Présent ŕ Kinshasa aux travaux préparatoires du 1er congrčs du Pprd et au moment de la commémoration du 5čme anniversaire de la mort de Mzee Kabila, le président du comité du Pprd/Katanga, M. Richard Muyenz, profite de ce séjour pour communiquer l’édifiante position de sa structure face ŕ ces deux événements au regard du capital enjeu électoral dans lequel est engagé le pays
Le président du comité du PPRD/ Katanga Richard Muyenz Mans, venu participer ŕ Kinsahsa au travaux préparatifs du 1er congrčs de ce parti, explique le succčs du vote référendaire dans la province cuprifčre et profite de la commémoration du cinquičme anniversaire de la mort du Héros national Laurent Désiré Kabila pour convier le peuple congolais ŕ faire perpétuer son idéal de patriotisme, en reconnaissant les mérites de son héritier et continuateur Joseph Kabila auquel il faut assurer la victoire électorale pour garantir la poursuite de l’śuvre de la pacification et de la reconstruction entamées pour l’essor de la Rdc. M. Muyenz développe ses édifiantes idées dans l’interview ci-aprčs.
[i]M. Muyenz, vous venez de participer ŕ Kinshasa ŕ la réunion tripartite Bureau politique – Conseil national et Comité exécutif national de votre parti, le Pprd, pour préparer le 1er Congrčs de cette formation mettant le cap décisif sur les élections que le Pprd ambitionne de remporter au 1er tour et ŕ tous les niveaux. Pouvez-vous justifier ce gros pari ?[:i]
Nous avons vécu une grande journée de contacts entre responsables de toutes les provinces et de toutes le structures. Au niveau de ces structures, nous étions réunis entre les membres du Comité exécutif national, du Bureau Politique et du Conseil national. Nous avons débattu trčs sérieusement des dossiers ŕ soumettre au prochain congrčs du parti qui se déroulera du 6 au 8 février ici ŕ Kinshasa. Nous avons aussi abordé le problčme des élections, et au Pprd, nous nous préparons sérieusement pour le dernier pari du succčs électoral… et lŕ, nous avons débattu des stratégies ainsi que de toutes les autres possibilités pour renforcer les chances du parti ŕ gagner les élections.
[i]A propos de ce pari de remporter les élections au 1er tour et ŕ tous les échelons et au regard des tendances de la consultation référendaire, qu’est-ce qui vous pousse ŕ pronostiquer de telles chances de victoire ?[:i]
Nous sommes un grand parti. Nous avons été en campagne référendaire et je préfčre vous parler de l’expérience du Katanga dont j’ai sillonné pendant trois semaines le profond de cette province oů, curieusement je n’ai rencontré aucun concurrent. J’ai comme l’impression que les autres observent pendant que nous quadrillons le territoire national. Nous ne minimisons personne, mais nous constatons tout simplement qu’ils mettent du temps ŕ prendre l’allure du combat électoral. Evidemment nous n’allons pas les attendre, notre peuple voulant que les choses changent rapidement, et que trčs vite l’on vive de nouvelles structures et que l’on vive avec de nouveaux dirigeants. Nous allons donc ainsi dans le sens des attentes de notre peuple et nous pensons que le Pprd a énormément des chances de gagner aux prochaines échéances.
Le Pprd triomphe sans concurrent au Katanga sans minimiser personne
L’expérience du référendum nous permettra d’aiguiser davantage nos stratégies et de nous préparer conséquemment pour que lŕ oů se sont manifestées des faiblesses, nous puissions nous préparer ŕ les surmonter pour récolter des résultats positifs. Mais, comme je vous l’ai dit tout ŕ l’heure, nous n’avons aucun mépris pour les autres, et nous ne minimisons personne, sachant que le combat sera assez sérieux. Mais nous savons aussi que nous nous préparons pour de grandes choses.
