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Au cours d’un point de presse, la famille Dokolo dit avoir appris que le liquidateur indépendant de la Nbk s’empresserait de vendre la quasi-totalité des immeubles de cette ancienne banque

Dans notre édition d’hier mercredi, nous avons fait état des dysfonctionnements dans les opérations de liquidation menées dans trois banques publiques (Nouvelle banque de Kinshasa, Banque congolaise du commerce extérieur et Banque de crédit agricole) soumises ŕ ce processus dans le cadre de la restructuration du systčme bancaire congolais.

Comme pour confirmer les informations recueillies par nos sources, la famille Dokolo, qui continue ŕ réclamer ses droits dans le patrimoine de l’ex-Nbk, a organisé hier mercredi un échange avec la presse pour approfondir cette question. Aujourd’hui, on commence ŕ en savoir un peu plus de cette affaire qui ŕ tout l’air d’ętre scandaleuse, avec les révélations faites sur les prix de vente des immeubles concernés.

L’on en sait un peu plus sur les ventes frauduleuses dénoncées il y a quelques mois d’immeubles de l’ex-Nouvelle Banque de Kinshasa par le liquidateur indépendant désigné par la Banque centrale du Congo, qui supervise ces opérations pour le compte de l’Etat congolais en sa qualité d’autorité monétaire nationale. Les derničres révélations de cette affaire ont été livrées hier par la famille Dokolo dans un entretien avec la presse.

A cet effet, elle a dit avoir saisi la Commission spéciale du Parlement chargée des biens spoliés et/ou confisqués aux particuliers. Celle-ci avait entendu toutes les parties en cause. Elle a décidé de confirmer la restitution des immeubles de la Banque de Kinshasa aux anciens actionnaires.

Or, pendant que la Commission parlementaire était ŕ l’oeuvre et, plus grave, męme aprčs sa décision de restitution, la famille dit avoir appris, selon la presse locale, que le liquidateur indépendant de la Nbk s’empresse de vendre la quasi-totalité des immeubles de la Nbk, sans doute pour les faire échapper ŕ la restitution en faveur des anciens propriétaires. Mais ce sont plus les conditions de ces aliénations qui sont nébuleuses. D’abord la modalité de passation du marché.

Il est vrai que la loi bancaire reconnaît au liquidateur la possibilité de vente soit par voie d’appel d’offres, soit ŕ l’amiable. Mais dans le cas de la liquidation d’organismes publics et dans le but de rentabiliser la valeur des biens, il est presque couramment fait recours ŕ l’appel d’offres. Le liquidateur indépendant n’a pas voulu privilégier cette voie.

Ensuite, la période de vente. Il est męme de bon sens que l’on s’abstienne de poser un acte de disposition sur un bien que l’on sait pertinemment quereller avant d’avoir vidé le litige. Dans le cas des biens de la Nbk, les ventes faites sont postérieures ŕ la saisine du Parlement et męme ŕ la décision de restitution.

Mais le plus scandaleux est le prix de la vente. Car en février 2005, le liquidateur indépendant, confirme la famille sur base des documents en sa possession, a procédé, par son avocat interpose, ŕ la vente de l’immeuble ayant abrité le Centre médico-social de la Nbk pour 150.000 Usd. Par ailleurs, indique la famille, c’est le męme Shiraj Virji, acquéreur de l’immeuble ayant abrité le Centre médico-social, qui serait l’acquéreur de tous les autres biens de la Nbk ŕ travers les provinces du pays.

Pendant la deuxičme République, cet immeuble était évalué ŕ au moins cinq millions Usd. En aoűt 2003, pendant que le marché immobilier était au plus bas, le comité de liquidation de la

Nbk elle-męme a fait évaluer ledit immeuble ŕ 1.029.000 Usd ! Alors que l’on note une flambée du cours de l’immobilier ŕ Kinshasa, ce bâtiment a donc été vendu ŕ moins de 10% de sa valeur. Ceux qui connaissent cet immeuble sont ébahis d’entendre cette nouvelle.

Le montant repris sur l’acte de vente aurait-il été savamment minoré pour permettre ŕ Mupepe et ŕ ses parrains d’empocher le surplus ? Si ce prix est réel, M. Mupepe, déjŕ connu dans des liquidations antérieures de l’Onl ou du Cciz, maîtrise-t-il son sujet ?

Le fond du problčme

M. Dokolo était initiateur de la Banque de Kinshasa en 1969. Celle-ci fut d’abord radicalisée en 1974, comme la plupart de grandes sociétés de l’époque. Elle fut restituée ŕ ses actionnaires en 1976. Fin 1985, cette banque fut confrontée a des difficultés financičres qui conduisirent la Banque centrale ŕ la mettre sous gestion administrative. Au terme du délai légal de la gestion administrative, au lieu soit de réorganiser la Banque pour la remettre ŕ ses actionnaires ou d’en solliciter une dissolution judiciaire, les autorités de la deuxičme République Vont purement et simplement créer une entreprise publique dénommée Nouvelle Banque de Kinshasa. Puisqu’il fallait doter l’entreprise créée d’un patrimoine, une ordonnance va confirmer la confiscation du patrimoine de la Banque de Kinshasa, entreprise privée, pour le confier ŕ la Nbk.

Le patrimoine nationalisé était constitué d’un important parc immobilier disséminé ŕ travers toute la République (Moanda, Boma, Matadi, Mbanza-Ngungu, Kisantu, Kinshasa, Gbadolite, Kisangani, Bunia, Butembo, Isiro, Beni, Goma, Bukavu, Kalemie, Lubumbashi, Likasi, Kolwezi, Kananga, Mbuji-Mayi).

Aprčs la Banque de Kinshasa, ce sont toutes les sociétés du Groupe de l’homme d’affaires ainsi que tous ses biens qui furent confisqués et confiés ŕ la gestion du syndicat unique du Mpr, l’ex-Untza.

La Conférence nationale souveraine (CNS décida la restitution des biens de Dokolo. Les sociétés furent effectivement reprises męme si l’indemnisation décidée n’a jamais été versée. Quant ŕ la banque, les gouvernements qui suivirent empęchčrent sa reprise effective par Dokolo et les autres actionnaires.

Entre-temps, depuis 1996, la NHK est tombée en faillite et mise, en liquidation forcée. Confiées dans un premier temps a un comité de liquidation (Banque Centrale, Conseil supérieur du portefeuille et Nbk), elles sont actuellement assurées par un liquidateur indépendant, M. Mupepe Lebo, désigné sur instruction de la Banque mondiale par le Copirep mais dépendant techniquement de la Banque centrale du Congo.

Voilŕ des dossiers qui devraient intéresser au plus haut point la Cour des comptes, le parquet général de la République, la Banque centrale du Congo ainsi que la Commission économique et financičre du gouvernement et diverses associations de lutte contre la corruption.

(FP)



Last edited: 07/05/2006 02:22:31

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