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Bonjour | 08/01/2009 22:39 | English Make DC Home page | RSS feed

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Les revendications sociales continuent de s’étendre dans plusieurs secteurs publics oů le mouvement de grčve semble ne plus connaître de frein au point que cette agitation risque d’entamer fortement le climat du bon déroulement des décisives opérations électorales

Le processus électoral en RDC tend vers sa conclusion par la mise en place des institutions républicaines issues des urnes. Cette derničre échéance exige des animateurs politiques de l’abnégation et d’un haut niveau de patriotisme pour l’intéręt général. C’est dire qu’il n’est plus permis aux politiciens congolais de trébucher face aux embűches qu’ils se dressent mutuellement et intentionnellement pour bloquer la finalisation du programme arręté de commun accord ŕ partir de Sun City en Afrique du Sud dans le Cadre du Dialogue intercongolais de 2002.

Dans cet ordre d’idées, nous signalerons l’inexistence, pendant le dernier épisode de la longue transition congolaise, d’une politique sociale capable de galvaniser les masses laborieuses en vue de leur adhésion volontaire aux mots d’ordre des gouvernants.

Le cas actuellement inquiétant se trouve ętre celui de la non application des accords qui risque de durcir la position des enseignants, des Fonctionnaires et agents de l’Etat décidés d’entrer dans une grčve illimitée ŕ partir du 20 janvier 2006. A côté de ces deux secteurs des Services publics de l’Etat, on parlerait aussi du secteur médical déjŕ en alerte qui n’attend que le mot d’ordre de leurs syndicats.

Par ailleurs, l’Onatra bouge déjŕ ŕ la suite de la publication du décret portant installation du Guichet unique au bénéfice de l’Ofida. Cette situation a été ŕ la base de la motivation hier au Palais du Peuple d’une entrevue de plus d’une heure entre les syndicats des secteurs publics de l’Etat, la Cossep, et le Bureau du Sénat que dirigeait Mgr Pierre Marini Bodho.

A l’issue de l’entrevue, le porte-parole de la Cossep, le camarade Kibiswa Kwa Bene, a indiqué que les représentants des travailleurs sont venus sensibiliser le contexte des discutions sur le budget en vue de privilégier l’application, sans autre forme de procčs, des clauses pour ramener les Fonctionnaires, les enseignants et autres agents de la Fonction publique dans des bons sentiments de façon ŕ soutenir le déroulement du processus électoral.

La grogne sociale plane sur le ciel congolais avec un climat d’agitation sans précédent. Aprčs le secteur des services publics de l’Etat qui appuient leur revendication sur les mémorables accords de Mbudi, l’Onatra, l’Occ et certaines autres Entreprises du Portefeuille sont en clin d’emboîter le pas aux travailleurs de l’Administration pure. Des motifs, peut-ętre ŕ cause d’une incompréhension, il y a ŕ rappeler le Décret présidentiel instituant le Guichet unique ŕ tous les postes frontaliers, lequel semble donner l’impression de mieux conforter l’Ofida au détriment des autres services qui, disons-le, voient leurs intéręts bafoués.

Le Gouvernement est donc averti. D’oů, la nécessité de pręter attention aux réclamations des uns et des autres en vue de sauvegarder la paix sociale dont le pays a grandement besoin en ce moment précis souhaité de la tranquillité des esprits. Outre cette institution, le Parlement devra mettre les bouchées doubles qui permettront la publication de la loi sur le statut des Magistrats et leur barčme salarial. Ceci, a ajouté le camarade Kibiswa Kwa Bene, assurera ŕ la Magistrature son indépendance vraie, mieux le corps judiciaire, dans le cadre du maintien de la paix sociale pendant et aprčs la période des scrutins électoraux.

Le Gouvernement en difficulté

Un ŕ un, les principaux secteurs de vie nationale sont entrain d’ętre paralysés par la grčve des travailleurs. Depuis le lundi 9 courant, les professionnels de santé ont donné le ton. Infirmiers, administrateurs gestionnaires et autres auxiliaires de santé, tous ont débrayé, laissant les médecins seuls se dérouiller pour faire tourner les hôpitaux et les institutions de santé. Pour l’heure, selon le Secrétaire général adjoint du SYNCASS, Mutamba Mpoyo Tapoy, la grčve a atteint sa vitesse de croisičre dans les provinces de Kinshasa, du Katanga, la Province Orientale, l’Equateur et le Bas Congo.

