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Bonjour | 04/07/2008 17:56 | English Make DC Home page | RSS feed

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La cité de Lodja dans la province du Kasaď Oriental, fief que l’actuel ministre de la Défense Adolphe Onusumba partage avec plusieurs autres acteurs politiques ressortissants du męme coin, est en proie ŕ un quadrillage d’hommes en armes ŕ la solde du ministre. Beaucoup de questions se posent sur les louches visées de ces mančges de l’autorité responsable de la Défense nationale

Le Ministre de la Défense a mis ŕ contribution ŕ Lodja un escadron de la terreur commando comprenant: le Major Gere (commandant 511čme Bon), le Major Basenga (affecté ŕ la gestion du chantier d’Onusumba ŕ Lodja) et les Lieutenants Philo Kasika et Alli Tunnunge du S2, tous anciens de l’Anc-Rcd Goma sous les ordres d’un civil, André Tosumba, pour terroriser ceux qui critiquent ses plans de déstabilisation du pays. Haute trahison ou délit du droit commun ?

Avant męme que ne sčche l’encre de la signature du Président de la République Joseph Kabila Kabange, sur le texte de la nouvelle constitution RD Congolaise, celle-ci a déjŕ été violé, délibérément par un des ministres du gouvernement de transition, le Rcd Adolphe Onusumba Yemba aux dépens des paisibles populations de Lodja au Kasaď Oriental. C’est en effet dans la soirée du 18 février, jour de la cérémonie de promulgation solennelle de la nouvelle constitution ŕ laquelle avait pris aux côtés de tous les corps constitués que le ministre de Défense nationale, démobilisation et anciens combattants a littéralement craché sur les dispositions de l’article 187 alinéa 2 et 188 de cette Loi des lois, lesquelles consacrent d’une part les missions exclusivement de défense de l’intégrité du territoire national et des frontičres des Forces armées de la République démocratique du Congo et, d’autre part, leur apolitisme et l’interdiction, sous peine de haute trahison de les détourner ŕ des fins privées.

Les traits

Lorsque le 13 février 2006, des médias paraissant ŕ Kinshasa dénoncent « des caches d’armes ŕ Kole, Lodja et Lomela au Sankuru et accusent le ministre Rcd de la Défense d’avoir stocké du matériel militaire dans ces territoires pour aider les extrémistes de son parti ŕ entretenir de nouvelles pseudo-rebellions en cas de déroute électorale des pro-rwandais, les populations de ces trois entités s’émeuvent ŕ juste titre. Les associations communautaires ŕ Kinshasa se sont réunies pour interpeller la classe politique et en particulier les responsables incriminés. Sur place au Sankuru, l’énervement était ŕ son comble. Les journaux en question, notamment nos consśurs de la Référence, la Manchette, la Tribune, la Prospérité et Forum des As envoyés par les frčres de Kinshasa seront multiplies, photocopiés voire recopies ŕ la machine ŕ écrire et largement achalandés ŕ Lodja. Un tract dénonçant des dirigeants locaux du Rcd (dont une religieuse bien connue) qui « cacheraient les armes d’Onusumba » interpellait en męme temps le colonel Mahata, commandant la 51čme brigade en place ŕ Lodja sur l’appartenance ou non aux troupes réguličres de son unité d’éléments ex-Anc (ancienne branche armée du Rcd-Goma) affectés en permanence dans les chantiers et le bateau du ministre Onusumba comme le tristement célčbre Major Bosenga, coordonnateur des expéditions punitives et autres basses oeuvres de Adolphe Onusumba ŕ Lodja.

L’agitation sera ŕ son comble lorsqu’on apprendra que Onosumba s’apprętait ŕ effectuer un voyage éclair sur Lodja dimanche 19 février 2OO6. « Il vient sűrement pour effacer les traces de son forfait et chercher ŕ nous intimider », décrčte un activiste des Droits de l’Homme sur les ondes de la radio locale Losanganya. Il ne croyait pas si bien dire.

