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Bonjour | 01/12/2008 18:03 | English Make DC Home page | RSS feed

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La responsabilité du général Bob Ngoy Kiloubi proche du Rcd est lourdement engagée dans le sabotage de l’opération conjointe Fardc-Monuc envisagée pour démanteler les poches rebelles en Ituri. Le haut officier concerné est accusé d’avoir détourné la solde des troupes combattantes, ce qui a entraîné la mutinerie dans les rangs de ces forces

Une opération militaire, de routine en principe, menée par les Forces armées de la République démocratique du Congo (Fardc) appuyées par les troupes de la Mission de l’Organisation des Nations-Unies au Congo (Monuc) en Ituri, au Nord-Est de la Rdc, tourne en eau de boudin. Pour les populations du cru contraintes de nouveau ŕ l’éprouvante errance de l’exil intérieur, pour les militaires brassés des Fardc engagées dans une opération de ratissage et nettoyage de poches rebelles avec l’appui des forces onusiennes qui assurent la logistique indispensable, et pour le commandant de la 9éme région militaire, le général-major (deux étoiles) David Padiri Bulenda, issu de la résistance patriotique Mayi-Mayi, qui a échappé de peu ŕ la mort lorsque l’hélicoptčre de la Monuc l’emmenant sur le théâtre des opérations a essuyé des « tirs amis ». Cela s’est passé jeudi 2 mars 2006 ŕ Aveba (75 km de Bunia) en Ituri ŕ l’atterrissage de l’engin volant dans une zone pourtant tenue par les forces armées gouvernementales.

Les informations disponibles sur cet incident, qui n’est pas sans rappeler les tristes records de défaites militaires enregistrées par le passé par les troupes loyalistes des défuntes et peu glorieuses Forces armées zaďroises (Faz), engagées contre les rebellions qui ont écumé l’Est du pays depuis 1996. On a appris de source officielle qu’une cinquantaine de militaires des Fardc se seraient mutinés en signe de protestation contre la précarité de leurs conditions de vie au front. Ces éléments qui font partie des troupes gouvernementales engagées dans l’opération Ituri engravée (2500 soldats environ) affirmeraient n’avoir pas été payés selon des témoignages quasiment confirmés par les portes-parole de la Monuc ŕ Kinshasa interrogés par nos rédactions. Ainsi, le représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations-Unies en RD Congo, Ross Mountain, a appelé les autorités congolaises ŕ « mieux traiter les hommes des troupes ».

Jusqu’ŕ la fin du week-end, la situation autour de la localité de Aveba était encore qualifiée de « trčs tendue », voire « préoccupante » par les préposés de la mission de l’organisation mondiale ŕ Kinshasa. Pour étayer leur malaise, les mutins auraient, selon des sources concordantes, accusé leur hiérarchie d’avoir détourné une partie de leurs soldes. Accusations d’indélicatesse de gestion dans le chef du général de brigade Bob Ngoy Kiloubi, leur commandant des opérations. L’évolution de l’offensive lancée contre quelques milliers de rebelles des Forces Patriotiques de Résistance de l’Ituri se trouve ŕ plus d’un titre compromise par la situation créée sur le front dirigé par le général Ngoy dont les troupes ont pratiquement pręté main-forte, męme sans le vouloir, aux groupes rebelles en tirant sur un hélicoptčre de la Monuc jeudi 2 mars, compromettant une vaste offensive destinée ŕ neutraliser le gros de ces derniers qui avaient été signalés ŕ Tchei.

Le 27 février 2006, les Fardc et les troupes de la Monuc avaient entamé leur progression pour s’emparer de Tchei. Etaient engages dans l’opération, un bataillon renforcé, appuyé par une compagnie Monuc du Bengladesh, avec pour base de départ la route Marabo-Komanda (Nord de Tchei) ; un bataillon ŕ partir de Bukiringi, au Sud de Tchei et deux bataillons renforcés, au départ d’Aveba et Bavi, appuyés respectivement par des Bangladais, des Pakistanais, et des Sud-Africains.

Le reste des troupes a été déployé en bouclage de la zone ŕ investir. Grâce ŕ un poste de commandement avancé, la Monuc a assuré la coordination de l’opération. Le 27 février, les troupes ont pu avancer sans rencontrer trop de résistance au Nord, au Sud et au Nord-Est de Tchei. En revanche, au Sud-Est, les Fardc et les troupes bangladaises avançant depuis Aveba, ont rencontré une forte résistance. Curieux et suspect.

