L’Association nationale des entreprises du Portefeuille de l’Etat (Anep) tient ŕ poursuivre sa lutte de défense des intéręts de ses entreprises membres contre les diverses tracasseries
Jamais l’Association nationale des entreprises du Portefeuille de l’Etat (Anep) n’a vu son rôle de défenseur attitré des entreprises publiques et celles d’économie mixte s’affirmer davantage comme il en est le cas aujourd’hui.
Aprčs huit ans d’existence, l’Anep a donné la preuve irréfutable qu’elle est et demeure le cadre le mieux approprié pour faire valoir les intéręts des entreprises du Portefeuille. Dans tous les cas, elle le fait mieux que toute autre association
Le rôle de l’Association des entreprises du Portefeuille de l’Etat (Anep) dans la défense des intéręts des entreprises du secteur public vient encore d’ętre réaffirme au moment oů cette organisation s’appręte ŕ aborder l’an neuf de son existence en tant que syndicat mis sur pied par le gouvernement congolais.
Aux fins de mettre effectivement un terme ŕ une bien malheureuse situation qui, jusque-lŕ, désavantageait les entreprises publiques dans la défense de leur cause par rapport aux intéręts des entreprises privées, du reste diamétralement opposés aux leurs.
Comment alors dans ce cas chercherait-on ŕ voir ces entreprises publiques réintégrer la Fédération des entreprises du Congo cependant qu’il n’y a visiblement aucune demande formulée dans ce sens par l’une ou l’autre entreprise membres de l’Anep ?
Un vide comblé...
Ce n’est pas pour rien que le gouvernement congolais avait levé, en 1998, l’option de procéder ŕ la création d’une association avec pour mission de défendre essentiellement les intéręts des entreprises publiques. La situation l’exigeait ŕ l’époque et la donne est restée la męme aujourd’hui pour qu’on se permette, sans aucune raison valable, de bouleverser l’ordre de choses. Il y avait en effet un hiatus, une lacune de taille qu’il fallait ŕ tout prix corriger. On sait que les entreprises privées et publiques étaient regroupées au sein d’une męme organisation patronale. L’Aneza (Association des entreprises du Zaďre), devenue la Fédération des entreprises du Congo (Fec) au lendemain de l’entrée de l’Afdl.
Et pourtant, les intéręts de ces deux catégories d’entreprises sont divergents au point que, logiquement, l’on ne pouvait pas les mettre dans une męme organisation patronale pour la défense de leurs intéręts. « Dans un tel contexte, les préoccupations privées étouffent généralement celles des entreprises du secteur public », fait-on observer ŕ l’Anep.
Conséquence de cette cohabitation contre nature, l’absence de la défense des intéręts des entreprises publiques au sein de l’Aneza (Fec) dominée par les acteurs du secteur privé. Naturellement, la maximalisation des profits, aux moindres coűts, caractéristique des entreprises privées, ne pouvait que s’imposer dans l’association, au détriment des entreprises publiques dont la plupart sont investies d’une mission sociale.
Compte tenu de l’incapacité de la Fec ŕ défendre vraiment les intéręts des entreprises publiques, des voix se sont élevées, déjŕ ŕ l’époque de l’Aneza, pour créer en son sein une structure homogčne dénommée « Association des dirigeants des entreprises publiques ». véritable prélude ŕ l’Anep.
C’est ainsi qu’avec l’instauration du pluralisme syndical, le gouvernement de l’époque (1998), soucieux du sort des entreprises publiques, se résolut ŕ voir ces unités économiques constituer leur propre chambre de commerce et syndicat patronal, aux fins de s’auto-défendre face aux abus des gouvernants et des tiers privés. D’oů la naissance, dans la foulée de ce pluralisme, de l’Anep (Association nationale des entreprises publiques) en mai 1998, avant d’obtenir sa personnalité juridique en 2003.
Constituée au départ uniquement des entreprises publiques, l’Anep s’étendra aux sociétés d’économie mixte (elles aussi du Portefeuille de l’Etat) ayant manifesté le désir de s’affilier ŕ la nouvelle organisation patronale. Depuis l’avčnement de l’Anep, ce vide a été si heureusement comblé. Au point que cela dérange les prédateurs de tout genre ainsi que tous ceux qui ne ratent aucune occasion pour s’évertuer ŕ faire main basse sur les entreprises d’Etat ou d’économie mixte.
Démarche ŕ condamner
De toute façon, depuis leur départ de la Fec les entreprises publiques et leurs mandataires ont trouvé, ŕ travers l’Anep, un espace de libre expression de leurs problčmes, de leurs désarrois et de leurs angoisses ainsi qu’une plate-forme de concertation en vue d’améliorer leurs performances en se soutenant mutuellement, tout en faisant voir leur véritable poids économique dans le pays. Dčs lors, la démarche qui consiste ŕ forcer les entreprises publiques ŕ réintégrer la Fec — alors que cette question n’a jamais été posée au niveau des organes de l’Anep par quelques membres présumés « désireux, semble-t-il, de retourner ŕ la Fédération des entreprises du Congo » comme le laisse entendre une correspondance du ministčre du Portefeuille de décembre 2005 - ne pourrait qu’ętre l’oeuvre d’un lobby politico-économique qui fait actuellement pression en vue de prendre rapidement le contrôle des entreprises publiques qui lui échappent.
Derričre cette démarche se cachent des stratégies de certains intéręts privés mercantiles qui tiennent ŕ fragiliser le patrimoine économique national dans son ensemble. En fait, les entreprises publiques et les sociétés d’économie mixte constituent une portion importante du Portefeuille de l’Etat congolais. En tant que telles, elles font partie du patrimoine national ŕ protéger. Malgré la mauvaise conjoncture macro-économique, la contribution de cette catégorie d’entreprises au budget national est susceptible d’amélioration. L’option libérale derričre laquelle se cachent tous ceux qui combattent notamment l’existence des entreprises publiques et de leur association en structure homogčne, ne suffit pas ŕ rendre compte de l’acharnement ŕ voir les entreprises publiques congolaises se dissoudre ou rejoindre la Fec.
(FP)
Last edited: 07/05/2006 02:14:59