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Bonjour | 07/08/2008 22:31 | English Make DC Home page | RSS feed

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Mgr Monsengwo qui prône la relance du dialogue pour un nouveau consensus préalable aux élections vient de subir un cinglant désaveu à Kisangani où quelques uns de ses prêtres ont marché avec les forces vives réclamant des élections sans conditions. L’archevêque de Kisangani prône les négociations avant le 30 juin 2006, les prêtres de son diocèse ont marché avec les fidèles pour réclamer les élections sans conditions. Un camouflet de plus pour ceux qui s’approprient le peuple et parlent en son nom sans mandat. Les différentes marches à travers le pays ont démontré que la majorité des Congolais est pour la tenue des élections suivant le calendrier de la Cei. Les marches organisées aussi bien à Kinshasa que partout ailleurs dans les provinces, ont fait échouer le plan de la délégation de l’Udps. Ce parti politique comptait sur le dérapage ou l’interdiction de la marche afin que cela leur serve de cause à plaider en Occident. Faute de dégâts humains attendus, l’Udps s’est accroché sans convaincre, pour dénoncer l’encerclement des résidences de quelques politiciens.

Depuis un certain temps, suivant on ne sait quel principe, certains politiciens congolais ont fait croire que le peuple congolais est dans son ensemble, propriété privée d’une certaine opposition. Quand le leader de cette opposition a parlé, c’est le point de vue de tout un peuple qui est exprimé. La tradition dans ce pays veut que les leaders de l’opposition parlent au nom du peuple là où ils devraient en toute logique engager les militants de leurs formations politiques respectives. Partant de cette conception propre au monde politique congolais, on estimait que marcher dans la rue était une exclusivité de l’opposition. Et toute marche devrait s’inscrire dans la contestation du pouvoir en place. Dans le cas contraire, la marche devient un montage. Ne peuvent accepter de marcher en dehors de l’opposition que des gens qui auraient vendu leur conscience. Les dernières marches organisées à Kinshasa et partout au Congo, ont donné une illustration colorée de nos propos. Elles ont démontré combien les politiciens congolais sont des partisans de la pensée unique.

Marche de l’Udps pour réclamer les négociations

L’opposition politique a organisé une marche pour réclamer la tenue des négociations politiques avant d’aller aux élections. Organisée par l’Udps, cette marche qui a connu la participation de certains partis politiques comme les Fonus de Olenghankoy et autres, a été présenté comme l’expression indéniable de la volonté du peuple congolais. Les quelques trois mille manifestants ont été présentés comme le peuple congolais. Une façon de dire au pouvoir que ne pas tenir compte de cette opinion, serait marcher contre le peuple. Dans une manipulation proche de l’obscurantisme, on voulait donner à la communauté internationale la preuve qu’elle marchait contre la volonté populaire en soutenant les élections au Congo. Il n’y a rien qui puisse provoquer un cas de conscience chez les contribuables de certains pays de la vieille démocratie.

La marche de Kinshasa liée à la mission de l’Udps en Europe

Les organisateurs de cette marche n’ont pas fait les choses au hasard. Au même moment que s’organisait la marche à Kinshasa, une délégation de l’Udps était envoyée en Europe. La mission devrait être soutenue par cette marche. Le souhait le plus ardent de cette opposition, afin que son action soit retentissante, était que cette la marche dégénère. Si la police avait dégainé et tiré sur la foule, il suffisait de quelques dégâts pour que la tâche de la délégation soit facilitée. C’aurait été l’occasion d’émouvoir l’opinion des contribuables des pays qui assistent le Congo dans son processus électoral. Tels incidents auraient pour conséquence, la remise en cause de l’envoi des troupes de l’Union européenne en Rdc. Car, une certaine opinion présenterait cela comme un soutien à un gouvernement qui tire sur les manifestants pacifiques. C’est cynique Mais, c’est cela la politique au Congo avec une opposition qui se propose comme une alternance.

Un coup d’épée dans l’eau

Les stratèges de l’opposition tshisekedienne doivent se mordre les doigts. Rien n’a marché. Non seulement la marche a été autorisée grâce à la bonne inspiration du gouverneur Kimbembe de Kinshasa, mais aussi, la police l’a encadrée comme cela n’a jamais été fait dans ce pays.

Désarçonnée, cette opposition a essayé d’obtenir les mêmes résultats en dénonçant l’encerclement des résidences des leaders de l’opposition. Ils croyaient par ces dénonciations émouvoir l’opinion occidentale. Et pourtant, la pratique ne lui est pas étrangère. Dans un pays où on est capable de tous les coups pour en faire porter le chapeau à l’adversaire politique, il ne fallait pas qu’il arrive quelque chose à un de ces leaders politiques. Le gouvernement a pris des dispositions sécuritaires dissuasives. L’affaire n’a pas fait des vagues comme le souhaitait l’opposition. Du coup, la mission de la délégation envoyée en Europe est devenue inutile. Aujourd’hui, plus personne n’en parle. On ne sait plus à quelle étape de la mission elle se trouverait. En clair, cette mission de l’opposition en Europe a lamentablement échoué. Un coup dur à cette opposition qui ne sait plus à quel diable se confier. Comme si cela ne suffisait pas, au courant de la même semaine, l’opposition a reçu un vrai camouflet.

Signe indien

Tant que l’opposition marche, même en alignant une vingtaine de personnes, on dit que le choix du peuple est fait. Ceux qui sont au pouvoir sont donc présentés comme des gens qui font la politique dans la solitude comme des perdrix sans enfants. Mais cette fois, en moins de 48 heures, une marche presque préparée à la sauvette, a réuni à Kinshasa plus ou moins 30 mille personnes. Ils ont dit oui aux élections sans conditions et non aux négociations. La province du Katanga a été la première à ouvrir le ban. Plus de 100 mille personnes à Kolwezi, Likasi et autres sont descendus dans la rue pour manifester leur soutien et à la Cei et au calendrier publié par elle. Une autre marée humaine a marché à Bukavu, à Uvira et dans d’autres villes du pays.

Kisangani, tradition respectée

Le mouvement des marches pour obtenir l’organisation des élections sans conditions dans le pays a atteint Kisangani. C’était le vendredi dernier. Plus de vingt mille manifestants sont descendus dans la rue de la ville martyre. On devrait se dire qu’il n’y avait rien de particulier dans la mesure où on a vu la même marée humaine partout. Kisangani n’est pas une grande première, certes, mais sa marche a une particularité importante. Pour cette marche en faveur des élections sans conditions, on a vu une participation importante et remarquée des prêtres de l’Eglise catholique. Ils étaient en avant-plan de la marche. C’est un langage clair, mieux un désaveu de l’archevêque de Kisangani qui roule plutôt pour des négociations politiques avant le 30 juin 2006. Après le clergé de l’Equateur, celui du Sud-Kivu et celui de la province Orientale, on peut se demander au nom de qui parle Mgr Monsengwo. Ceux qui accusent le prélat catholique de prier pour sa chapelle individuelle ne se sont pas trompés. La marche de Kisangani, outre le fait qu’elle replace Kisangani dans sa ligne de ville révolutionnaire, mais aussi un désaveu de Mgr Monsengwo.

(Jdn)

Last edited: 05/06/2006 20:49:47

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