Natif de la province du Bas-Congo, Ntuika jouait le xylophone de type Pende (Madimba) de la province du Bandundu qu’il a appris pendant trois ans auprès de Papa Falashi Kufuta, seul grand maître de xylophone Pende à Kinshasa.
L’Association Marimbalafon de droit français vient de rendre un vibrant hommage à l’artiste congolais Ntuika Zitoko, enseignant de musique à l’Institut national des arts (Ina), qui vient de quitter la terre des hommes depuis 6 mois. Chercheur en musique et professeur de l’histoire de la musique, Ntuika s’est plus spécialisé dans le xylophone et le balafon.
Dans une correspondance adressée à la direction de l’Ina, le président de l’association Marimbalafon, Mamadou Kolade s’est dit attrister par la disparition de cet artiste chevronné et talentueux. « Ce qui constitue une grande perte pour la musique traditionnelle congolaise, en particulier le balafon. Il disparaît au moment même où nous sommes sur le point de lancer son premier Cd ».
Natif de la province du Bas-Congo, Ntuika jouait le xylophone de type Pende (Madimba) de la province du Bandundu qu’il a appris pendant trois ans, de 1973 à 1976, auprès de Papa Falashi Kufuta, seul Grand Maître de xylophone Pende dans toute la capitale à Kinshasa.
Ses activités musicales sont intenses et variées allant de la fonction de directeur artistique de l’orchestre Maisha au Centre d’études et de diffusion des arts (Cedar), au consultant culturel auprès de différentes chaînes de télévision en matière de critique musicale. Auteur-compositeur, directeur artistique, il a participé à de nombreux festivals à travers le monde, notamment en France, Belgique, Autriche, Canada, Chine.
Ntuika s’est aussi illustré dans le projet de métissage entre la musique traditionnelle congolaise et la musique occidentale. A titre indicatif, en collaboration avec le compositeur bruxellois Jean Jadin, Ntuika a réussi un mélange de styles dans une totale symbiose, mariant les oeuvres de Bizet, Corette, Pachelbel, Praetorius, Ligeti et les rythmes provenant de diverses provinces du Congo. Il a fait découvrir ce métissage à un public belge enthousiasmé lors d’une tournée dans plus de 30 écoles et centres culturels à travers la Belgique dans le cadre du projet « Afrique classique ». Bref, mettre en valeur les instruments de musique traditionnels africains, notamment le xylophone, en les associant avec ceux de l’Occident, reste son principal leitmotiv.
Sur l’association marimbalafon en bref
Marimbalafon, est une association régie par la loi française de 1901. Elle a une représentation à Amsterdam (Pays Bas). Créée par Mamadou Kolade, ce dernier nourrit à l’égard du balafon une passion qui le berce depuis son enfance dans la région de Casamance, au Sud du Sénégal.
Les objectifs de l’association sont entre autres la promotion d’artistes de balafons à travers l’enregistrement et la vente de leurs oeuvres musicales, la facilitation de leur participation à des concerts et festivals internationaux, la préservation de l’héritage culturel traditionnel des balafons à travers l’enregistrement, la transcription et l’archivage du patrimoine musical, l’organisation d’un festival regroupant la plupart des différents types de balafons africains, la création en Afrique d’écoles de musique et/où de sections musicales dans les conservatoires de musique dédiées au balafon, la formation de facteurs de balafons et la publication de livres.
Marimbalafon a lancé le label musical « Xylophone Masters » pour mieux faire connaître les balafonistes. Elle a déjà produit dix Cd, qui sont notamment ceux d’Aliou Mane (Sénégal), Konomba Traoré (Burkina Faso), Alkhaly Camara (Guinée) et Armondo Goncalves (Angola) et Keba Mané (Gambie). D’autres Cd disponibles sont produits par les groupes Djiguigouma (Burkina Faso), Guelbé et Gosrabé (Tchad) et Balyangombe Badhiru (Ouganda) et celui co-produits par Aliou Mané et Vincent van Els (Sénégal et Hollande).
Pour soutenir le projet, Youssou Ndour a accepté de produire à prix coûtant les artistes à travers sa maison de production Hippi et de distribuer les Cd par le biais de sa maison « Jololi ».
L’association a également reçu le soutien de nombreuses personnalités provenant de divers horizons, comme l’actuel vice gouverneur de la ville de Kinshasa, Pascal Tabu Ley qui s’est exprimé en ces termes : « Il est évident pour moi de soutenir activement la promotion et le développement du balafon, un instrument de musique à la racine de la culture africaine et qui est présente partout au Congo et joué par des dizaines d’ethnies ».
(FP)
Last edited: 06/06/2006 18:46:12