Une menace d’explosion de la situation dans le Nord et le Sud-Kivu ŕ la veille des échéances électorales est dénoncée par le groupe des députés et sénateurs des territoires de Fizi, Mwenga et Uvira
Notre oeil a vu! Notre oreille a entendu! La mémoire a enregistré. Et c’est au vu et au su de tout ce qui suit que Nous, Honorables députés et sénateurs des territoires de Fizi, Mwznga et Uvira exprimons notre vive inquiétude sur la situation qui prévaut actuellement dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu particuličrement dans les territoires ci-haut mentionnés. Depuis le début de la transition en République Démocratique du Congo, nous avons assisté dans ces territoires:
1. au maintien et au renforcement des milices Mongols du gouverneur Serufuli du Nord-Kivu sous l’oeil apparemment indifférent, mais en réalité bienveillant et encourageant du Gouvernement;
2. ŕ la distribution massive des armes et des munitions de guerre par ce męme Serufuli ŕ travers son ONG: Tous Pour le Développement, en abrégé TPD. Et si le Conseil de Sécurité de l’ONU en a exprimé quelque inquiétude, le gouvernement 1+4 est demeuré de marbre;
3. ŕ la recrudescence des infiltrations des troupes rwandaises, burundaises et des mercenaires somalien et Erythrée sous uniformes FARDC reçus de la 8čme région militaire et des tous les officiers Rcd affectés le long de la frontičre rwandoburundocongolaise;
4. au refus catégorique et persistant des militaires rwandais dits « rwandophones » au Nord-Kivu et « Banyamulenge » au Sud-Kivu de se brasser avec les autres hommes de troupe congolais. Ils constituent jusqu’aujourd’hui au Nord et au Sud-Kivu des îlots ethniquement homogčnes au sein de la soi-disant 8č Région militaire des Fardc, unité dont les officiers n’obéissent qu’aux seuls ordres des commandants rwandais ou issus du RCD;
5. ŕ la mise ŕ sac et au pillage de la ville de Bukavu par les męmes « rwandophones » dont les chefs caracolent allégrement et arrogamment dans nos villes et nos cites malgré le pseudo-mandat d’arręt international décrété contre certains d’entre eux;
6. aux assassinats ciblés accompagnés de viols des mčres et des filles mineures, des mutilations des populations civiles et autres violations des droits humains sous instigation des responsables provinciaux ou par le fait de leurs congénčres et alliés, les réfugiés rwandais armés communément appelés FDLR;
7. ŕ la disparition, au saccage et ŕ la destruction des kits d’identification par les « Banyamulenge » dans les localités de Chanjovu et de Muranvya sur les hauts plateaux au-dessus d’Uvira dans un silence pudique et embarrassé du Gouvernement, de la CEI et de la MON UC. Tous ces crimes, atrocités, exactions et autres violations des droits humains sont connus, mais tolérés par le gouvernement et le CIAT qui savent, ferment l’oeil et laissent pourrir. Est-il besoin de dire que le silence et le laxisme dans le chef de ces deux institutions constituent ni plus ni moins une caution tacite et sans ambiguďté ŕ la persistance de tels comportements?
Bien mieux, au lieu de sécuriser les populations, le Gouvernement et les fonctionnaires onusiens donnent la nette impression de :
- privilégier tout ce qui concourt ŕ la recrudescence de l’insécurité et de la déstabilisation de l’Est du pays plutôt que ce qui contribue ŕ accélérer et conforter le processus de paix dans la région.
- s’occuper davantage de la protection et de la sécurisation des criminels au détriment de celles des paisibles populations civiles innocentes.
Nous ne citerons ici que l’exemple de Rutshuru oů les fonctionnaires de la MONUC se sont acharnés contre le commandant MAI-MAI, JACKSON, notoirement connu dans la région pour ses efforts ŕ endiguer l’infiltration des troupes rwandaises vers NYAMIRIMA, ISHASHA, BURAMBA, NYAKAKOMA, ainsi que le long de la frontičre ugando-congolaise.
Aprčs le retrait de ce dernier sous la pression conjuguée du gouvernement et de la MONUC, son remplacement par un autre MAI-MAI, le colonel SHEKASIKILA n’a pas fait l’affaire des ennemis de la paix en RDC. Ceux-ci lui ont d’abord tendu une embuscade, ŕ laquelle il a échappé; il a męme fait des prisonniers qui ont dénoncé les commanditaires de ce coup.
Au lieu de poursuivre les coupables dont certains sont des responsables politico-administratifs et militaires du Nord-Kivu, c’est aujourd’hui le vaillant colonel SHEKASIKILA, qui est accusé d’ętre en intelligence avec l’ennemi, ceux-lŕ męme qui voulaient le tuer. Il se retrouve en ce moment en détention ici ŕ Kinshasa attendant son jugement comme « traître »
Comprenne qui veut !!!
L’arrestation arbitraire de certains commandants MAI-MAI: le colonel Georges ALUNDA, le Lt. colonel NAKIRIBA (ŕ Bukavu), etc; la décolonisation, la destruction et le démantčlement de leurs éléments affectés le long de la frontičre rwando-burundo-congolaise pour endiguer les infiltrations ennemies, font partie d’une vieille stratégie qui a fait l’objet d’un vieux pacte sur l’éradication de toute velléité de résistance en RDC.