[i]Comment interprétez-vous les résultats du scrutin référendaire dans le Katanga qui compte beaucoup de villes sans doute mieux sensibilisées que la campagne difficilement accessible comme partout ailleurs dans le pays ? Ne pensez-vous pas que la grande proportion du vote positif dans les villes reflčte un manque de sensibilisation dans la campagne qui peut réserver des surprises dans la traduction du mécontentement des laissés pour compte ?[:i]
Non, c’est le contraire, en ce qui concerne le Katanga, les meilleurs résultats, nous les avons enregistrés dans els districts. Et lŕ nous avons été jusqu’au score nageant entre 92 et 95 % des Oui, et męme me taux de participation en campagnes était trčs fort, alors que la plupart des bureaux se situaient loin de nos villages. En villes, c’est précisément Lubumbashi qui a connu quelques problčmes et oů nous avons enregistré un faible taux de participation, légčrement plus de 50 % et nous avons obtenu un résultat tout de męme positif qui reste assez faible, comparativement ŕ celui de l’intérieur de la province. Il s’agit d’un résultat assez faible, certes, mais tout de męme de 89 %. Il reste quand męme assez bien élevé.
Il faut que je vous explique tout de suite que s’il y a eu une faiblesse constatée au niveau du taux de participation, cela n’est pas dű ŕ une quelconque réponse ŕ un appel au boycottage, cela est dű plus tôt au manque ou ŕ l’absence de filičres solides pour passer l’information au niveau de la Commission électorale indépendante (Cei). La faiblesse qui est du reste surmontable est ŕ coller ŕ l’organisation de la Cei. Parce que le premier jour, les gens sont venus assez tardivement, beaucoup attendaient, comme ce n’est pas l’habitude des Congolais, de venir au deuxičme jour. Mais comme ŕ 17 heures il n’y avait plus personne devant les bureaux de vote, cela signifiait pour les organisateurs qu’il n’y avait plus de votants. Et ils ont établi les P.v. de clôture, ce qui fait qu’ils ont clôturé, et pour ne plus ouvrir leurs bureaux le lendemain.
Au lendemain les bureaux ont été pris d’assaut mais n’ont jamais été ouverts. Autour de midi du deuxičme jour, les animateurs de la Cei ont tenté de rouvrir les bureaux qui étaient spécialement ouverts pour les gens qui n’habitent pas la ville, le nombre était trčs limité par rapport ŕ la population qui n’avait pas encore voté. Alors beaucoup de gens ses sont fatigués d’attendre, et, par conséquent, vers la fin, il y en a parmi eux qui se sont démobilisés et qui se sont décidés carrément d’attendre les prochaines échéances. Voilŕ ce qui s’est passé ŕ Lubumbashi.
A Likasi, le taux était assez fort, et ŕ Kolwezi il était plus fort, exactement comme dans les districts. Donc, qu’on ne vous raconte pas des histoires : nos membres ses ont mobilisés, les Katangais se sont mobilisés, mais ŕ l’issue de ce scrutin on est arrivé ŕ se rendre compte qu’il y a eu énormément des faiblesses qui, du reste, sont toutes surmontables au niveau de la Cei et nous avons parlé avec les jeunes gens qui animent cette institution d’appui ŕ la démocratie pour leur dire qu’il faudra tout entreprendre pour essayer de combler toutes ces lacunes, de maničre ŕ réunir davantage dans la mobilisation aux prochaines échéances.
[i]Quant ŕ la sensibilisation autour de la Constitution, est-ce que vous avez récolté des remarques de la part de la population, parce que le Katanga représente tout de męme un cas spécial quant ŕ l’appréciation du systčme politique congolais. Comment vous ętes-vous pris pour amener les Katangais ŕ un projet de Constitution qui, apparemment, semble mélanger les tendances aussi bien des fédéralistes que des unitaristes.[:i]
Les Katangais sont suffisamment lucides. Ils ont eu l’occasion de suivre les débats au Parlement et ils ont compris que le texte qui venait de leur ętre proposé était un texte de compromis oů unitaristes et fédéralistes trouvaient leur compte. Et les Katangais ont été aussi informés qu’il s’agissait d’un processus, parce que pour accéder au fédéralisme il fallait certains préalables. Le fédéralisme présente énormément des contraintes pour réaliser ce systčme. Et le Katangais a compris qu’il fallait commencer par les préalables qui ne sont pas mauvais du tout, parce que le problčme que notre pays a connu est un problčme de gestion, l’éloignement de l’administration face ŕ l’administré.
