Le personnel du corps judiciaire réagit négativement aux récents arrętés signés par le ministre de la Justice portant mise en place dans les cours et tribunaux. Il est annoncé ŕ propos de ce malaise social que les magistrats comptent manifester leurs protestations en déclenchant un mouvement de grčve dans leurs services dčs le lundi prochain 23 janvier
Les récents arrętés ministériels portant sur la mise en place des magistrats ont fait l’objet d’un examen minutieux au cours d’une assemblée générale extra ordinaire tenue au sičge du Syndicat autonome des magistrats du Congo (Synamac) de la Gombe. Le Synamaca enjoint ŕ tout magistrat digne de ce nom de respecter le mot d’ordre de grčve lancé pour ce lundi 23 janvier prochain. Et ce, afin d’obtenir l’annulation desdits arrętés jugés inopportuns et inconstitutionnels.
Réunis en assemblée générale extraordinaire ŕ son sičge de l’avenue Lubefu, dans la commune de La Gombe, sous la présidence de M. Sambayi Mutenda Lukusa, les membres du syndicat autonome des magistrats du Congo (Synamac) ont examiné la situation qui prévaut au sein de leur corporation ŕ la suite de graves événements politiques récents (le référendum notamment). Aprčs débat et délibération, Le Synamac s’est confié ŕ la presse pour annoncer, dans un communiqué de presse, la reprise de la grčve au lundi 23 janvier prochain. Et ce, afin de résister ŕ l’arbitraire dans lequel les pouvoirs exécutif et législatif veulent l’entraîner. Il s’agit pour les magistrats d’exprimer leur mécontentement face au refus du Parlement de voter le Statut des magistrats et la loi portant organisation et fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature, pourtant inscrits ŕ 6 reprises ŕ l’ordre du jour de ses sessions. « Une attitude tendant ŕ encourager la prise en otage du Pouvoir judiciaire par l’Exécutif et les politiciens, ŕ travers le ministre de la Justice », ont déclaré les magistrats. Et ce, surtout ŕ la veille des élections générales au pays avec tout ce que cela implique dans la proclamation des résultats.
ARRETES INOPPORTUNS
Par ailleurs, la porte-parole du Synamac, la secrétaire générale du syndicat, en la personne de Mme Tsasa Nbuzi a stigmatisé les mutations opérées généralement sans consultation, car « orchestrées dans les calculs politiciens des composantes, compromettant ainsi la garantie de l’indépendance d’un corps voulu neutre ». Raison pour laquelle, le Synamac déclare « nuls et non avenus ces arrętés in opportuns et anticonstitutionnels ». Les magistrats concernés par ces mouvements non pris en charge par l’employeur doivent se réserver le droit de les boycotter. Pour cela, ils doivent compter sur la solidarité de tous les membres de la corporation. Au cas contraire, on aurait pręté flanc pour perpétuer la clochardisation des magistrats et leur inféodation aux composantes et entités politiques qui sont les véritables initiatrices de cette mise en place décriée.
Ainsi pour que réussisse l’action en chantier, la grčve musclée ainsi déclarée devrait se poursuivre jusqu’au vote par le Parlement des lois qui puissent concrétiser l’indépendance du pouvoir judiciaire telle que consacrée par les constitutions de la République.
Le Synamac ne s’adresse pas seulement aux magistrats membres de son regroupement : mais ŕ tous les magistrats dignes de ce nom qui doivent taire, pour l’émergence d’un Etat de droit, leurs considérations partisanes et égoďstes.
(CP)
Last edited: 07/05/2006 02:04:16