Alors qu’aucune expédition militaire n’a été entreprise contre les Interahamwe qui massacrent, mutilent, violent et pillent; ni contre les pilleurs et les incendiaires de la ville de Bukavu, des expéditions militaires ont été entreprises et menées, en revanche contre Jackso (Nord-Kivu), contre Abou et Zabuloni (Sud-Kivu), tous commandants Patriotes Résistants Maď-Maď parce que fidčles ŕ leur pacte de sang avec le peuple congolais, pour la défense de son unité, de son intégrité territoriale et de sa souveraineté.
Sublime et supręme prime au crime et ŕ la trahison, le Gouvernement prépare aujourd’hui un décret instituant officiellement un tutsi land sous l’alibi de territoire de Minembwe, au mépris de la constitution et de toute la procédure légale et administrative en la matičre, procédure exigeant qu’il y ait préalablement enquęte administrative, consultation des populations concernées et avis des assemblées locales avant le vote de l’Assemblée Nationale.
Comme on le voit, il ressort clairement de tout ce qui précčde que l’objectif de cette fameuse transition n’était pas de ramener la paix en RDC, de rétablir son unité et l’intégrité de son territoire, mais plutôt de corriger l’échec militaire de l’agression en poursuivant discrčtement l’objectif premier de cette agression: liquider la RDC et la rayer de la liste des Etats indépendants et souverains de l’Afrique.
Tout le reste n’était que mascarade et écran de fumée pour masquer cet objectif unique et principal, le seul vrai et réellement poursuivi par la guerre d’agression.
Pour preuve, aucun objectif apparent n’a été atteint: l’armée et la police n’ont jamais été intégrées; les services administratifs n’ont pas été unifiés; l’intégrité territoriale n’est toujours pas rétablie: Goma n’est-il pas toujours sous le joug de la république rwandaise?
En réalité, l’avčnement des échéances électorales place enfin la RDC ŕ la croisée des chemins:
A sa gauche, les fossoyeurs de l’Etat congolais avec l’appui de la toute puissante mafia financičre internationale. Ils bossent d’un et ferme pour enterrer l’Etat congolais au plus profond des entrailles de la terre. A sa droite, les sauveteurs, patriotes et négrophiles de tous bords qui tentent désespérément de sauver les meubles en dépit de la trahison de bon nombre de nos propres frčres.
S’agissant des Honorables Députés et Sénateurs des territoires de Fizi, Mwenga et Uvira, ils rappellent au Gouvernement et aux fonctionnaires onusiens, que si ces territoires ont pris des armes, O’est pour s’opposer ŕ l’occupation de leurs terres par les prédateurs rwando-ougando-burundais.
Ils n’accepteront donc jamais que leurs ternes soient cédées en prime aux criminels de guerre, ceux-lŕ qui ont pillé, violé et massacre plus de 4 millions de leurs filles et fils. Ils ne s’associeront et ne cautionneront aucune imposture, d’oů qu’elle vienne qui tenterait d’ériger en Tutsiland le patrimoine hérité de leurs vénérés ancętres. Ils se rallieront ŕ leurs populations pour s’y opposer de la maničre la plus énergique et par tous les moyens en leur pouvoir. Toujours dans la logique de préserver une paix sociale pour tous et le respect du droit légitime et séculaire d’un chacun.
Les Honorables Députés et Sénateurs des territoires de Fizi, Mwenga et Uvira rappellent au Gouvernement congolais que les liens entre l’Etat et ses citoyens, constituent un CONTRAT SOCIAL. Qui dit contrat, dit DROITS ET OBLIGATIONS mutuels. Si l’Etat, dont nous avons préservé l’unité et l’intégrité au prix de notre sang veut qu’on continue ŕ reconnaître ses droits, il doit sonner ŕ reconnaître également les droits des populations autochtones et ses obligations vis-ŕ-vis de celles-ci.
Si par contre le gouvernement opte pour l’institutionnalisation et Imposition de la loi de la jungle, et qu’il continue ŕ se croire le droit unilatéral de livrer nos populations ŕ leurs bourreaux, il aura lui-męme fait son choix et il en assumera seul la responsabilité devant Dieu, la nation congolaise et devant l’histoire. Une chose demeure sűre: les autochtones de ces territoires ne consentiront ŕ aucun prix que leurs terres soient érigées en Tutsiland.
Tel est le message des populations des territoires de Fizi, Mwenga et Uvira ŕ tous les patriotes congolais du Pays et de la diaspora.
A tous et ŕ chacun, ŕ ceux du Bas-Congo, de Bandundu, de l’Equateur, des deux Kasai, du Maniema, de la Province Orientale, de Kinshasa, Masina, N’Djili ; Kingasani, Matete, ... ŕ tous nous disons débout, la Patrie est menacée, aujourd’hui c’est Uvira, Mwenga et Fizi, demain ce sera le Bas-Congo, le Kasaď, etc.
Débout, chers Compatriotes, il y a péril en la demeure.
Fait ŕ Kinshasa, 15 février 2006
Pour Députés et Sénateurs
des territoires de Fizi, Mwenga et Uvira,
Honorable Mahano ge Mahano et compagnie
Last edited: 07/05/2006 02:09:15