Il est producteur de musique. Avec sa maison « Kintronz Trading Corporation » (KTC) spécialisée également en import-export, Jossart Balezi qui a déjŕ travaillé avec Madilu dans le cadre de «Le Tenant du titre » offre actuellement ses services au musicien Guy Moller avec qui il se prépare pour larguer l’album « Mot de passe ». Croyant en l’avenir de la musique congolaise, cet opérateur économique et culturel ouvre son cśur aux visiteurs de digitalcongo.net
MMC : Présentez-vous d’abord aux visiteurs de notre site.
JB: Je réponds au nom de Jossart Balezi, je suis le patron de la maison Kintronz Trading Corporation, KTC en sigle.
MMC : KTC, c'est aussi le titre de la chanson que vous a été dédiée par Madilu dans l'album \"Le Tenant du titre\" dont vous ętes le producteur.
JB: Exactement, KTC est devenu aussi mon deuxičme prénom puisqu’il y a de gens parmi vous les journalistes qui préfčrent m'appeler comme ça.
MMC : Voulez-vous, cher Jossart, nous parler un peu de la promotion de cet album ?
JB: La promotion de cet album va trčs bien puisque les clips passent presque sur toutes les chaînes de radio et de télévision ŕ Kinshasa. Męme s’il y a quelques temps mes détracteurs voulaient me faire passer pour quelqu’un qui ne sait pas faire de la promotion. Maintenant tout cela appartient au passé. Ils sont confondus. Pour preuve mon album fut sorti sur le marché de disques depuis le 30 avril 2004 et aujourd'hui avec le lancement de ses clips, nous sommes au top du classement oů nous sommes parmi les meilleures ventes. Nous occupons une bonne place au top des 10 meilleures ventes. A Kinshasa, nous occupons parfois soit la 6čme, soit la 7čme place au classement des hit-parades.
MMC :Peut-ętre parce qu’il s’agit de Madilu.
JB: Heureusement, lui au moins il fait des chansons qui s’imposent dans le hit-parade. C’est le cas de \"Juste un peu d'amour\" ou de \"Le tenant du titre\"...
MMC : Parlez un peu de votre maison
JB: J'ai crée ma maison, KTC il y a de cela 4 ans, nous sommes dans l'import-export des produits de premičre nécessité, nous faisons aussi de la production qui est un secteur parmi tant d'autres. En plus, nous sommes en train de monter un autre business sur internet dont vous verrez bientôt la publicité. Bref KTC est une maison multi-services.
MMC : Pourquoi vous avez accepté le métier de producteur qui comme vous le savez, comporte beaucoup de risque, surtout avec la musique congolaise qualifiée de monotone.
JB: Merci pour votre pertinence, il faut comprendre qu'il n’y a plus beaucoup de producteurs qui acceptent de prendre le risque dans ce métier. Comme vous venez de le dire, il n'est un secret pour personne que la musique ne paie pas bien actuellement. Alors faut-il laisser sombrer notre musique ? Et la monotonie ? Nous faisons l’effort de dire ŕ nos musiciens de penser ŕ composer autrement, toutefois, la monotonie n'est pas l'apanage de la seule musique congolaise ; en France, aux USA c'est aussi pareil.
MMC : Combien d'artistes- musiciens avez-vous déjŕ produit et lesquels, et quel est celui qui vous a apporté le bonheur, combien d'exemplaires de son oeuvre vous avez produit et vendu.
JB: J'ai commencé avec un groupe de rap aux Usa \" The raiser's\" mais celui-ci est peu connu du grand public, j'ai produit Wazekwa au Village Bercy dans la commune de Limete ŕ Kinshasa et aprčs, j'ai produit Madilu au Cinémax (actuellement Cinépolis dans la commune de la Gombe) toujours dans cette ville et ensuite, j'ai produit son album du dernier cité, \"Le Tenant du titre\". Cette śuvre est accompagnée des clips. Par la suite, j'ai produit la sśur Betty avec son album \"Koba kaka\". Ses clips seront bientôt disponible. Je produis aussi un groupe de théâtre dénommé \"Nouvelle tendance de Jeremie\". Pour le moment, je me concentre sur l'album \"Mot de passe\" du jeune Guy Moller qui va bientôt sortir. Par ailleurs, toutes les oeuvres que j'ai produites m'apportent du bonheur puisqu'elles sont inscrites dans l'histoire de mon pays et portent mon cachet. Par contre, je me garde de parler du nombre d'exemplaires que j’ai vendus et de l'argent qu'elles me rapportent.
MMC : Vous dites que vous produisez Guy Moller. Quel est le titre de son Album ? avec combien de chants, dans quel studio va- t-il ętre réalisé et avec combien d'exemplaires ?
