Le manqué de financement est l’une des plus grandes difficultés qu’elle rencontre dans la réalisation de ses films qui sont généralement consommés par les chaînes internationales
Aprčs avoir visualisé ses deux films, ŕ savoir « Revue en vrac » et « Sorcičre, la vie ! », Monique Mbeka Phoba livre ses impressions et quelques difficultés rencontrées dans leur réalisation.
« Revue en vrac » est le premier film qu’elle réalise aprčs une initiation au documentaire aux ateliers Varan ŕ Paris (France). Il s’agit d’une session de formation organisée avec le concours de l’Unesco. Au départ, ce film est un scénario de documentaire sur la conférence nationale souveraine congolaise. Mais, il sera réorienté sur la nouvelle presse congolaise. Monique Phoba trouve un grand intéręt ŕ réaliser ce film en 1991, année au cours de laquelle le Congo (alors Zaďre) connaît une grave crise politique. Pour elle, ce documentaire apporterait quelque chose ŕ l’histoire de la nation congolaise. Jeune et dynamique, Monique Phoba se sert d’une camera et d’une cassette Hi-8 pour tourner la « Revue en vrac », sans aucun financement. Elle avoue que cela s’est passé dans des circonstances difficiles et de suspicion de la part des services de sécurité. Dans ce documentaire, Mbeka Phoba s’appesantit sur la crise politique en Rdc, Zaďre ŕ l’époque. Elle visite les rédactions des journaux Le Potentiel, Elima, La Semaine, Grognon, Forum des As et Umoja. Ce film tourne autour de la nomination d’Etienne Tshisekedi comme Premier ministre. Monique ramasse les réactions des politiciens, de la population et des vendeurs des journaux.
Le second film est une enquęte que Monique Phoba mčne sur le phénomčne de la sorcellerie en Rdc. Le reportage, selon la réalisatrice, est une interrogation sur la portée des valeurs sous-entendues par les cultures congolaises. A travers le film, Phoba, qui a vécu plusieurs années ŕ l’extérieur de son pays, est plus préoccupée par la recherche de ses origines personnelles.
Elle estime que le phénomčne de la sorcellerie est une problématique qui préoccupe beaucoup plus ceux de la diaspora que des Congolais nés dans le pays. Tourné en 2001, « Sorcičre, la vie ! » replonge certaines personnes dans leur enfance avec une ambiance du village. Le principe du film est un aller-retour entre la Belgique et la République démocratique du Congo.
Pendant deux Semaines de tournage de ce film, Monique s’est sentie heureuse. « C’est un moment que j’attendais depuis sept ans », dit-elle. C’est du fond de leur cśur que les personnes interviewées dans le documentaire se confient ŕ Monique Phoba. L’objectif qu’elle s’est fixé dans ce film est principalement la mémoire pour une génération future.
Elle est inquičte de la maničre dont la sorcellerie est appréhendée par les Congolais habitant la Rdc. « On se prive d’opportunités de progrčs dans la vie de tous les jours ». Elle trouve important d’avoir des clarifications sur ce phénomčne qui touche aussi bien les adultes que les enfants.
Dans la réalisation de ce documentaire, Monique cherche ŕ entrer en contact avec un des assistants médicaux devant témoigner sur la vie de son grand-pčre. C’est ainsi que son choix porté sur le docteur Dieka, un ami de son grand-pčre. Une confiance et une entente se sont vite installées au point qu’elle a reçu tous les détails caches du sujet.
Le manque de financement est l’une des plus grandes difficultés qu’elle rencontre dans la réalisation de ses films qui sont généralement consommées par les chaînes internationales. Elle soulčve également le manque de confiance et de solidarité qui empęche parfois la réalisation d’un film.
Né le 14 juillet 1962 ŕ Bruxelles (Bruxehles), Monique Phoba Mbeka est une Congolaise qui a grandi entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie, du fait des activités d’un pčre diplomate. Licenciée en sciences commerciales et consulaires de l’Institut supérieur de Commerce St Louis de Bruxelles en 1991, elle ajoute ŕ sa formation le journalisme culturel. Elle preste ŕ la radio de l’Université libre de Bruxelles et ŕ la radio publique beige francophone (Rtbf). S’intéressant au cinéma africain, Monique Phoba a couvert la sortie du film « La vie est belle » en 1985. Au Bénin, elle a créé une structure de production, de diffusion et de promotion de films, « Lagunimages Sari ». Elle a également réalisé « Corps ŕ cśur », « Ręves en Afrique », « Une voix dans le silence », « Un ręve d’indépendance » et « Anna, l’enchantée ».
(CP)
Last edited: 07/05/2006 02:04:18