Or dans ce nouveau texte, l’administration est fortement rapproché de l’administré et il y a męme, en plus, le découpage qui réduit les dimensions des entités et qui rend davantage la gestion aisée et par conséquent qui permettra d’accélérer le processus de développement. Nous l’avons suffisamment expliqué ŕ partir du jour oů le texte du projet de Constitution a été mis ŕ la disposition des partis politiques. Nous n’avons pas attendu la campagne référendaire. Déjŕ pendant la période de pré campagne, nous avions amorcé le travail de vulgarisation et d’explication de ce nouveau texte qui est maintenant le texte de la Constitution de la 3čme République.
Au Katanga nous avons procédé par une autre particularité en organisant des journées politiques, sorte de mini congrčs oů nous avons fait venir les animateurs de toutes les entités. Au niveau de Lubumbashi nous nous étions retirés ŕ 18 km de la capitale du cuivre, dans le village qui s’appelle Kambikila oů se trouve un célčbre séminaire. C’est lŕ que nous nous étions réunis pendant quatre jours pour débattre des questions de la Constitution, motiver la position du Pprd qui était le Oui ŕ la Constitution, mais aussi mettre ŕ la disposition de nos membres les supports, ŕ savoir le projet lui-męme, les résumés de ce projet et en Français, et en Swahili, mais aussi les aider ŕ maîtriser les méthodes de vulgarisation de ce projet de Constitution. Tout cela mis ensemble a fait qu’au Katanga nous avons été trčs ŕ l’aise dans la campagne et pendant cette période, nous avons sillonné, avec quelques camarades venus de Kinshasa, l’intérieur de la province. Curieusement nous nous sommes retrouvés tout seuls en pleine campagne, c’est ŕ croire que les autres attendaient que la manne tombe du ciel. Donc, c’est que nous avons récolté comme résultats au Katanga a été bien mérité.
[i]Vous voulez dire que la population n’a transmis aucun message dans un sens ou dans un autre pour suggérer une certaine amélioration…[:i]
Il y a eu des questions de clarification auxquelles nous avons donné des réponses appropriées et le résultat du référendum au Katanga démontre aujourd’hui que les Katangais ont adhéré au projet de Constitution qui leur était proposé. Le taux de participation dans l’ensemble est de 69, 25 % avec des Oui d’une proportion de 91 % pour l’ensemble de la province. Voilŕ les derniers résultats que nous avons eus de la Cei. Il faut avouer qu’il s’agit d’un résultat trčs bon !
Mais il ne faudrait pas que les gens profitent de cet écart, c’est-ŕ-dire 69 %, donc il y aurait eu 39 % de gens qui ne se sont pas déplacés, pour ręver et croire qu’une bonne opinion du Katanga a répondu ŕ un quelconque appel au désordre. Les Katangais constituent un peuple suffisamment discipliné qui a connu énormément des problčmes dans le temps et qui ne voudrait pas aujourd’hui ętre mis sur la sellette comme étant un peuple indiscipliné ou que sais-je encore. Le Katanga tient ŕ démontrer qu’au-delŕ de sa vocation économique, il peut mener le leadership politique. Vous avez vu avec les campagnes d’identification et d’enrôlement, au Katanga c’était un record : plus de 3,5 millions d’enrôlés ! C’est vous dire que le Katanga est décidé d’accompagner le processus jusqu’ŕ bon port.
A Joseph Kabila accorder la chance électorale pour gérer sans problčme
[i]Le Katanga, que nous sachions, a toujours joué un rôle de leadership dans le pays, mais maintenant un nouvel enjeu se pose au processus que vous évoquez avec le débat sur la loi électorale. Vous avez constaté aux travaux de la réunion des instances délibérantes du Pprd que męme au niveau de votre parti que les violons ne s’accordent pas aisément sur l’option des alliances politiques ŕ réaliser avant ou aprčs les élections en vue de la formation d’une majorité parlementaire donnant l’occasion au président élu de nommer un chef de gouvernement responsable de l’exécutif. Quelle est votre appréciation de ce problčme ?[:i]
La question des alliances est délicate et je vous ai dit tout ŕ l’heure qu’on ne sous-estimait aucune formation politique, et je crois qu’ŕ un moment il sera nécessaire que nous nous mettions ensemble, que nous regardions dans une męme direction pour essayer de soutenir une politique du gouvernement qui puisse aider notre peuple ŕ sortir assez rapidement de la crise. Comme on a dit que c’est au niveau du congrčs qu’on envoyait la question, et je suis tout ŕ fait de cet avis, pour le moment il est important d’asseoir et de consolider notre base pour essayer gagner les élections. Le moment venu, si cela est nécessaire, on devra opérer des rapprochements pour donner au chef de l’Etat qui sera Joseph Kabila la possibilité de gérer sans beaucoup de problčmes.
