L’impression de ces « grosses coupures » du Franc congolais sera financée par le budget du ministčre belge de la Coopération au développement. Le coűt de cette opération est évalué ŕ 1.400.000 Euros
Sous le titre « Billets congolais made in Belgium », le quotidien bruxellois « La Derničre Heure/Les Sports » rapporte, dans son édition datée du 8 mars, que le gouvernement de la RD Congo aurait lancé un appel d’offres vers différentes banques centrales notamment allemande, canadienne et belge en vue de l’impression de plus ou moins 10 millions de nouvelles coupures de la monnaie congolaise.
« C’est finalement en Belgique que ces nouveaux billets seront imprimés », note ce journal. Coűt : 1.400.000 €. Les frais de fabrication seront pris en charge par... le ministčre belge de la Coopération au développement.
L’information émane du cabinet du titulaire de ce ministčre, le libéral francophone Armand De Decker. Selon cette source, les coupures dont question ne seront livrées qu’ŕ l’issue des élections générales. Avant de donner leur « imprimatur », les autorités belges auraient étudié la situation économique de la RD Congo et pris l’avis du Fonds monétaire international et de la Banque nationale.
On parle, en effet, d’un possible lancement d’une coupure de 10.000 Fc soit l’équivalent de +/- 20$ US. Un dollar américain est changé actuellement contre 500 Fc. Selon des analystes, depuis des décennies, le Congo-Kinshasa imprime ses billets de banque en Allemagne. Il paraît donc paradoxal que la Belgique remporte un « appel d’offres » et finance, elle-męme, l’opération qui en fait l’objet.
« En vérité, les Allemands ont demandé le paiement cash. Manifestement Kinshasa n’a pas pu payer. C’est ainsi que la Belgique a accepté de financer cette opération ŕ la condition que le travail soit effectué par la Banque nationale de Belgique », nous a confié un expert. Celui-ci s’est réjoui d’apprendre que cette masse monétaire ne sera livrée qu’aprčs les élections.
Au motif, selon lui, que tous les organismes financiers du Congo se trouvent entre les mains des personnalités proches du parti présidentiel, le PPRD. « Le risque était grand que cet argent soit distribué lors de la campagne électorale », ajoute-t-il. Pour notre expert, s’il était confirmé que les nouvelles coupures porteront le montant de 10.000 Fc, c’est un signe que la santé économique du pays est loin d’ętre bonne : « C’est l’expression d’une inflation latente ».
Selon lui, la mise en circulation de cette future grosse coupure devrait se faire de « maničre modulée ». « A défaut, il y aura un emballement », conclut-il. Un analyste politique s’est dit stupéfait de voir que la RD Congo ait eu ŕ recourir ŕ la coopération belge pour obtenir la modique somme de 1.400.000 €.
« Cette démarche illustre la mauvaise volonté des dirigeants congolais actuels quand on sait que les traitements mensuels des membres de l’espace présidentiel dépasse le million de dollars, martčle-t-il. Ajoutant : « La monnaie nationale est un des attributs de la souveraineté et de la dignité d’un Etat, comment peut-on expliquer que le gouvernement congolais soit incapable de mobiliser une somme aussi dérisoire ? ».
Rappelons que ce n’est pas la premičre fois que le gouvernement de transition recourt ŕ la Belgique pour ce genre d’assistance. L’année derničre Kinshasa et Bruxelles avaient conclu un accord en vue de la réhabilitation des ports de Kinshasa et de Matadi. Montant : 1.000.000 d’euros.
Au cours de la męme année, le ministčre belge de la Coopération au développement a annoncé la prise en charge par son département de la reconstruction du Pont de Nyemba ŕ Kalemie (Province du Katanga). Coűt : 2.500.000 €. Cet ouvrage d’art est en cours d’achčvement auprčs d’une entreprise liégeoise. Au cours de l’exercice budgétaire 2005, prčs de 60% du budget de l’Etat congolais ont été financés par des « apports extérieurs ».
Last edited: 07/05/2006 02:12:59