Une série d’actes de vandalisme et autres cas de vols dans le patrimoine de la Générale des carričres et des mines (Gecamines) sont dénoncés par la Ligue contre la corruption et la fraude déplorant que ce pillage constaté qui mine le portefeuille de l’Etat soit toléré sans inquiéter les criminels agissant en toute impunité
La Ligue contre la corruption et la fraude (LICOF) constate depuis quelque mois seulement la recrudescence des actes de vandalisme et d’autres cas de vols des biens faisant partie du patrimoine de la Gécamines-Kolwezi. Les câbles ainsi que bien des produits cuivreux, tout comme les concentrés de cobalt disparaissent des installations de cette société miničre publique qui en est le seul propriétaire pour ętre vendus frauduleusement ŕ l’étranger.
La LICOF épingle, entre autres, deux cas qui font école dans le chef-lieu de district urbano-rural de Kolwezi en date du 14 novembre 2005, la Garde industrielle de la Gécamines a constaté la disparition d’un moule en cuivre de 4 tonnes. Cet objet était utilisé comme matrice dans le four électrique pour la fabrication des objets en cuivre ŕ l’UZK (Usine de zinc de Kolwezi).
Aprčs enquęte minutieuse menée par la Garde industrielle, il ressort que le moule serait vole sous l’instigation d’un certain Yav Alias Dollar habitant temporairement au n°834 de l’avenue Industrielle, quartier Mutoshi (Kolwezi). Ce forfait avait été perpétré le 05 novembre 2005 dans l’atelier mécanique de l’UZK aux alentours de 14 heures locales. Et c’est ŕ l’aide d’un pont roulant de l’UZK que le moule en cuivre avait été embarqué ŕ bord d’un camion appartenant ŕ l’entreprise Swanepoel, lequel camion est affecté au compte de l’entreprise Ruwe Mining, partenaire de l’UZK.
D’aprčs des renseignements recueillis par la LICOF ce forfait n’aurait pas été possible sans la complicité des trois agents du sičge de l’UZK. Le moule a été bel et bien déposé ŕ l’adresse précitée oů logeait Yav Dollar. Lors de la perquisition y effectuée, la sentinelle de la résidence avait révélé que cette derničre appartenait aux frčres jumeaux Pierre et Paul bien connus au Katanga dans le monde des « exploitants miniers » artisanaux. Yav Dollar serait leur ami.
A en croire toujours le témoignage de ladite sentinelle, un camion de Swanepoel avait effectivement amené une grande pičce en cuivre, c’est ŕ dire le moule, dans la parcelle oů vivait Yav Dollar. Le moule fut enlevé le 17 novembre 2005 par un camion Renault de couleur bleue et le 18 novembre 2005, le nommé Yav partait pour Lubumbashi par avion, vraisemblablement avec cette pičce en cuivre qu’on n’a plus jamais retrouvée ŕ Kolwezi.
Le deuxičme cas frauduleux ŕ signaler concerne les concentrés sulfurés de cuivre dont la teneur varie entre 30 et 45 % derničrement voles aussi ŕ la Gécamines-Kolwezi et acheminés ŕ Lubumbashi. Selon des sources dignes de foi contactées par la LICOF, quatre négociants congolais résidant ŕ la Cité Lwilu et au service du Libanais Ali Mammoud dit « Momo » sont les auteurs présumés de ce crime économique.
Au cours de la semaine du 21 au 27 novembre 2005, plus ou moins 50 tonnes de concentrés sulfurés de cuivre ont été subtilisées et évacuées du bassin des Usines Lwilu de la Gécamines ŕ bord de deux camions de marque DECUBBER pour le compte du surnommé Momo. Sans doute moyennant une forte récompense en dollars. Certaines indiscrétions parlent de 100 mule dollars.
Ces cas relates en détails prouvent ŕ suffisance que la destruction de la Gécamines, patrimoine public par excellence, continue impunément. Les complicités se situent dans plusieurs services de l’Etat en commençant par les agents Gécamines eux-męmes. Cette société semble ętre gérée comme un bien sans maître.
C’est pourquoi la LICOF interpelle une fois de plus les autorités concernées sur cette question de fraude répétée des minerais et de l’outil de production de la Gécamines. L’Ong recommande :
- au gouvernement de la République, particuličrement au ministre des Mines de s’intéresser un peu plus sur le sort de la Gécamines nagučre poule aux oeufs d’or mais devenue l’ombre d’elle-męme ŕ cause de la mégestion et des vols de son patrimoine
- au gouverneur du Katanga, ancien « gécaminard » d’user de son pouvoir pour faire cesser le pillage continuel de cette compagnie dont la RDC aura besoin pour longtemps encore ;
- aux autorités judiciaires du Katanga de ne pas pécher par omission sous prétexte que la Gécamines ne s’est pas plaint de tous ces vols. Car, en tant que garant de l’ordre public, des droits des personnes morales dont la Gécamines, le ministčre Public peut se saisir de telles infractions dénoncées. Des tels cas ne sont pas encore arrivés au Katanga.
Fait ŕ Lubumbashi, le 11 janvier 2006
LICOF
Communique de presse n° 046/LICOF/2005
Last edited: 07/05/2006 02:04:12