A cause de cette insouciance de l'Etat, l'année scolaire démarre sur des bases malsaines
A cause de cette insouciance de l'Etat, l'année scolaire démarre sur des bases malsaines. En effet, la quasi-totalité des écoles ont promis de renvoyer des élčves non en rčgle avec les frais scolaires déjŕ perçus pendant les vacances.
Dans le secteur privé par exemple, oů l'éducation n'est qu'un commerce pour s'enrichir et oů le paiement du minerval détermine la réussite de l'élčve, les caďds qui y tiennent les parents en otage ont toujours fait prévaloir la loi ce la jungle. Une enquęte révčle que la plupart des ces écoles privées huppées avaient déjŕ perçu le minerval du 1er trimestre qui commence aujourd'hui au 15 juillet 2001, soit une dizaine de jours seulement aprčs la clôture de l'année scolaire. Il s'agit bien d'un racket organisé contre les parents, faibles face ŕ ces caďmans des écoles privées qui se comportent ainsi parce qu'ayant la certitude que l'Etat a cessé d'exister. A l'analyse, on peut se demander s'ils ont tort de croire ŕ une telle réalité dčs lors que l'Etat, de la maničre la plus officielle possible, demande aux parents ŕ qui il ne destine aucun salaire, de prendre en charge les enseignants de la maternelle jusqu'ŕ l'université !!!
Face ŕ cette démission gouvernementale, les congolais avaient investi leurs espoirs en ceux qui ont reçu pour mission le salut des âmes : les religieux. Mais lŕ aussi, la déception dépasse toutes les limites imaginables cette année. Męme le célčbre réseau conventionné catholique qui résistait jusqu'ici ŕ toutes les tentations vient de commettre un péché mortel. Les catholiques ont en effet hypothéqué le caractčre social de leurs oeuvres pour suivre le pas des privés. Les parents sont obligés de payer des sommes astronomiques allant jusqu'ŕ 20.000 FC rien que pour confirmer l'inscription de leurs enfants. Avec de tels frais de confirmation, quelle pourra ętre la hauteur du minerval proprement dit et ŕ quelle catégorie d'enfants un tel enseignement est-il destiné ?
Les écoles catholiques étant des oeuvres sociales et non un commerce, leurs gestionnaires devraient avoir un peu plus de coeurs s'ils ne veulent pas assumer la responsabilité de voir le Congo de demain devenir tout simplement une République des \"Shégués\". C'est vraiment avec gęne que nous confirmons qu'au terme de notre ronde, il s'est avéré que c'est effectivement dans les écoles catholiques -surtout celles tenues par des religieuses- que les gestionnaires sont plus impitoyables que les privés-commerçants\".
Nous avons pris au hasard deux échantillons pour étayer cette affirmation. Dans un lycée catholique de Lemba tenu par les soeurs de Saint Joseph de Chiny, le billet de vacances distribué depuis le 11 aoűt 2001 fixe la date limite du paiement des frais scolaires au 1er septembre 2001. Ce qui sous-entend que ne seront admises ŕ la rentrée scolaire que les filles dont les parents se seraient acquittés de ces frais. D'ailleurs les élčves non en rčgle sont considérées comme ne s'étant pas réinscrites.
Au Lycée Kabambare, le billet des vacances dit ce qui suit : Le montant ŕ payer vous sera communiqué le samedi 11 aoűt 2001 (...) Votre fille recevra un reçu qui lui donnera l'accčs ŕ l'achat des uniformes et au cours. Elle l'exhibera ŕ la grille d'entrée et ŕ chaque contrôle du lundi 3 septembre au mardi 31 octobre. Cela veut dire que le paiement des frais scolaires a eu lieu pendant les vacances et que le renvoi des élčves non en rčgle est automatique puisque celles-ci doivent présenter le reçu de paiement ŕ la grille dčs la rentrée scolaire.
Ces deux exemples qui illustrent parfaitement le comportement général des gestionnaires des écoles dans l'ensemble indiquent combien les parents sont exploités avec la complicité la complaisance de leurs propres \"Comités des parents\" devenus des caisses de résonance des promoteurs véreux des écoles. Il y a lieu que le gouvernement qui continue de dormir sorte de sa torpeur et arręte le dérapage. Cela fait partie de ses fonctions régaliennes. Qu'il s'agisse des écoles officielles, conventionnées ou privées, l'Etat est le seul ŕ élaborer la codification du secteur.
Pour revenir ŕ la rentrée scolaire d'aujourd'hui et les frais scolaires exigés aux parents avant l'accčs aux cours, le gouvernement doit prendre rapidement une décision interdisant cette pratique et fixer un délai au cours duquel les parents seront tenus de payer ces frais. Parce qu'en fait, la consistance de ces frais ne concerne pas le minerval, mais plutôt la prime de motivation. Celle-ci prend-elle seule prčs de 90% des frais exigés. Or, elle est du ressort de l'Etat et non des parents. C'est dans le souci de stopper l'effritement du niveau d'enseignement que les parents consentent ŕ payer cette prime de motivation. Mais les écoles, contre toute attente, au lieu d'avoir une attitude de reconnaissance envers les parents qui consentent d'énormes sacrifices ŕ la place de l'Etat, affichent maintenant une attitude de mépris ŕ leur égard.
Last edited: 07/05/2006 00:05:12