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Le précédent de l’épisode du vandalisme des rebelles du Mlc ŕ Bangui continue de peser sur les relations entre la Rdc et le Centrafrique au point que se maintient la rupture des échanges sur l’Oubangui entre la cité congolaise de Zongo et la capitale centrafricaine. Toutefois, considčre l’ambassadeur de la Rdc ŕ Bangui, Prof. Gaspard Mugaruka, le changement intervenu en mars 2003 en Centrafrique avec l’avčnement du président François Bozizé a été favorable aux relations entre les deux pays voisins

La réunion du Comité régional ministériel de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs a été une bonne opportunité pour s’enquérir des relations entre la République démocratique du Congo et la République centrafricaine. Relations qui ont été secouées par des événements qui se sont déroulés en Rca.

Professeur Gaspard Mugaruka-Hin-Mubibi, ambassadeur de la République démocratique du Congo a rejoint son poste ŕ Bangui juste au moment oů ces faits politiques se produisaient. Il est un témoin privilégié.

Professeur ŕ l’Université de Lubumbashi ŕ la Faculté de droit, il a été pendant plusieurs années Directeur de cabinet du gouverneur de la province du Katanga avant d’entrer dans la diplomatie en 1998 en qualité de conseiller d’ambassade au Kenya. Une année aprčs, il est nommé chargé d’affaires, toujours au Kenya et en 2000, il est Représentant permanent de la Rdc aux Nations Unies en Environnement et Habitat, ŕ Nairobi.

Il participe aux négociations inter-congolaises ŕ Sun City, en Afrique du Sud, avant d’ętre nommé en juillet 2002, ambassadeur de la République démocratique du Congo en République centrafricaine. La communauté congolaise de Bangui reconnaît en lui un dynamisme qui réhabilite l’image du Congolais en Rca aprčs les moments difficiles qu’elle a connus.

[i]M. l’ambassadeur, avez été témoin des événements qui se sont déroulés dans ce pays. Comment les avez-vous vécus ?[:i]

Je voudrais d’abord vous remercier d’avoir pensé vous entretenir avec nous. Pour ce qui est des problčmes liés aux événements qui se sont produits en Centrafrique, j’aimerais vous dire que je suis arrivé en Centrafrique en octobre 2002. J’ai vécu les événements liés ŕ ce que l’on appellerait le « premier coup raté » du président Bozize ainsi que les événements du 15 mars 2003. Pour ce qui est des événements d’octobre 2002, je parlerais plutôt des compatriotes congolais qui ont subit ces sévices consécutifs ŕ l’intervention des troupes du Mlc.

Au niveau de la cité, les populations Centrafricaines s’en étaient prises aux Congolais ŕ cause des exactions commises par les militaires du Mlc. Nous avons eu ŕ accueillir ŕ l’ambassade plus de trois mille de nos compatriotes qui s’y étaient réfugiés. Nous avons connu beaucoup de blesses des décčs mais aussi des naissances. Nous étions obliges de solliciter l’intervention de certaines organisations internationales, comme le Hcr, le Pam, surtout les amis italiens qui sont venus nous aider pour pouvoir encadrer nos compatriotes.

Il y a eu bien sűr l’intervention du gouvernement. Une grande délégation gouvernementale était arrivée ŕ Bangui. Ce qui nous avait permis de rapatrier certains compatriotes Jusqu’ŕ Zongo.

[i]Pouvez-vous dire si ces événements ont affecté d’une façon OU d’une autre les relations entre la Rdc et la Rca ? [:i]

Il faut reconnaître que le changement intervenu le 15 mars 2003 ŕ Bangui a été favorable en ce qui concerne l’état des relation, de la coopération entre la république démocratique du Congo et la République centrafricaine. Comme vous le savez, le président Bozize a tout fait pour que les choses puissent bien marcher de ce côté malgré la fermeture de la frontičre. Il a permis que les contacts les échanges entre les deux pays puissent continuer bien que la fermeture de la frontičre soit liée aux problčmes de sécurité. Pour le gouvernement Centrafricain, il faut que l’on arrive sécuriser la partie de l’Equateur qui était avant tout occupée par les troupes du Mlc avant que l’on puisse songer ŕ ouvrir les frontičres. Nonobstant ce problčme, les contacts existent. Un couloir humanitaire a été établi et il y a des embarcations qui continuent ŕ relier les deux rives du fleuve Oubangui.

[i]Comment expliquer alors ce sentiment de xénophobie que l’on observe ici ŕ Bangui oů l’on qualifie les Congolais de «  Banyamulenge » ? [:i]

En fait, ce problčme de Banyamulenge, comme vous le dites, remonte ŕ cette présence des militaires du Mlc, venus secourir Patasse. Il se fait que dans les troupes du Mlc engagées en Centrafrique, il y avait des rwandophones. Ce qui fait que tous les militaires du Mlc qui étaient venus étaient appelés Banyamulenge. Ces militaires ont eu ŕ commettre beaucoup de gaffes, notamment les cas de viol, de vol. Tout cela a eu des conséquences sur la vie de nos populations en Centrafrique. Ce qui fait que les Centrafricains, dans certains quartiers, se souviennent de ces exactions des troupes cm Mlc et adoptent une attitude vindicative ŕ l’endroit de nos compatriotes.