Des 21 heures, un groupe de militaires obéissant aux ordres d’un certain André Tusumba, un proche du ministre Onusumba va procéder ŕ l’enlčvement du jeune Frank Onaheta, militant de la Convention des Congolais Unis, Ccu, parti cher au Rapporteur général du Sénat Lambert Mende. Son crime : ętre en possession de quelques coupures de journaux reprenant les turpitudes reprochées au ministre de Défense. Vers 1 H 15’ du matin, c’est au tour de la famille de l’Honorable Mende lui-męme de recevoir le commando de 8 militaires, tous anciens de la branche armée du Rcd-Goma, commandés par Tusumba. Ils molestent tous les habitants et amčnent sans titre aucun Justin le jeune frčre du sénateur non sans avoir au préalable pillé en rčgle la résidence sous Prétexte de « perquisition » (sans mandat).

Une heure plus tard, un peu aprčs 2 heures du matin, le commando d’Onosumba se rend chez l’inspecteur d’enseignement Jean Yema, un notable honorablement connu de la place mais qui a le « malheur » d’ętre le Président provincial de la Ccu de Mende. Devant femme et enfants, Yema est fouetté jusqu’au sang avant d’ętre emmené corps et biens vers le lieu du supplice qui n’est autre que... le Bureau 2 (renseignements militaires) de la 51čme brigade des Fardc. Dans la matinée du 19 février, inconsolable de ce que leur patron venait de leur annoncer l’annulation de sa descente ŕ Lodja, Tusumba et sa bande, cette fois accompagné de deux pelotons d’éléments de 5lčme brigade vont se rendre en expédition punitive au studio de Radio Losanganya, propriété de l’Ong Sydecan, proche de Lambert Mende. Ils y enlčveront Albert Diheka, haut cadre de la Ccu et une demi-douzaine de militants. Torturés ŕ l’arme blanche, les suppliciés vont rejoindre les autres ŕ la 5lčme brigade.

Des ordres sans équivoque du ministre de la Défense

Aucun doute n’est permis, c’est Adolphe Onusumba en personne qui a commandité et encadré ce qui ne peut ętre considéré rien moins que comme une offensive de terreur contre ses contradicteurs ŕ Lodja et particuličrement contre la Ccu de Lambert Mende Omalanga. Véritable homme ŕ abattre pour l’ex-rébellion pro-rwandaise qu’il quitta avec fracas au début de l’an 2000, l’ancien Vice-Premier Ministre du gouvernement Kengo ne rate pas une occasion de dénoncer dans les médias ou au parlement les projets funestes de la phalange extrémiste de ce mouvement dont Onusumba est un des pions majeurs. Ceci explique-il cela ?

Quoiqu’il en soit, le Ministre de la Défense avait, selon notre correspondant particulier ŕ Lodja, contacté au cours de la nuit fatidique du 18 février un certain nombre d’autorités dont le nouvel Administrateur chef du territoire, Monsieur Stanis Mvilalodi pour exiger « un interrogatoire immédiat des auteurs de tracts contre moi qui vient d’ętre mis aux arręts ». Administratif jusqu’a la moelle, le chef du territoire de Lodja préférera attendre une plainte en bonne et due forme et insistera sur le respect de la procédure, notamment en matičre des heures d’arrestations et du personnel chargé quant ŕ ce. Mécontent et impatient, Onusumba confiera le « contrat » au commando animé par le duo Tusumba-Major Basenga, fait constitutif en droit d’un détournement des forces armées de la Rdc ŕ ses fins propres. « Que Onusumba n’ait pas apprécié le contenu des journaux et tracts distribués ou lus par les gens ŕ Lodja est un droit mais lŕ oů le bât blesse c’est lorsque, profitant de sa position de Ministre de la Défense il essaie de se faire justice tout en détruisant du matériel radiophonique pour faire taire un rival politique », nous déclare un avocat spécialiste du droit public.

Justice doit ętre faite

Lambert Mende, joint par nos rédactions s’est dit « étonné et choqué » par le comportement inqualifiable de son « frčre » Onusumba dont il confirme l’implication personnelle aprčs vérifications. « Il s’est permis d’envoyer des soudards violer l’intimité de ma famille ! Je ne sais pas quelle dialectique politicienne pourrait permettre cela. Il va de soi que j’ai instruit mes avocats de saisir la justice pour que quiconque a une part de responsabilité dans les enlčvements, les pillages et les tortures de cette nuit en rende compte, et ce, ŕ quelque niveau de la hiérarchie sociale qu’il se trouve », a-t-il déclaré.

