La loi électorale promulguée, la machine électorale est relancée avec, ŕ l’appui, la publication du calendrier des premiers scrutins, ŕ savoir le 18 juin pour le premier tour de l’élection présidentielle et les législatives
La loi électorale promulguée, la machine électorale est relancée avec, ŕ l’appui, la publication du calendrier des premiers scrutins, ŕ savoir le 18 juin pour le premier tour de l’élection présidentielle et les législatives. Tandis que le 14 juillet est réservé ŕ la proclamation des résultats définitifs de la présidentielle. Néanmoins, l’expérience du référendum constitutionnel aidant, il est ŕ espérer que le calendrier, cette fois, tiendra la route. Pourvu que la communauté internationale s’engage davantage et que, surtout, le pouvoir organisateur ne se substitue pas aux électeurs pour proclamer de faux vainqueurs.
C’est fait. La loi portant organisation des élections présidentielle, législatives, provinciales et locales a été enfin promulguée le jeudi 9 mars 2006 par le président de la République. Le suspense levé, les Congolais recommencent ŕ croire en la tenue, fort décalée, des scrutins électoraux cette année.
On se rend enfin ŕ l’évidence. Contrairement aux promesses irréalistes de la Commission électorale indépendante (Cei) et en dépit d’incessantes menaces de la communauté internationale représentée par le Ciat, le processus de transition et électoral se poursuivra bel et bien au-delŕ du 30 juin. Raison principale : des retards cumulés pris ŕ divers niveaux des institutions pour la préparation de ce moment historique.
Sauf imprévu, les élections auront bien lieu. Seul impondérable, l’issue du conflit larvé entre les pro- et les anti- reconduction automatique des animateurs de la transition au-delŕ du 30 juin 2006, la fin constitutionnelle de ladite transition. Des tensions sont ŕ craindre si la classe politique ne s’avise aujourd’hui d’en débattre.
A ce propos, ce ne sera ni l’article 222 (intéressé) de la nouvelle constitution ni la force européenne attendue, dite de « sécurisation des élections », qui vont dissuader les plus téméraires des Congolais d’exprimer bruyamment, dans les jours et mois ŕ venir, leur opposition au maintien au pouvoir du 1+4.
Pour revenir ŕ la loi électorale, la Cei a complété sa promulgation par deux décisions (n°003 et n°004 du 9 mars) portant mesures de son application. Aux termes de ces textes, la Cei a créé des Bureaux de réception et de traitement des candidatures (Brtc). Ceux-ci sont chargés d’enregistrer les dossiers des candidatures, de vérifier leur conformité ŕ la loi électorale, d’identifier et d’enrôler des candidats non détenteurs de la carte d’électeur.
S’agissant de la décision portant ouverture de l’inscription des candidats, la Cei précise que les candidats ŕ la magistrature supręme devront introduire leurs dossiers au Brtc de Kinshasa. Parallčlement, les candidats députés nationaux devront déposer leurs dossiers dans les 27 Brtc des provinces.
LA CEI DOIT INSPIRER CONFIANCE
Trčs attendu, le calendrier de la Cei - ce n’est pas le dernier de la série - fixe au 18 juin le 1er tour de la présidentielle et les législatives. Auparavant, en ce mois de mars, débute le dépôt des candidatures pour ces deux scrutins. L’opération durera du 10 au 23 mars. Elle sera suivie, du 5 au 9 avril, de la publication de la liste définitive des candidats ŕ la présidentielle et aux législatives. La campagne électorale, elle, démarrera le 18 mai pour s’achever le 16 juin, soit deux jours avant les votes. La proclamation des résultats définitifs est prévue le 14 juillet. Quant ŕ la date du 2čme tour de la présidentielle et des élections provinciales, la Cei promet de se prononcer en temps opportun.
Si, dans un premier temps, la programmation faite par la Cei pręte ŕ sourire, elle invite néanmoins ŕ la réflexion. Est-ce que le pouvoir organisateur des élections a tenu compte des faiblesses qui lui ont été imputées dans l’organisation, l’année derničre, du référendum constitutionnel ? En a-t-il tiré des leçons qui fassent que, cette fois, vu les enjeux, les correctifs nécessaires doivent ętre apportés ŕ temps?
Sans attendre ses réponses, il importe de rappeler, ŕ la lumičre de l’expérience commune récente, que la Cei a intéręt, plus qu’avant, d’inspirer pleine confiance ŕ tous les électeurs. Ce qui ne fera que crédibiliser les résultats. Par contre, l’arrogance de ses principaux animateurs, en guise de réaction ŕ certaines observations du public, est souvent ŕ la base des malentendus. Par ailleurs, la Cei devra, impérativement, publier longtemps ŕ l’avance la liste des bureaux de vote réellement ouverts, et afficher les listes d’électeurs partout ŕ l’entrée des bureaux avant la date du vote.
Deuxičme recommandation les présidents des bureaux de vote doivent ętre instruits de respecter et de faire respecter la
consigne concernant le secret du vote. Le public serait également informé dans le męme sens. Troisičme recommandation les dates et heures d’ouverture et de fermeture de scrutins doivent ętre précisées et fixées ŕ l’avance. L’improvisation, comme au moment du référendum, susciterait des suspicions et aurait un impact largement négatif sur les résultats.
Il est absolument indispensable, en dernier lieu, de rappeler aux responsables des bureaux de vote qu’ils doivent, sans interruption et queue que soit l’heure, procéder aux opérations de clôture de votes, de dépouillement et d’affichage. Les témoins des partis ainsi que les observateurs doivent veiller au respect de cette disposition.
Quelles autres meilleures actions entreprendrait la Cei, pouvoir organisateur, pour la transparence et la crédibilité des élections, en dehors du schéma ci-dessus décrit? Mais, quelle que soit la bonne volonté de la Cei, rien ne pourrait se réaliser dans le délai sans l’accompagnement en temps réel de la communauté internationale. C’est cette derničre qui a maintenu la date du 18 juin pour les scrutins, alors que la Cei proposait celle du 25 juin. Il lui appartient dčs lors, de rassurer les électeurs et les candidats. Notamment en déployant la logistique qu’il faut, en temps opportun, partout oů c’est nécessaire. En contribuant efficacement ŕ la diffusion des textes. En évitant de démotiver le personnel chargé de vote et de la sécurité. Bref, en s’épargnant des critiques formulées ŕ l’occasion du référendum. De toutes les maničres, la communauté internationale et les institutions nationales n’ont pas le droit d’échouer si prčs du but.
Last edited: 07/05/2006 02:13:02