Mais depuis deux ans, on sent que l’autorité centrafricaine a fait un effort de conscientisation. Le président Bozize est revenu souvent dans ses discours sur ce fait et ŕ demande ŕ ses compatriotes de pouvoir vivre en paix avec les Congolais. De ne pas confondre les Congolais qui ont choisi la Centrafrique comme leur seconde patrie aux militaires de Bemba qui sont venus soutenir Patasse. Donc, depuis deux ans, les choses ont évolué et les Congolais ne sont plus embętés.

[i]A combien s’élčve la population Congolaise ici en Rca ? Quelle est votre priorité depuis votre arrivée ici et comment comptez-vous vous y prendre pour améliorer les relations entre la Rdc et la Rca ?[:i]

Les chiffres en notre possession sur le recensement sont ceux qui datent de 1997. Ces chiffres nous donnent les statistiques de 300 mille congolais vivant en Centrafrique.

A cette date, il y avait plus ou moins 40 mille Congolais pour la seule ville de Bangui. C’est pour vous dire que nous disposons d’une important colonie congolaise qui vit non pas seulement ŕ Bangui, mais aussi dans les autres villes centrafricaines.

Parlant des priorités, je tiens ŕ dire que quand je suis arrivé ici, il y avait un problčme de cohabitation au sein de la colonie Congolaise. Une rupture pour ainsi dire entre l’ambassade et la colonie congolaise. Les Congolais fuyaient l’ambassade ŕ cause du comportement de ceux qui travaillaient dans l’ambassade surtout qu’il ne s’intéressaient pas aux conditions de vie de nos compatriotes ici.

Mon premier devoir consistait ŕ rétablir la confiance entre la colonie congolaise et l’ambassade. J’ai relancé les réunions de la communauté et j’ai tout fait pour répondre certains besoins de la communauté congolaise. Notamment, en essayant de l’encadrer de la conscientiser, de l’éduquer pour qu’elle comprenne pourquoi que est ici ; comment elle doit vivre... etc.

La plupart des Congolais qui sont ici exercent des « petits métiers ». Vous avez des domestiques, des cireurs de souliers, des coupeurs de noix, des vendeurs aux marchés... et j’en passe. C’est donc une communauté qui a beaucoup de problčmes lesquels retombent sur l’ambassade obligée d’y trouver des solutions.

Alors, je me suis dit qu’il fallait amener la communauté ŕ se prendre en charge. C’est ainsi qu’en collaboration avec le Comite exécutif de la colonie, nous avons élaboré de petits projets qui permettent aujourd’hui ŕ la colonie de s’auto-financer, de subvenir ŕ ses besoins primaires.

Nous avons monté une savonnerie. L’ambassade a accepté des fűts d’huile, de l’acide caustique que l’on a mis ŕ la disposition de la colonie avec du matériel nécessaire, notamment des chariots pour que la colonie puisse monter une petite fabrique de savons. Aujourd’hui, elle est en train de vendre les premiers produits de cette fabrique et l’argent récolté est verse dans un compte ŕ la caisse d’épargne ouvert ici ŕ Bangui. Le deuxičme projet que nous sommes en train d’élaborer est la mise en circulation de quelques pirogues sur le fleuve. Nous avons réuni les moyens nécessaires pour acheter deux pirogues que nous allons lancer sur le fleuve tour exploitation par la colonie. Ce qui pourra permettre au Comité exécutif d’avoir un peu plus d’argent a fin de renflouer son compte au niveau de la coopérative.

Cet argent pourra aussi servir ŕ l’avenir en aide ŕ nos compatriotes qui sont engagés dans l’agriculture dans la préfecture de Bangui. La finalité est de créer une coopérative agricole au profit de nos compatriotes. Ces deux projets visent l’encadrement de nos compatriotes qui sont tant ŕ Bangui qu’ŕ l’intérieur de Centrafrique pour auto-financer des projets qui sont aussi ŕ l’intérieur de ce pays.

[i]Mais la frontičre est toujours fermée. Qu’en dites-vous ?[:i]

Des contacts existent avec les autorités centrafricaines. Le plus urgent est la reprise des travaux de la Commission mixte. Je ne doute pas un seul instant qu’ŕ ce moment une solution sur la frontičre soit trouvée. Bien entendu que les autorités centrafricaines attendent beaucoup du processus en cours dans notre pays. Les choses pourraient se précipiter avec la formation d’un nouveau gouvernement issu des élections. Car, il s’agit pas seulement de Zongo, mais du Nord et Sud Ubangi.

[i]Zongo est ŕ quelques coups de pagaie de Bangui. Etes-vous intéressé par ce qui se passe dans cette ville congolaise ?[:i]

Evidemment, j’entretiens de bonnes relations avec les autorités congolaises locales. Zongo vit des échanges avec la ville de Bangui, en important les fruits. Et surtout Zongo vit des frais de transit pour autant que cette ville frontaličre congolaise est beaucoup sollicitée. Tout récemment, je suis intervenu pour les marchandises des opérateurs économiques de Zongo bloqués ici en Centrafrique. Nous nous réunissons réguličrement sur tous les plans.

Lors du recensement du référendum constitutionnel, des arrangements oint été trouvés pour que les Congolais remplissent leurs obligations civiques. Donc, je m’intéresse de prčs ŕ ce qui se passe ŕ Zongo.

(FP)



Last edited: 07/05/2006 02:10:56

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