Une conférence internationale sur les foręts tropicales s’est ouvert mardi aux Etats-Unis. Outre l’Amazonie et le bloc forestier asiatique, les foręts du bassin du Congo sont au centre de ces concertations qui visent la gestion durable de ces écosystčmes
Les foręts tropicales du bassin du Congo sont particuličrement en danger du fait de la déforestation due ŕ la pauvreté des populations riveraines. Les plus grands pollueurs du monde n’offrent pas assez pour la protection de ces biotopes pourtant boucliers du réchauffement de la plančte. Dans le Bassin du Congo 800.000 hectares de bois sont détruits chaque année. La République démocratique du Congo qui regorge 57% des foręts du Bassin du Congo est concernée par cette question.
Les Etats-Unis abritent une conférence internationale sur les foręts tropicales du monde. Cette rencontre réunit outre les personnalités gouvernementales et scientifiques, les organisations oeuvrant dans la protection de l’environnement. Ces assises ont pour objectif principal la gestion durable de trois blocs forestiers du monde, ŕ savoir celui de l’Asie, l’Amazonie ainsi que le Bassin du Congo. Ces écosystčmes, chacun ŕ des degrés divers, sont sous la pression conjuguée de la croissance démographique et du développement économique et de la pauvreté des populations riveraines. C’est le lieu de jeter un regard sur les foręts tropicales du Bassin du Congo, deuxičme plus grande région des foręts anciennes tropicales au, monde, aprčs l’Amazonie.
Il sied de préciser que le Bassin du Congo regroupe le Cameroun, le Gabon, la Guinée Equatoriale, le Congo-Brazzaville, la Rdc, et la Centrafrique. Le Bassin du Congo, en particulier la Rdc, abrite une biodiversité exceptionnelle plus de 11000 espčces de plantes, 409 espčces de mammifčres, 1086 espčces d’oiseaux, 152 espčces de serpents et 1069 espčces de poissons... Toutes ces biodiversités sont réparties sous les frondaisons des 184 millions d’hectares de foręts humides et des 20 millions d’hectares de foręts marécageuses du bassin du fleuve Congo.
Bouclier au réchauffement de la plančte
Le premier gain de la préservation du Bassin du Congo est que ce massif forestier constitue un vrai bouclier contre le réchauffement de la plančte. Pour cette raison les pays abritant ce massif forestier devraient bénéficier des fonds nécessaires en guise de compensation en vue de mieux le gérer et lutter notamment contre la déforestation.
Toutes les statistiques de la Banque mondiale, pour le cas de la Rdc, indiquent que la premičre cause de la déforestation est la coupe de bois de chauffe par les populations, la culture sur brűlis sans compter les feux de brousse et autres comportements marginaux dans l’exploitation des ressources ligneuses.
Ainsi la Rdc, ŕ l’instar des autres pays du Bassin du Congo n’a de cesse de réclamer que les grands pollueurs, qui ne sont autres que les Etats les plus industrialisés du monde, octroient des fonds pour une gestion durable de ce bloc forestier. Cette gestion durable passe nécessaire par la lutte contre la pauvreté des populations vivant dans l’environnement immédiat de ces biotopes.
Car, c’est la pauvreté des communautés riveraines qui est ŕ la base aussi bien de la déforestation que de l’exterminations des espčces tant animales que végétales de ces écosystčmes.
Mobilisation des chefs d’état
Dans son allocution au sommet de Brazzaville, organisé par la Commission des foręts d’Afrique centrale (Comifac), le président de la Rdc, Joseph Kabila, déclarait qu’il n’y aura pas de gestion durable des foręts du Bassin du Congo sans une lutte efficace contre la pauvreté des populations autochtones.
Par la męme occasion, les autres chefs d’Etat de la Comifac ont plaidé pour la compensation dont leurs Etats devraient bénéficier dans leur engagement pour la préservation de ce bassin.
La Conférence de la Comifac s’est tenue en février 2005 ŕ Brazzaville et avait réuni la France, en sa qualité de pays coordinateur du partenariat entre l’Afrique centrale et le G8 pour une meilleure gestion du Bassin du fleuve Congo, les deux Congo, le Cameroun, la Rca, le Gabon, la Guinée Equatoriale, le Tchad et enfin Sao Tome et Principe. Ces Etats du Comifac s’étaient engages ŕ Yaoundé, le 17 mars 1999, ŕ cogérer ce patrimoine forestier universel, vital, non seulement pour les populations qui l’habitent, mais aussi pour la plančte tout entičre.
( Il faut agir, et agir vite pour sauver les forets tropicales du Bassin du Congo menacées par la déforestation », avait déclaré ŕ ce sommet le président français, Jacques Chirac.
A cette occasion, il avait fixé comme « objectif prioritaire » La lutte contre le commerce illicite du bois tropical pour préserver ce bassin forestier. « Les foręts tropicales, on le sait, sont les réservoirs les plus riches de biodiversité de la plančte. Dans le bassin du Congo, chaque année, 800.000 hectares de foręts sont détruits.
Un rythme qui va s’intensifier sous la pression conjuguée de la croissance démographique et du développement économique », avait, ŕ cette époque, averti Jacques Chirac.
De męme, au sommet de Brazzaville il avait été préconisé de renforcer la surveillance d’abord en foręt afin de lutter contre les coupes illégales, mais aussi dans les ports oů les contrôles douaniers devraient ętre plus nombreux. « L’environnement et le développement vont ici de pair », notait le président français, estimant qui il faut concilier « conservation des espaces les plus remarquables et exploitation durable du bois »
Pour sa part Omar Bongo, le président du Gabon, avait demandé ŕ la communauté internationale de « compenser » les coűts supportés par les Etats de la région s’ils protégent ces foręts utiles ŕ la plančte entičre. « A ce jour nos Etats ont su préserver ce patrimoine sans compensation. La préservation de la foręt prive nos Etats de ressources mais notre dette est toujours lŕ et de plus en plus lourde », avait soutenu le président Bongo.
(FP)
Last edited: 07/05/2006 02:08:56