Le mouvement est encore timide dans les autres provinces mais au SYNCASS on est rassuré quant ŕ la détermination de tous les professionnels de santé de la RD Congo d’en découdre avec le gouvernement en place. Mutamba Tapoy que nous avons joint hier a rappelé que parmi les revendications contenues dans le cahier de charge des professionnels de santé, on note la promulgation de la loi-cadre sur le secteur de la santé, loi vote depuis 2002 ; l’établissement des équivalences entre professionnels de santé pour la prime des risques et la paiement du troisičme palier de Mbudi en ce qui concerne les salaires. On note d’ailleurs que depuis le déclenchement de ce mouvement de grčve, ŕ Bukama dans la province du Katanga, le choléra fait rage depuis une semaine et les autorités politiques restent insouciantes. Des épidémies pourraient ainsi décimer d’honnętes citoyens tout simplement parce que leur gouvernement est insensible ŕ leur sort.

Les magistrats et les enseignants brandissent le carton rouge

Pendant ce temps, les enseignants et les magistrats sont sur le pied de guerre. Selon le Président du Syndicat national des magistrats du Congo, SYNAMAC, Nsambayi M. Lukusa que nous avons joint hier au téléphone, les magistrats pourraient entamer une grčve illimitée dčs ce vendredi 14 janvier 2006. Au terme d’une réunion du bureau de ce syndicat tenue mardi dernier, les magistrats ont déploré l’absence totale dans le chef du gouvernement d’une réelle volonté d’śuvrer pour l’indépendance de la magistrature qui est le troisičme pouvoir consacré par la Constitution. Le numéro un des magistrats a dénoncé la publication par le ministre de la Justice des « arrętés inopportuns ». On en saura un peu plus aujourd’hui, ŕ l’issue de l’assemblée générale des magistrats convoquée ŕ cet effet.

Pour leur part, les enseignants membres de deux syndicats les plus représentatifs de l’Education, le SYECO et le SYNECAT, ont déjŕ déposé un préavis de grčve qui court jusqu’au 20 courant. Si, d’ici lŕ, le gouvernement ne matérialise pas les promesses faites officiellement aux enseignants en octobre dernier, les écoles seront désertées par les enseignants.

Au premier trimestre, on a eu ŕ perdre prčs d’un mois sur le calendrier scolaire. Le forcing fait par les chefs d’établissement en accord avec les enseignants a permis de récupérer une petite semaine avec la réduction du nombre de jours de vacances de Noël. Si donc le retard s’accumule, on va tout droit vers une année blanche qui fera mal ŕ tout le monde. Surtout aux parents et aux enfants.

Engourdissement incompréhensible

Pendant qu’on marche si allčgrement sur les droits des enfants, on ne se gčne pas de soutenir que la RD Congo est un Etat de droit qui protčge le droit des enfants congolais ŕ l’éducation.

Et alors que tout va mal, le gouvernement se bouche les oreilles pour ne rien entendre. Plutôt que de proposer des pistes de solution aux différents problčmes soulevées par les travailleurs, les dirigeants se vautrent dans leurs beaux costumes, espérant fatiguer les syndicalistes par l’usure du temps. Erreur.

Le passé récent du mouvement associatif congolais a montré que de nouveaux leaders syndicaux sont entrain d’émerger. Le gouvernement congolais, qui aime tout sauf la transparence et la bonne gouvernance, ne pourra pas recourir ŕ son arme adulée qu’est l’achat des consciences.

Le moins que l’on puisse dire est que l’engourdissement dans lequel sont plongés nos dirigeants au sommet de l’Etat est tout ŕ fait incompréhensible. Comment des hommes politiques, qui sont candidats aux prochaines élections, peuvent-ils s’adonner ŕ cśur joie ŕ flouer des centaines de milliers d’électeurs que sont les parents, les magistrats, les enseignants et les professionnels de santé ? A moins de faire confiance ŕ un hold-up électoral toujours possible dans ce pays qui a la réputation d’avoir l’une des classes politiques les plus médiocres du continent africain.

Les fonctionnaires ne décolčrent pas

Les agents et fonctionnaires de l’Etat du régime général ne demeurent pas en reste. Eux aussi sont sur le pied de guerre et n’attendent plus que le mot d’ordre de leurs centrales syndicales pour se mettre en branle.

Dans le budget 2006 adopté par le Parlement, en effet, leur situation salariale reste inchangée. Or, le gouvernement, par le truchement du Vice président Arthur Z’Ahidi Ngoma, s’était engagé en octobre dernier ŕ tenir compte de leurs aspirations profondes de voir le barčme de Mbudi concrétisé. C’est encore une promesse non tenue, dans la mesure oů la prime payée par le gouvernement s’arręte en principe avec la paie du mois de décembre 2005.

La situation aujourd’hui est telle que les nombreuses grčves des travailleurs risquent de handicaper sérieusement le processus électoral. On sait quand commence un mouvement de grčve. On ne peut pas deviner ŕ l’avance comment il va finir. Mais le moins que l’on puisse dire est que les grčves ŕ la veille des échéances électorales constituent une épine venimeuse que nos dirigeants devraient absolument éviter. Dommage.



Last edited: 07/05/2006 02:04:04

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