De l’avis de nombreux acteurs de l’art d’Orphée, la musique congolaise est en régression. Pour d’autres, parmi lesquels l’artiste musicien J.B. Mpiana, contestent cette thčse, en argumentant que le repli que connaît, quelque peu, celle-ci est dű ŕ la non implication de l’autorité de tutelle et, plus loin, au manque d’infrastructures musicales lesquelles bloquent l’épanouissement de cet art sur l’échiquier national et international.

Le chanteur indique que l’autorité de tutelle devrait mettre, ŕ l’instar d’autres pays comme le Sénégal, l’Afrique du Sud, etc. des moyens conséquents pour permettre aux musiciens congolais de mieux śuvrer dans ce domaine qui est le symbole, ŕ part entičre, de notre nation. Ces dignes ambassadeurs de la musique congolaise devraient bénéficier de certaines prérogatives, par exemple, en ce qui concerne leurs déplacements vers d’autres cieux. « Il est le plus souvent amer de constater les tracasseries dont nous, musiciens congolais, sommes victimes ŕ l’aéroport de N’Djili.

Et pourtant, la nécessité de jouir de l’apport des protocoles est essentielle... », déclare souvent J.B. Mpiana. Et dans cet ordre d’idées, il rejoint aux mots Félix Wazekwa, s’est la question de savoir ŕ qui sont réservés les salons huppés de l’aéroport. A cet effet, plus d’un observateur estime que les musiciens congolais devraient au sortir du pays, en leur qualité d’ambassadeurs culturels, se faire accompagner des délégués du ministčre de la Culture et des Arts.

En outre, si les musiciens jouissaient aujourd’hui des passeports diplomatiques, cela leur faciliterait la tâche lors de leurs tournées. En ce qui concerne les instruments de musique, il serait urgent que l’Etat Congolais se procure un matériel sonore trčs performant et bâtisse un centre culturel spacieux pour permettre les échanges culturels avec d’autres peuples.

Ceci y va dans l’intéręt de l’épanouissement de la culture congolaise. Dans la perspective, l’Amicale des musiciens congolais (AMC), l’UMUCO (Union des Musiciens du Congo) et autres associations pour un cadre meilleur en faveur de la musique, doivent s’atteler pour de tels résolutions afin d’améliorer les conditions de travail de l’artiste musicien congolais, au lieu de se pavaner dans les polémiques juvéniles et dans les manigances nuisibles, au profit de leurs intéręts personnels. A bon entendeur, salut !

Wendo et Mayaula Mayoni abandonnés ŕ leurs tristes sorts

Les santés des artistes Wendo Kolosoy et Mayaula Mayoni se dépravent de plus en plus au fil des jours et des mois. Souffrants depuis quelques mois, ils sont abandonnés ŕ leurs tristes sorts sans soutiens réels de leurs compčres musiciens, ni de l’autorité de tutelle et moins encore des sociétaires de l’Umuco (Union des musiciens du Congo) et de l’Amc (Amicale des musiciens congolais).

Pour ce qui est du patriarche de la musique congolaise moderne, il est cloué sur un lit de la Clinique Ngaliema oů il y est hospitalisé. Mais, il se plaint de ne pas recevoir une assistance particuličre malgré ses nombreux appels de détresse. L’octogénaire fatigué, faiblit ŕ petit feu.

Plus grave encore, c’est le cas du chanteur Mayaula Mayoni. L’on apprend que l’auteur de la chanson « Ousmane Bakayoko », qui fit tabac vers les années 1994, est cloué, lui aussi, au lit et a déjŕ perdu l’usage de sa voix. Il purge sa peine ŕ la résidence familiale située au quartier 20 mai dans la commune Kalamu. Ces deux monuments encore vivants devraient mériter d’une attention particuličre du ministčre de la Culture et des Arts, des admirateurs et d’autres grands mécčnes de la musique congolaise.

Les śuvres qui lčguent, depuis leurs premičres créations, ŕ la postérité sont des best seller d’une splendeur inouďe. L’appel est donc lancé vers des sommités telles que M. Didi Kinuani qui, plus d’une fois, a prouvé son humanisme ŕ l’égard de ses semblables et, derničrement, ŕ l’endroit de Dominique Mabua.

Car jusqu’ŕ la preuve du contraire, un désintéressement total rčgne dans le chef des patrons des groupes musicaux congolais et d’autres personnalités du monde culturel. Il ne faudrait pas attendre leurs morts pour leurs rendre des hommages démesurés comme il en est de coutume en Rd Congo. Il n’est pas encore trop tard pour bien faire.