Dans une correspondance adressée au gouvernement, la Minoterie de Matadi (Midema) déplore l’importation aux taux réduits de la farine de froment par les boulangeries locales
De sources bien informées, nous apprenons que certaines boulangeries de la place ont introduit une requęte aux ministčres de l’économie, des finances et de l’industrie et Pme en vue d’obtenir l’autorisation d’importation de la farine de froment aux taux réduits par rapport au tarif des droits et taxes ŕ l’importation en vigueur. Selon les męmes sources, cette requęte a également été déposée sur la table du vice-président de la République en charge de la Commission économique et financičre.
Mis au parfum de cette démarche, la MIDEMA, le géant de l’industrie minotičre locale, a aussitôt fait de réagir, expliquant que la loi portant nouveau tarif et taxes ŕ l’importation actuellement en vigueur a été élaborée et promulguée dans le but ultime de soutien de l’industrie locale. D’oů, estime-t-on, toute autorisation d’importation de la farine de froment aux taux réduits au bénéfice d’une boulangerie, qui n’intervient sur le marché qu’ŕ concurrence de 6%, serait non seulement une violation de la loi, mais aussi paralyserait ŕ nouveau les activités de l’industrie locale. Exactement comme ce fut le cas au cours des années 1999, 2000, 2001 et 2002.
En effet, rappelle-t-on, les boulangeries qui importaient la farine de froment aux taux réduits ŕ cette époque menaient une concurrence déloyale contre les autres boulangeries qui consommaient la farine au détriment de l’industrie minotičre locale. Les conséquences de cette gabegie ont été ressenties aussi bien sur le plan des recettes budgétaires du pays que sur le plan des activités des entreprises qui tiennent leur survie de l’exploitation des entreprises minotičres locales. Aussi la loi n°04/014 du 16 juillet 2004 modifiant et complétant la loi n°002/03 du 13 mars 2003 instituant un nouveau tarif des droits et taxes ŕ l’importation est-il, ŕ juste titre, une correction par rapport aux abus décriés ŕ l’époque.
Au demeurant, souligne-t-on, nul n’ignore que les minoteries locales produisent une farine de meilleure qualité suffisamment disponible pour toutes les boulangeries locales quelle que soit leur taille. D’oů, soutient-on dans les milieux des minotiers, exhorter les boulangeries requérantes (Upak en tęte) ŕ approvisionner en matičre premičre auprčs des industries minotičres locales serait faire oeuvre utile et salvatrice pour l’industrie locale en particulier, mais pour toute l’économie du pays en général. Surtout du fait que la force dune économie moderne réside dans la capacité de production des industries locales et de consommation des produits fabriqués localement.
Le gouvernement interpellé[:]
Dans une correspondance adressée aux autorités gouvernementales, la Minoterie de Matadi, par le biais de son administrateur délégué John Gregory, explique que l’industrie minotičre locale ne peut aucunement ętre assimilée ni comparée ŕ une boulangerie. Ceci dans la mesure oů le rôle d’une minoterie consiste dans la transformation du blé en farine, tandis qu’une boulangerie ne s’occupe que de la fabrication du pain.
« Notre réaction est légitime dans la mesure oů la boulangerie requérante a soutenu la motivation de sa requęte au moyen des allégations toutes fallacieuses », affirme le responsable de la Midema. John Gregory poursuit son argumentaire en rappelant que la valeur ajoutée dans une minoterie est plus appréciable et ne saurait ętre comparée ŕ celle d’une boulangerie. Qui plus est, aucune comparaison n’est permise en matičre de contribution au Trésor public. A ce sujet et ŕ titre d’exemple, il nous revient que la contribution de la Midema ŕ l’Etat congolais a été de 11.600.000 Usd uniquement pour l’exercice social 2005. Preuve que Midema est un partenaire non négligeable du gouvernement et sur lequel celui-ci peut compter pour consolider la stabilité et la croissance économique et l’assainissement du secteur macro-économique national.
(Yes)
Last edited: 07/05/2006 02:18:41