Un confrčre témoin du dernier séjour chahuté d’Onusumba au Nord-Kivu (Rutshuru) ne dit pas autre chose : « Les faits et gestes de ce ministre contre la République peuvent ętre considérés comme la conséquence de l’impunité qui rčgne dans notre pays », estime-t-il. « Aprčs le niéme deuil infligé aux populations congolaises de l’Est, Onosumba s’est permis sans l’aval de la hiérarchie, d’offrir le « pardon » aux mutins de la 83čme brigade. Pourquoi ce pardon répétitif ŕ des fossoyeurs impénitents de la paix et de la sécurité sans qu’ils daignent męme le solliciter ? ». Et de noter que « derechef, ces fameux « pardonnés » se font le plaisir malin d’exiger le maintien de leur brigade au Nord-Kivu contre le bon sens et les rčgles militaires ».

Evidemment il n’est nul besoin de grandes cogitations pour se rendre compte qu’ŕ Rutshuru comme ŕ Lodja, le ministre Onusumba se livre ŕ ces dangereuses excentricités dans le but de peaufiner son image de « bon élčve » devant la hiérarchie de son mouvement et les maîtres extérieurs de celui-ci.

Justice ŕ deux vitesses et impunité

Lors d’une récente rencontre avec John Ralston, directeur exécutif de l’Institut international pour les enquętes criminelles, Onusumba avait pris l’engagement de « fournir tous les efforts nécessaires pour que la justice fonctionne au sein des Forces armées », jurant męme au passage de combattre l’impunité avec détermination. Force est de constater que ce n’étaient lŕ que des proclamations opportunistes pour la galerie. Peut-ętre a-t-il renoncé ŕ cet engagement par souci d’unité idéologique au sein du Rcd-Goma. On sait en effet que Maître Azarias Ruberwa, président de ce parti et vice-président de la République est le chantre du pardon inconditionnel des mutins et autres criminels militaires dčs lors qu’ils appartiennent ŕ sa coterie...

Lutte contre l’impunité ? Pour avoir contribué ŕ lever un coin du voile sur le dernier feuilleton en date du renégat Laurent Nkundabatware, le Colonel She Kasikila a été sanctionné par la puissance ministérielle d’Onusumba sous le faux prétexte qu’il (Kasikila) aurait été l’instigateur de la lapidation du ministre par la population de Rutshuru. On peut en outre rappeler les menaces téléphoniques subies par le męme colonel She Kasikila de la part d’une haute personnalité du Rcd, et de la République, pour avoir révélé au monde l’existence de fosses communes dans sa juridiction militaire. Inutile de raviver les douloureuses péripéties du męme ordre vécues par le Général Niabiolwa, alors commandant de la l0čme région militaire ŕ Bukavu.

Les Congolais, et nombre de nos partenaires ŕ l’étranger s’interrogent : « Pourquoi sanctionne-t-on toujours les actes de patriotisme alors que les ennemis de la patrie se voient sont primés pour leurs crimes ? Le Rcd tellement morveux qu’il se mouche ŕ tout bout de champ pčse-t-il aussi lourd sur la balance des forces internes qu’il emporte dans sa perfidie l’ensemble du gouvernement pour le dévoyer ? » En tout état de cause, l’on doit cesser de s’abriter derričre le « 1+4 », c’est-ŕ-dire un exécutif multicéphale pour abandonner la Nation au péril. Par ailleurs, quel exemple de justice notre gouvernement, l’Etat-Major général et la Justice Militaire donnent-ils en punissant sévčrement les anciens éléments du Mlc auteurs de viols et de pillages ŕ Soyo Mbongo (Equateur) s’ils renoncent ŕ sanctionner des abus aussi flagrants que ceux dénoncés ŕ Rutshuru et ŕ Lodja?

En un mot comme en cent, les Congolais sont en droit de se demander pour qui roule Onusumba. Ou plutôt, ŕ la lumičre de ses agissements, pourquoi s’évertue-t-il ŕ rouler contre son peuple?



Last edited: 07/05/2006 02:09:35

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