un projet de lutte contre la corruption en Afrique subsaharienne. Trois programmes étaient ainsi initiés avec trois pays dont le Burundi, la Rdc et le Niger. Si le Burundi s’en est finalement sorti de sa transition avec les élections qui ont permis la mise en place de nouvelles institutions, il y a lieu que la Rdc s’inscrive aussi de manière très volontaire, dans ce projet de la BM, avec l’accompagnement et le soutien de la Belgique, afin de lutter contre ce grand problème lié ; à l’extrême pauvreté, notamment dans les pays de l’Afrique Subsaharienne, de l’Est et de l’Ouest. « Si nous travaillons en cette capacité renforcée de l’Etat, nous constitueront des conditions, pour que l’investissement privé qui est totalement indispensable puisse faciliter la création des emplois et des richesses en Rdc », a encore dit De Decker, avant de se réjouir de voir que la transition en Rdc a mis fin à la guerre et réuni les ex-belligérants dans un même gouvernement. Aussi a-t-il manifesté sa foi de voir les congolais aller aux élections à partir du 1er juillet 2006.
De son côté, le ministre Marco Banguli a affirmé que dorénavant, le gouvernement s’emploiera, en dépit de la pression qu’il ne cesse de subir, au respect des règles en matière des dépenses en vue de maintenir la stabilité du cadre macro-économique.
Il a rappelé qu’il n’y a jamais eu rupture avec les institutions de Breton Woods. Néanmoins, la Rdc est entrée dans un programme informel avec le FMI et le groupe de la BM.
Last edited: 07/06/2006 15:33:48