Ancien officier de la Presidential protection unit (Ppu), l’ancętre de la Garde républicaine du temps du défunt président Laurent-Désiré Kabila, le général Bob Ngoy Kiloubi est pointé d’un doigt accusateur par ses hommes qui se sont mutinés. « Il détourne systématiquement une partie de nos soldes et des frais de ménage. C’est comme une seconde nature chez lui », a déclaré un des mutins. Issu des rangs de l’ex-Anc (branche armée du Rcd-Goma), Ngoy Kiloubi est poursuivi par une solide réputation de mauvais gestionnaire et de détourneur impénitent de deniers publics depuis l’époque de son appartenance aux troupes du Rcd-Goma dont il fut le chef d’état-major général adjoint. En cette matičre, l’homme n’en serait pas ŕ son premier « exploit » du genre, selon des sources crédibles dans les services, qui se sont confiées ŕ nos rédactions sous le sceau de l’anonymat. Mais les faits susceptibles d’ętre portés ŕ charge du général ex-Rcd par la justice militaire, si elle s’intéressait ŕ cette sulfureuse affaire, dépassent le détournement de tout ou partie de la solde des militaires engagés dans une importante opération de sécurisation de l’Ituri.

Trois semaines auparavant, entre 8.000 et 10.000 civils avaient fui la région de Tchei pour se réfugier ŕ Aveba ŕ la suite des messages lancés par le général Bob Ngoy, annonçant sans en faire le moindre mystčre une opération imminente de ses troupes dans le Nord-Est pour désarmer les miliciens. Une entorse gravissime ŕ l’art de la guerre qui recommande de ne pas mettre la puce ŕ l’oreille de l’ennemi en étalant les stratégies offensives sur la place publique. L’officier ex-Rcd aurait voulu prévenir ceux qu’il était chargé de combattre qu’il ne s’y serait pas pris autrement. Ces incidents qui discréditent encore un peu plus nos forces armées (aux derničres nouvelles, la Monuc aurait décidé de cesser toute intervention dans un environnement aussi volatile et délétčre) sont ŕ lier aux menaces brandies il y a quelques jours par Azarias Ruberwa et ses amis contre le fragile processus électoral congolais du fait de la fin de non-recevoir réservée par les deux chambres du Parlement de transition ŕ leurs requętes pressantes en faveur des listes bloquées et de l’érection de territoires exclusivement rwandophones pour leur donner automatiquement des sičges dans les assemblées nationales et provinciales.

Annulation de l’opération conjointe Fardc-Monuc en Ituri

L’opération conjointe menée en Ituri (nord-est de la République Démocratique du Congo) par l’armée congolaise et la Mission de l’Onu dans le pays (Monuc) pour neutraliser des miliciens a été annulée. La nouvelle a été communiquée par le lieutenant colonel Frédéric Médard, porte-parole militaire de la Monuc, citée par Misna. « Plusieurs facteurs ont contribué ŕ cette décision » a précisé Frédéric Médard, « entre autres, des problčmes de discipline au sein des Forces armées congolaises » (Fardc).

Mercredi 1er mars 2006, quelques dizaines de soldats congolais se sont rebellés contre leurs supérieurs et contre la Monuc et ont refusé de continuer l’opération sur le village de Tcheyi, oů se trouvent des miliciens armés. Selon des informations circulant dans la presse, le salaire moyen d’un soldat opérant dans cette région orientale tourne autour de 10 euros par mois et les militaires manquent souvent de nourriture, d’eau et de support médical. Outre cette mutinerie, des sources de la mission onusienne ont ajouté que les mauvaises conditions climatiques et le fait que les miliciens se servent de la population de Tcheyi (environ 8.000 habitants) comme boucliers humains avaient contribué ŕ l’annulation de l’opération militaire.

Théâtre de violences avant et aprčs la fin officielle de la guerre en RDCongo (1998-2003), l’Ituri est encore une des zones les plus instables du pays. Plus de 15.000 ex-combattants rebelles ont participé au programme de désarmement et de réinsertion mais quelques milliers d’éléments armés seraient encore actifs; leur principale motivation, ont souligné ces derniers temps des sources citées par MISNA, est liée ŕ la gestion de trafics illicites, notamment dans le secteur minier et l’exploitation des ressources, qui profite aux compagnies étrangčres et aux gouvernements de pays voisins.



Last edited: 07/05/2006 02:11:54

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