[i]Quant ŕ l’enjeu męme de la loi électorale, puisque c’est autour de cela que se pose le débat actuel au Parlement, que dites-vous de la problématique du systčme électorale qui soulčve la controverse actuelle avec des partisans préconisant le vote ŕ base des listes dites bloqués ŕ côté des contre positions penchant pour les listes ouvertes. Qu’est-ce que vous en dites ?[:i]
Bon, je crois que les amis vont aller assez vite, comme ils l’ont fait avec le projet de constitution. Les gens disaient que les tiraillements seraient assez durs entre les fédéralistes et les unitaristes, mais ils ont fait preuve de maturité, ils ont transcendé leurs convictions personnelles en privilégiant les intéręts de notre peuple. Il en sera de męme pour la loi électorale. A mon avis, le systčme des listes, il faut l’adopter, mais j’ai un penchant pour le mode préférentiel : il faut que les meilleurs puissent avoir leurs voix, les voix des électeurs, et que sur la liste l’on sache qui a eu le score le meilleur, plutôt que de retrouver sur une liste bloquée oů l’on bat campagne pour le parti que des mauvais candidats passent. Je crois qu’il faut donner au peuple l’occasion de se choisir librement ses dirigeants.
Quant ŕ la parité, j’adhčre totalement ŕ la formule des zébrés, j’espčre qu’on va y revenir, parce que c’est dans les villes que les femmes crient trčs fort, mais je viens de l’intérieur oů, quand vous dites aux femmes de venir au Parlement maintenant, elles me regardent avec un air assez drôle. Je crois qu’ŕ l’intérieur il faudra du temps. Etapes par étapes nous parviendrons ŕ vivre cette parité que je soutiens, mais pour l’instant, je crois qu’il ne faudra pas qu’on s’attarde trop sous la condition d’un homme et une femme. Il faut qu’il y ait des femmes et je crois que chaque parti politique veillera ŕ faire respecter cet aspect des choses. Voilŕ bričvement ce que je peux dire sur le débat notamment des proportionnelles dans la loi électorale.
Au niveau des présidentielles, je suis heureux de constater comme cela transpire déjŕ ŕ travers l’esprit de la Constitution qui penche pour le scrutin direct, ce qui est important. Au niveau des gouverneurs des provinces, ça sera dans la deuxičme phase. Cela est aussi important, autrement on laisserait passer des candidats populistes alors que pour le moment il faut chercher des gens qui réfléchissent et qui ont une certaine assise, intellectuelle, sociale, morale pour mener ŕ bien cette tâche combien délicate. Voilŕ ce qu je pourrai dire pour l’instant sur la question, mais je ne voudrais pas influencer le débat au Parlement, je fais confiance aux députés et aux sénateurs et j’espčre qu’ils sortiront un texte acceptable qui puisse nous aider ŕ aller vite aux élections.
[i]Il y a en plus l’aspect de l’assainissement de la situation générale qui s’avčre également un important préalable pour la bonne tenue des élections. Que faut-il en dire quand dans le cas encore du Katanga dont on rapporte de plus en plus ces derniers temps une agitation et un climat d’insécurité entretenu par des trublions de l’acabit du chef Maď Maď Gédéon. Les organisations internationales en arrivent ŕ faire redouter des troubles défavorisant la bonne tenue des élections. Qu’en est-il au juste ? [:i]
C’est dommage que l’on puisse encore connaître cette situation trouble chez nous dans le Nord, mais je sais qu’il y a des efforts assez remarquables et suivis lancés par le gouvernement pour essayer d’assainir le climat dans la partie nord de la province. Je sais aussi que cette démarche est encadrée par la Monuc, et je suis conscient que nous arriverons ŕ terme de cette situation trouble. Ce qu’il faut noter est que le référendum vient de se dérouler. Il y a eu peut-ętre quelques perturbations tant pour communiquer les résultats ŕ Lubumbashi, perturbations dues aussi ŕ cette situation dans certains territoires qui sont affectés par ce virus, mais je crois que dans l’ensemble la situation est assez calme.
