Beaucoup de gens se complaisent de vivre dans la saleté en argumentant que l’homme noir ne meurt jamais des microbes. Cet adage ancré dans le mental des kinois, explique certains comportements;dans l’insalubrité publique
La notion d’hygične ne semble pas concerner les Congolais et particuličrement les kinois. Beaucoup de gens se complaisent de vivre dans la saleté en argumentant : “Moto muindu akufaka na mikolobo te” comme pour dire que l’homme noir ne meurt jamais des microbes. Cet adage ancré dans le mental des kinois, explique certains comportements. Dans nos marchés, les femmes préfčrent étaler leurs produits de vente ŕ męme le sol plutôt que sur les étalages pour seulement échapper de payer la taxe. Et Dieu seul sait si réellement elles échappent ŕ la vigilance des agents taxateurs.
Toujours dans nos marchés, les gens s’accommodent de vivre, de manger, de vendre, de partager au quotidien la vie ŕ coté des immondices.
Pourtant, tous les gouverneurs qui se sont succédés ŕ la tęte de la ville ont eu comme cheval de bataille « rendre la ville propre ». Mais ceci a toujours été un slogan car, cette lutte contre l’insalubrité n’abouti pas parce qu’elle n’est jamais accompagnée d’une éducation populaire. L’actuel gouverneur de la ville de Kinshasa semble avoir compris la problématique de l’insalubrité. C’est pourquoi M. Kimbembe Mazunga a lancé une campagne de la lutte contre l’insalubrité par tous et pour tous en commençant par sensibiliser ceux qui fréquentent et ceux qui opčrent dans différents milieux ŕ forte concentration des personnes.
Ainsi, la cellule de sensibilisation a commencé les séances d’éducation populaire dans les marchés de Kinshasa. Cette politique porte déjŕ des fruits, maigres soient-ils. En effet, il y a deux ans, la ville de Kinshasa, précisément le boulevard du 30 juin était envahi par des sachets en plastique et tant d’autres déchets solides. Mais ce temps-ci, il s’observe sur les grandes artčres des équipes des cantonniers, des balayeurs, des cureurs, qui s’emploient ŕ déboucher, curer, balayer.
Aprčs avoir fait leurs travaux de curage, la premičre équipe est secondée par une deuxičme qui s’occupe de l’évacuation de sable, sachets entassés par la premičre équipe.
Travail ŕ moitié fait !
Malheureusement, le constat n’est pas positif partout car, les montagnes de sable et des sachets stockés dans un coin peuvent prendre quatre jours voire une semaine avant d’ętre évacuées. Pendant cette période des pluies, cela ne rend pas la tâche facile aux équipes chargées du curage qui retrouvent le sable et les sachets retournés dans les caniveaux par les eaux de pluie. Ce qui donne l’impression d’un travail mal fait ou encore d’un travail fait ŕ la hâte.
Pour connaître le pourquoi de ce constat, le coordonnateur adjoint en charge des travaux ŕ la brigade urbaine d’assainissement urbain de la ville de Kinshasa, M. Munyampala Egide a accepté de répondre ŕ nos questions.
Pour lui, la premičre équipe d’assainissement devrait ętre soutenue par celle d’engins qui assure l’accompagnement de la premičre équipe, mais il y a beaucoup des contraintes. Il souligne notamment que ces engins peuvent tomber en panne ou encore rencontrer une quantité importante d’immondices ŕ évacuer par rapport au programme.
A cela, il faut ajouter le problčme d’éducation populaire. « Notre population n’est pas éduquée. Vous pouvez dégager les immondices d’un endroit ou curer un caniveau pendant la journée, les habitants du quartier s’arrangent ŕ vider leurs poubelles pendant la nuit dans le męme endroit nettoyé. D’oů la nécessité d’éduquer la population », a déclaré M. Munyampala, avant de souligner que la cellule de sensibilisation a déjŕ entamé les séances d’éducation populaire par les marchés car, ces lieux constituent les premičres usines de production d’immondices et que ce sont les ménagčres qui y fréquentent qui sont ŕ contrôler la oů elles jettent leurs ordures ménagčres.
« Actuellement, l’équipe de sensibilisation se trouve dans la commune de Ngiri-Ngiri. Nous allons faire le tour de la ville », a-t-il indiqué.
A la question de savoir pourquoi l’équipe d’assainissement ne se déploie pas trčs tôt avant que la population ne puisse sortir de chez elle, M. Egide Munyapara a répondu que cela ne dépend pas de l’équipe mais plutôt de l’éclairage publique pour faire ce genre de travail la nuit. « Il faut une quantité suffisante de lumičre. Aussi, le personnel commis ŕ ce travail doit ętre sécurisé. Mais sur le boulevard du 30 juin cela est déjŕ possible. A partir de 23 heures, nos équipes sont sur terrain », a-t-il précisé.
Une loi pour sanctionner
A la question de savoir pourquoi l’Hôtel de ville ne peut pas sanctionner positivement ou négativement les quartiers et les communes les plus propres ou les plus sales de Kinshasa afin de susciter une motivation de la population, le coordonnateur a reconnu que c’est une bonne initiative. « La loi sur l’administration territoriale ne nous permet pas de sanctionner négativement, mais nous pouvons faire une étude pour voir comment primer le meilleur », a-t-il indiqué ».
Pour conclure, le coordonnateur adjoint, M. Munyampala a convié toute la population ŕ ętre derričre la campagne lancée par le gouverneur qui a pour thčme « la salubrité pour tous et par tous ». Cette campagne vise ŕ éduquer la population kinoise ŕ rendre sa ville propre.
« La population a aussi une part de responsabilité dans cette lutte contre l’insalubrité, nous devons regarder autour de nous, un ou deux coups de ballet quotidiens devant notre parcelle peut changer l’image de la ville. Il suffit tout simplement l’implication de tout le monde pour vaincre l’insalubrité », a-t-il soutenu.
A la question de savoir, pourquoi ne pas associer les églises, les mouvements associatifs dans cette lutte pour un changement de mentalité parce que les églises ont aussi une mission sociale, M. Munyampala a déclaré qu’il travaille déjŕ avec certaines ONGS mais ils vont essayer d’élargir le champ en associant aussi les églises.