M. Eddy Angulu, ancien ambassadeur de la Rdc en France, attaque ŕ la Cour Supręme de Justice la candidature de M. Jonas Mukamba ŕ l’élection présidentielle par le fait que ce dernier a été męlé dans l’assassinat de Patrice Lumumba
Assisté de ses avocats, Me Anicet Mbatu Menga et Ghislain Demofike, engagé dans une démarche citoyenne et morale, l’ambassadeur Edi Angulu Mabengi a déposé, le mardi 25 avril 2006, devant la Cour supręme de la République démocratique du Congo une requęte en annulation de la candidature ŕ la présidence de la République de M. Jonas Mukamba pour des faits d’une extręme gravité. C’est ce qu’il a lui-męme annoncé hier mercredi 25 avril 2006, au cours d’un point de presse qu’il a animé au grand Hôtel Kinshasa.
Cette requęte en annulation, a-t-il fait savoir, entre dans le cadre de l’histoire de notre pays écrite ces derničres années par des auteurs indépendants tant étrangers que nationaux. “M. Mukamba Jonas s’était rendu coupable de graves tortures sur la personne de Patrice Lumumba, lesquelles tortures constituent un crime contre l’humanité qui, de par sa nature, est imprescriptible”. Et d’ajouter : La biographie de M. Jonas Mukamba, déposée ŕ la Commission électorale indépendante, ŕ l’appui de sa candidature, demeure ŕ dessein fort lacunaire.
En réalité, elle est plus fournie qu’elle n’en donne l’air. Selon lui, Mukamba Kadiata Nzau n’est rien d’autre que Jonas Mukamba des années 60, Commissaire général au Travail et Prévoyance sociale dans le Collčge des Commissaires Généraux qui fut męlé aux évčnements qui ont conduit Patrice-Emery Lumumba, héros national, ŕ la mort. Quand Lumumba est en prison ŕ Thysville (Mbanza-Ngungu), Jonas Mukamba, selon ses propres dires, lui aurait rendu visite trois fois, pour des raisons qu’il est seul ŕ connaître. Le 17 janvier 1961, quand Lumumba est envoyé ŕ la mort ŕ Lubumbashi, Mukamba est dans l’avion, avec son collčgue Ferdinand Kazadi, Commissaire général ŕ la Défense nationale, chargés d’accompagner les « colis » au Katanga.
Toujours selon Edi Angulu, l’avion décolla de Moanda ŕ 10 heures du matin pour Elisabethville et prit la voie la plus rapide en survolant l’Angola. Le voyage dura ŕ peu prčs 5 heures. Cinq heures pendant lesquelles l’escorte, sous les ordres de Mukamba secondé de Kazadi, s’acharna sur Lumumba et ses deux compagnons, Okito et Mpolo. On sait que la vue des sévices provoqua chez le « radio » des vomissements et que, finalement, l’équipage s’enferma dans le cockpit... pour ne plus entendre les gémissements des prisonniers. L’image de Lumumba, ŕ la descente de l’avion, ŕ Lubumbashi, est connue : moribond, il n’était plus que l’ombre de lui-męme. De retour ŕ Kinshasa, c’est ŕ nouveau Mukamba et Kazadi qui se chargent d’acheminer, par avion, des prisonniers lumumbistes ŕ “l’abattoir” de Bakwanga. Parmi eux, Jean-Pierre Finant, le Président provincial de la Province Orientale (le pčre d’Abeti Masikini), Christophe Muzungu, le Chef de la sűreté de Lumumba, J. Lumbala, ancien secrétaire d’Etat de Lumumba, Nzuzi, président des Jeunesses du MNC/L.
Lors de son séjour en Suisse, a-t-il poursuivi, M. Mukamba Jonas fut nommé ambassadeur du Zaďre en Allemagne par son complice Mobutu. Avec quelques nationalistes entętés, comme Ghislain Demofike, Léonard Mulopo Kapita, Jean-Pierre Kambila et Fidčle Sambasi, il avait été déclenché, dčs le 16 avril 1984, avec le soutien du Professeur Jean Ziegler, une vaste campagne de presse et fait admettre au gouvernement de la Confédération Helvétique que M. MUKAMBA Jonas était un tortionnaire ayant participé activement ŕ l’assassinat de Lumumba, et de ce fait, coupable de crime contre l’humanité, et ne pouvait donc pas jouir de la dignité et de l’honorabilité que requičrent les fonctions d’ambassadeur.
Pour rappel, deux mois ŕ peine, aprčs cette importante campagne, soit en juin 1984, le gouvernement suisse, au vu des preuves fournies, déclara Jonas Mukamba “persona non grata”. Sans s’embarrasser des convenances diplomatiques, Mobutu, tenta de sauver les apparences et feignit de transférer son ambassadeur ŕ Londres. Mais les nationalistes précités y poursuivirent leur juste combat de dénonciation qui en Grande Bretagne aboutit exactement au męme résultat heureux qu’ŕ Berne.
Il convient de noter que M. Jonas Mukamba n’a jamais cherché ni ŕ démentir les faits ci-dessus décrits ni ŕ entamer une quelconque action en diffamation. Bien que n’ayant jamais fait l’objet des poursuites dans son pays parce que jouissant de la protection de ses complices, il demeure pour la communauté internationale, coupable des crimes contre l’humanité.
Par conséquent, dépourvu de toute respectabilité et s’étant placé en marge de l’article 72 point 3 de la Constitution du 18 février 2006 et de la loi n°06/006 du 09 mars 2006 portant organisation des élections présidentielles, législatives provinciales, urbaines, municipales et locales en ses articles 9 et 102, M. Jonas Mukamba doit ętre déchu de ses droits civiques et politiques, tant l’extręme gravité des faits mis ŕ sa charge interpelle la conscience d’un chacun, a-t-il conclu.
Last edited: 07/05/2006 02:21:28