Les héritiers Dokolo crient au scandale, les immeubles de la Nouvelle Banque de Kinshasa (Nbk) vendus frauduleusement par le liquidateur privé Mupepe Lebo et ce, auprčs d’un seul acquéreur. Notamment, dans la Province Orientale, au Nord-Kivu ainsi qu’au Sud-Kivu. D’aprčs les spécialistes, la valeur des immeubles vendus avoisinerait la somme de 800 mille dollars américains
«Vente illicite des immeubles de la Nouvelle Banque de Kinshasa». C’est ainsi que titrait notre confrčre « Le Potentiel » dans son édition n°3645 du jeudi 09 février dernier. Dans cet article, notre confrčre s’était longuement étendu sur le processus de liquidation de la Banque Congolaise du Commerce Extérieur (Bcc), de la Banque de Crédit Agricole (Bca) et de la Nouvelle Banque de Kinshasa (Nbk).
S’agissant particuličrement de la liquidation de la Nouvelle Banque de Kinshasa, NBK, « Le Potentiel » est revenu sur les précisions données par les héritiers Dokolo, au cours d’une conférence de presse, en ce qui concerne la différence qui devra ętre faite entre la Nouvelle Banque de Kinshasa, entreprise publique en liquidation, et la Banque de Kinshasa, sociétés de droit privé dont feu Augustin Dokolo Sanu était actionnaire majoritaire.
A ce sujet, les héritiers Dokolo ont fait la mise au point suivante : « Notre famille ne s’oppose nullement aux opérations de liquidation de la Nbk en cours. Nous voulons seulement que, dans ce cadre, nos droits sur le patrimoine immobilier de la Banque de Kinshasa entreprise privée spoliée ne soient pas remis en cause ». Famille Dokolo affirme męme détenir « des preuves des aliénations frauduleuses de ces immeubles ».
En effet, d’aprčs des informations recueillies auprčs des intéressés, la vente desdits immeubles s’opčre dans un cafouillage indescriptible, en l’absence de tout appel d’offres comme c’est généralement le cas en pareille circonstance. On s’indigne dans la famille Dokolo que ces immeubles se vendrent ŕ vil prix et cela, malgré l’opposition aux imitations d’immeuble faite par elle auprčs des conservations des titres foncičrs. Bien plus , fait-on savoir, le liquidateur de la nouvelle Banque de Kinshasa est informé de l’examen de ce dossier par une commission spéciale des biens spoliés.
Déjŕ les Dokolo ont instruit leur avocat-conseil de saisir les instances nationales habilitées , en particulier la cour des compte et le Parquet Général de la République pour déposer les preuves. Par ailleurs, les héritiers Dokolo ont prévu qu’il pourraient éventuellement recourir aux instances étrangčres si jamais ils ne bénéficiaient pas de la protection de l’Etat congolais comme fut le cas avec leur défunt pčre.
Au cours de nos investigations, nous avons interrogé des personnes concernées de la famille et en fouillé l’abondance de la famille et en fouillé l’abondante documentation ayant trait ŕ ce dossier de liquidation de la NBK.
Nous avons ainsi découvert, par exemple, que les immeubles de la NBK situés dans la Province Orientale, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu ont été vendus par M. Mupepe Lebo. Parmi les immeubles de la Nouvelle Banque de Kinshasa vendus, on cite ceux situés dans les villes de Kisangani, d’Isiro, de Beni, de Butembo, de Goma et de Bukavu.
Le plus curieux dans cette affaire est que ces ventes, sensées ętre opérées dans le cadre de l’opération de liquidation, ont un seul acquéreur, un nommé Katembo Mbanga, président du conseil d’administration d’une coopérative dénommée « Coopec La Cruche » et dont le sičge se trouve ŕ Butembo, dans le Nord-Kivu.
D’aprčs des spécialistes, la valeur totale des immeubles vendus devrait avoisiner la somme de 1 million 800 mille dollars américains. Nos sources indiquent pourtant que M. Mupepe Lembo n’aurait encaissé des mains de l’acquéreur que la somme de 395.00 dollars américains.
A titre d’exemple, l’agence NBK de Beni et toutes ses dépendances, dont la valeur réelle est estimée ŕ au moins 200.000 dollars américains, a été « liquidée » au prix modique de 53.900 dollars américains en faveur du riche commerçant Nande Katembo Mbanga.
A propos de la vente des immeubles de la Nouvelle Banque de Kinshasa ŕ Beni, notre confrčre « Grognon » n° 571 du 14 février 2006 soulignait déjŕ que « Monsieur Mupepe Lebo (que notre confrčre qualifié de liquidateur-spoliateur) ne serait pas ŕ son premier coup en matičre de vente illicite des biens sous liquidation. Sans doute le satirique Grogon faisait-il référencer aux expériences connues par l’ONL et consorts.
Et notre confrčre laisse entendre que le liquidateur... « indépendant » Mupepe Lebo bénéficierait de l’appui de la haute finance nationale ainsi que de la complicité des intervenants parlant au nom de la maffia internationale.
Sinon comment peut-on le laisser agir ainsi alors que le dossier se trouve en instance de traitement au niveau de la Commission spéciale parlementaire des biens saisis et/ou confisqués. D’ailleurs, des parlementaires membres de cette Commission que nous avons abordés nous ont confirmé le refus ŕ l’époque par M. Mupepe Lebo de répondre ŕ leur convocation, estimant que seule la Banque Centrale du Congo était compétente en la matičre. Les męmes députés ont indiqué que le Gouverneur Masangu avait été longuement entendu au sujet du dossier Dokolo.
Ce qui choque, c’est que, pour les trois provinces ci-haut citées, les immeubles de la NBK en liquidation aient été tous achetés par un męme individu. Dans l’hypothčse oů les prix de vente auraient été volontairement minorés sur les actes de vente et que des commissions occultes ont été versées, qui ont-elles profité ? Est-ce ŕ la Banque Centrale du Congo ? Est ce au Copirep ? Est-ce au liquidateur-indépendant lui męme et ŕ ses éventuels complices ? Personne ne le sait encore. Mais c’est le genre de dossiers qui, sous d’autres cieux donnerait matičre ŕ une commission d’enquęte des instances compétentes (parquet, Cour des comptes, BCC...).
L’on comprend pourquoi, informés de ces ventes maffieuses, les anciens agents de la NBK des villes de Butembo, Beni, Goma, Bukavu, Isiro, Bunia et autres ont organisé des marches de protestation.
Si le liquidateur Mupepe Lebo, qui se dit indépendant, se cache derričre la Banque Centrale, doit-on croire que c’est celle-ci qui couvre ses actions ?
Dans tous les cas, la RD.Congo n’a plus besoin de ces pratiques. La nouvelle Constitution de la République consacre en effet la propriété privée. Notre pays ne jouira d’aucune crédibilité si ceux qui le dirigent, toute honte bue, n’ont d’autre zčle ŕ démontrer que celui des détournements des deniers publics, des assassinats gratuits, de l’enrichissement sans cause, de l’immoralité grossičre, alors qu’ils sont attendus sur le terrain plus noble de la technicité, de la bonne gouvernance, de l’intégrité personnelle, du travail bien fait, de l’honneur ou des affaires florissantes.
Last edited: 07/05/2006 02:10:50