Les travaux de construction par la Chine de l’Hôpital de Ndjili promis par feu Mzee Laurent-Désiré Kabila sont à ce jour terminés. L’inauguration de ce bijou par le Vice-président Yerodia est prévue demain mardi.

Il y a huit ans, Kinshasa avait été envahi par des Rwandais. Les envahisseurs ont connu à l’est de Kinshasa une véritable baie de cochons à la congolaise. Avec comme arme, la formation politique, les Kinois ont affronté les agresseurs à mains nues jusqu’à les mettre en déroute. Pour la première fois dans l’histoire de ce pays, la population a mis en pratique un mot d’ordre des responsables politiques. Elle s’est prise en charge comme le lui avait appris Mzee Laurent Désiré Kabila. Cela témoignait de la confiance que ce peuple avait en ses dirigeants. De leur côté, le chef de l’Etat et tout son gouvernement, malgré le matraquage médiatique sur l’imminence de la prise de Kinshasa, sont restés en place, confiants dans le peuple comme le poisson dans l’eau. Il faut être un dilettante politique pour fustiger cet homme et son gouvernement dans le but de vouloir s’attirer la sympathie de la population. On comprend que cette mauvaise lecture de l’histoire politique du pays ait comme conséquence la peur des élections qui est la peur du peuple, pour trouver refuge dans les négociations politiques.
Emu par cet engagement du peuple congolais contre la mauvaise foi des tenants des thèses de l’agression, Mzee avait décidé de rendre hommage à cette population de l’Est de Kinshasa, laissée pour compte pendant les 36 ans du règne de Mobutu. Conformément à la demande de la population elle-même, Mzee s’est engagé à satisfaire certaines de leurs profondes aspirations. La première demande était de mettre fin à une situation choquante qui avait perduré des années auparavant : pour un paquet d’allumettes, pour une aiguille, pour quelques « mpiodi », la masse populeuse devait prendre un bus afin d’atteindre le centre ville, seul endroit où se trouvait le marché. Cela n’avait fait qu’aggraver les problèmes de cette population dont les conditions étaient des plus précaires. Non seulement le déplacement de ces gens était un casse tête, du fait du manque des unités de transport en commun, mais ces difficultés avaient un impact quasi automatique sur le coût des biens de première nécessité qu’on allait chercher à prix d’or à plus de 30 kilomètres pour les revendre à des mœurs de faim qui avaient un revenu le plus insignifiant du monde. Cette situation demandait réforme. Il fallait construire un marché. La promesse faite par Mzee a été tenue. Le marché de la Liberté est l’un des plus modernes du pays. C’est la plus grande réalisation de portée sociale construite dans cette partie de Kinshasa en 40 ans d’indépendance.
Par ailleurs il n’y avait dans cette partie de la capitale aucune formation médicale de grande capacité. La population avait le choix entre les centres médicaux « ligablo » et les quelques formations sérieuses qui ne tenaient nullement compte de la bourse éternellement dégarnie de la population de cette partie de Kinshasa. L’une des solutions à ce dilemme était de recourir à l’hôpital général. Non seulement il n’y avait pas de place pour tout le monde, mais la loi de l’offre et de la demande faisait des soins de santé un luxe rédhibitoire pour les misérables par ailleurs, auteurs d’une démographie galopante. La population avait alors exprimé sa demande de façon pressante auprès de Mzee Laurent Désire Kabila pour la construction d’un centre de santé moderne et spacieux. Une promesse ferme fut faite par le soldat du peuple et le site fut choisi à N’djili. Bien que mort, Mzee a vu ses compagnons de lutte poursuivre l’œuvre qu’il avait commencée. Yerodia Abdoulaye Ndombasi qui suivait de plus près les études de faisabilité de cette unité, a inauguré les travaux il y a une année et quelques mois. En 12 mois, le gigantesque bâtiment devant abriter cet hôpital construit par la République de Chine à la demande de Mzee Laurent Désiré Kabila était pratiquement terminé. Il fallait quelques travaux de finissage et de l’énergie électrique. Aujourd’hui tout est prêt. Demain mardi, sauf changement de dernière minute, le Vice-président de la République en charge de la reconstruction et la Commission pour le développement, va remettre cette formation médicale à la disposition de la population. Avec cette coupure de ruban symbolique, c’est une promesse de plus qui est réalisée. Si on peut prendre en compte le stade municipal de Masina, on peut dire que jamais auparavant cette partie de la capitale n’a été l’objet de telle attention de la part des hommes politiques. Il faut dire que l’on est seulement au centième de ce que le gouvernement compte faire pour le développement de cette partie de Kinshasa au regard du constat fait par Yerodia lors de sa tournée dans les 24 communes de cette ville. Les choses iront encore plus vite et mieux lorsque Joseph Kabila, à l’issue des élections démocratiques, pluralistes, libres et transparentes, aura les quatre quarts du pouvoir.
(Jdn)
Last edited: 07/06/2006 10:48:22