En ce qui concerne les remous sociaux, cela est perceptible un peu partout, et ce n’est pas le fait de la formule du 1+4 ou du nouveau gouvernement. Ce sont des effets pervers de ce que nous avons vécu pendant trente ans de monisme politique, trente ans de dictature, trente ans d’anarchie et de destructions, et les effets nous les avons encore pendant longtemps. Il ne faudrait pas que les gens se trompent. Chaque fois que j’ai l’occasion de parler ŕ ce sujet, qu’il s’agisse de la situation des enseignants ou des fonctionnaires, je leur dis que personnellement je comprends totalement de leur situation puisque je suis moi-męme un ancien enseignant, mais je crois que c’est cela leur part de sacrifice pour que la situation s’améliore. Il ne faudrait pas que l’on bloque les choses aujourd’hui pour ces difficultés passagčres, parce que lŕ on risque de les aggraver. Nous avons intéręt ŕ aller de l’avant pour dépasser cette étape et aller aux élections pour vivre une nouvelle société avec tout ce qu’elle nous apportera comme avantages et changements dans la vie de notre pays.
[i]Toujours dans le cadre social, il y a des mécontentements et un ras-le-bol qui se traduisent par ce qui peut ętre considéré comme des actes de vandalisme réguličrement signalés tant dans les vols de câbles électriques que dans le sabotage d’autres infrastructures économiques, contexte qui ne peut favoriser un déroulement serein des élections.[:i]
Oui je vous ai dit qu’il y a toute une série de mesures ŕ prendre pour mettre fin ŕ cette situation de crise, ŕ cette situation de souffrance atroce et il y a des temps en temps de la part du gouvernement quelques avancées et quelques dispositions prises pour obtenir le changement, mais qui affectent et touchent certains domaines oů s’est établie l’anarchie et on observe des résistances dans ce domaine. Quand, par exemple, on parle de guichet unique, il y a des agitations dans certains milieux et dans certains secteurs, parce que les gens étaient habitués ŕ se servir et ŕ empęcher que les recettes aillent dans le trésor public, mais il faut faire face ŕ toute cette situation, et on ne va pas désarmer puisque les gens boudent et veulent rester dans l’anarchie. Il faut bousculer le systčme et changer.
Rassurez-vous que pour obtenir des changements profonds, il faudra absolument faire des victimes. Ne dit-on pas que pour manger des omelettes, il faut casser les śufs ? Je crois qu’il faut une détermination assez forte et persévérer dans le sens du changement, mais il faut aussi tenir compte du niveau de souffrance et que si cela demande énormément des sacrifices, fixer les phases et trouver des méthodes beaucoup plus douces pour que cela se fasse sans trop bousculer les innocents qui, eux, souffrent sans ętre totalement engagés ou impliqués dans des circuits de la destruction ou de l’anarchie.
Encore des larmes pour Mzee Kabila
[i]M. Muyenz, ŕ côté de votre participation ŕ Kinshasa aux travaux préparatifs du 1er congrčs du Pprd, vous ętes dans la capitale au moment oů est commémoré le cinquičme anniversaire de la mort du président Laurent Désiré Kabila. Que pouvez-vous tirer, en tant que leader katangais, comme enseignements édifiants autour de cet événement ?[:i]
J’ai encore des larmes pour Mzee Laurent Désiré Kabila, et cela me ramčne ŕ un autre aspect de l’histoire des enfants du Katanga. Chaque fois que je parle de Mzee Laurent Désiré Kabila, j’ai le cśur qui souffre. Mzee a passé trente ans de souffrance dans le maquis pour venir ŕ bout de la dictature de Mobutu. Mzee est un modčle de patience, de persévérance et de détermination. Parce qu’en définitive l’objectif a été atteint. Aprčs avoir souffert plus de 30 ans, Mzee s’est retrouvé hissé au rang d’homme d’Etat.