JB: Guy Moller c'est mon artiste que je vais bientôt propulser sur le plan international. Nous avons commencé le boulot au studio Meko ŕ Kinshasa, l'album est presque fini et il nous reste qu’une partie de mixage que nous allons effectuer au studio Harryson. En ce qui concerne les photos et les affiches, elles sont déjŕ prętes. Le titre de l'album c'est \"Mot de passe\", avec dix chansons dont l'une qui m'est consacrée et qui s'intitule « Jossart Balezi », l'une de chansons phares. En tout cas les gens ne seront pas déçus, puisque nous faisons tout le possible pour satisfaire leurs désirs. Voilŕ pourquoi je vais commencer par imprimer 5.000 exemplaires pour le lancement.
MMC : Quels sont les critčres de votre maison pour accepter un artiste et son śuvre.
JB: Tout d'abord j'exige ŕ l'artiste de me faire la maquette de ses chansons et si c'est possible je vais assister ŕ ses séances de répétitions. Aprčs, j’observe son feeling et lŕ c'est le côté spirituel qui joue c’est-ŕ-dire il faut qu'il arrive ŕ dégager des ondes positives pour me plaire, signe qu'il peut plaire aussi au public.
MMC : Apparemment vous vous contentez seulement de petits artistes alors qu'il y a d'autres qui sont comme on dit, des « poules aux oeufs d'or » comme Werrason, JB Mpiana, Koffi O, Papa Wemba, Jossart Nyoka Longo... qui peuvent vous permettre de vous retrouver. Vous craignez les conditions qu'ils vous imposent ?
JB: Mais j’ai produit l'un d'eux dont vous n'avez pas cité le nom en connaissance de cause. Il s’agit de Madilu. Quand j'ai produit Wazekwa et Madilu, les gens m’ont critiqué en disant que je n'aime que les grands noms connus et j'ignore les jeunes talents, aujourd'hui je choisis de promouvoir la jeunesse, et maintenant vous affirmez que je crains les conditions posées par les grands noms. Je suis producteur congolais, j’aime mon pays et mon travail est de satisfaire tout le monde c’est-ŕ-dire jeunes comme vieux sans exception. Je reçois tous ceux qui viennent frapper ŕ ma porte.
MMC : En tant que producteur, que dites-vous de la piraterie, quelles solutions proposez-vous de ce problčme ?
JB: La piraterie tue le métier de producteur. Aujourd'hui, il y a beaucoup d'entre-nous qui hésitent de s'engager puisqu'ils craignent de ne pas pouvoir récupérer leur argent, ce qui est normal. Nos artistes devraient comprendre cela, en nous facilitant la tâche nous producteurs. Moi j’estime que la solution ŕ ce fléau passe par l'éducation du public afin de l'inciter ŕ consommer les originaux. C’est ainsi que j’en profite pour saluer les actions des responsables actuels de la SONECA qui font un bon boulot afin d'éradiquer la piraterie. Voilŕ une autre solution qui marche.
MMC :Beaucoup de musiciens, męme le domaine chrétien disent qu'il n’y a pas de producteurs de la musique congolaise, il n’y a que de « profiteurs » qui se servent de leurs talents pour s'enrichir. Que leur répondez-vous ?
JB: Si cela est vrai, dans ce cas ils devraient s'auto-produire puisque parmi eux il y en a qui arrivent ŕ rassembler de sommes importantes d'argent dans leurs mains mais ils n’y arrivent pas. Chaque artiste qui a du talent pense qu'il coűte de l'or tout comme toute musique qui est encore au studio sonne bien ŕ l'oreille, mais une fois sur le marche elle est rattrapée par la réalité. Je n'ai jamais vu un artiste venir me demander si j'ai vendu combien d'exemplaires de son śuvre. Et pourtant tout artiste quel qu'il soit se croit au top.
MMC : Que pensez-vous des dédicaces ou \"mabanga\" et autres génériques dans la musique congolaise.
JB: C'est un phénomčne du moment. En effet, moi-męme je suis un \"libanguiste\" et les génériques sont une solution commerciale mais en tant que producteur, je demanderais aux atalaku de doser un peu leurs cris afin de laisser aux instrumentistes le temps de s'exprimer pour la grande joie du public.
MMC : Alors quelle solution proposeriez-vous ŕ ce phénomčne ?
JB: Il va disparaître avec le temps surtout quand il va se banaliser.
MMC : Croyez-vous en Dieu ?
JB: Je suis animiste apparenté au christianisme.
MMC : Un mot pour conclure notre entretien
JB: Je remercie toute l'équipe de digitalcongo de m'avoir accordé ce petit moment et son espace afin que je puisse m'exprimer et rassurer mon public.
(Jossart Balezi : jossart@hotmail.com)
Last edited: 07/05/2006 02:04:45