Malheureusement Mzee Laurent Désiré Kabila n’a pas eu l’occasion de jouir de ce temps. Sa vie n’a duré que le temps d’un éclat, éclat de la libération. C’est ŕ pleurer et ŕ pleurer toujours. C’est une histoire pathétique qui me lance ŕ travers l’histoire dans la fin tragique d’un autre enfant du Katanga, Moďse Tschombé que vous ne connaissez pas beaucoup ici ŕ Kinshasa, parce que j’ai comme l’impression que beaucoup de Kinois n’ont gardé de Moďse Tschombé que la sécession katangaise. Mais le devoir de l’histoire rappelle que Moďse Tschombé est rentré de son exil en 1964 invité par le gouvernement ŕ l’époque de Kasa-Vubu pour donner sa contribution ŕ la lutte pour la pacification, pour la réunification et pour la réconciliation du peuple congolais, un peu comme la mission de Joseph Kabila aujourd’hui.
Moďse Tschombé est rentré et a fait venir son armée de l’Angola. A l’époque, s’il le voulait, s’il était réellement sécessionniste, il aurait profité de ce chaos pour relancer la campagne de la sécession katangaise et consolider les frontičres de l’Etat du Katanga indépendant. Il ne l’a pas fait. Il a accepté de venir se battre ŕ Kinshasa comme Premier ministre, il a ramené la paix, il a réunifié le pays, il a réconcilié le peuple congolais avec lui-męme, il a męme organisé les élections. Vous savez ce qui s’est passé : Moďse Tschombé a été obligé de reprendre la voie de l’exil. Il a été poursuivi jusque dans son exil jusqu’ŕ ętre tué. Voilŕ un autre enfant du Katanga qui a perdu sa vie pour ce pays.
Il faut que les autres frčres du Congo le sachent pour ne pas garder du Katanga la seule image de sécessionniste. Il faut qu’ils sachent que le Katanga a donné tout pour ce pays. Il a donné son ouverture, ses richesses, et ses enfants, les dignes fils de cette province sont morts pour que le Congo retrouve la paix, pour que le Congo se réconcilie, ce que Joseph Kabila est en train de faire aujourd’hui, malgré les injures et la forte campagne d’intoxication qui ne l’a heureusement pas découragé. Et Joseph Kabila poursuit sa lutte, et j’espčre que le peuple congolais lui sera reconnaissant, et qu’il va demain diriger ce pays, pas parce qu’il veut le faire par la force, mais parce que le peuple congolais a tout ŕ fait l’obligation de lui reconnaître ce mérite.
Et voilŕ un peu ŕ quel exercice m’amčne cet anniversaire de lundi de Mzee Laurent Désiré Kabila : énormément des choses ŕ mon esprit. Et je veux cette fois commémorer cet anniversaire ici ŕ Kinshasa aux côtés de mes frčres congolais pour qu’ensemble nous puissions avoir de nouvelles larmes pour Mzee Laurent Désiré Kabila que le Katanga n’oubliera jamais, et partout dans les discours ŕ l’occasion de cette date, nous disons aux jeunes que c’est bien la différence pour la jeunesse. Et je vais reprendre les trois mots la patience, la persévérance et la détermination, voilŕ l’homme qui sert aujourd’hui de modčle pour la jeunesse du Katanga.
[i]Son idéal, il l’a défendu alors que maintenant nous avons l’impression que ses adversaires ont les coudées franches ŕ la faveur du processus électoral pour revenir dans la bergerie et sans doute récidiver leurs forfaitures contre cet idéal ! Il n’y a-t-il pas lieu de craindre une nouvelle trahison dudit idéal ?[:i]
C’est le peuple qui doit trancher et on donne au peuple l’occasion de trancher avec les élections. Il faut que le peule se rappelle de cet idéal. Je me rappelle encore les phrase de Mzee Laurent Désiré Kabila : organisez-vous et prenez-vous en charge. Cela est venu briser l’esprit d’attentisme qui nous a marqué pendant plus de trente ans de mobutisme. Je crois qu’il est important que le peuple se souvienne de cela et qu’aux élections il fasse un vote sanction pour donner l’occasion ŕ Joseph Kabila des collaborateurs qui peuvent amener le peuple ŕ sortir de la crise, c’est-ŕ-dire aider Joseph ŕ revivre cette philosophie de son pčre, son pčre philosophique, mais aussi son pčre biologique.
Last edited: 07/05/2006 02:04:11