Le rejet de reprise de l’opération d’enrôlement sollicitée par l’Udps pour impliquer enfin ses partisans a sonné le glas d’une véritable déconfiture de ce parti au point de plonger son leader dans le désarroi de l’évanouissement de son combat politique. Vainement M. Tshisekedi appelle ŕ l’aide de la communauté internationale pour le sortir du pétrin
Si l’opposant radical Etienne Tshisekedi, le Sphinx de Limete a été soutenu, c’est parce que ses combats ont été nobles devant le peuple en détresse et devant le dictateur que fut le maréchal Mobutu. Aujourd’hui oů les voies s’ouvrent vers la démocratie par l’annonce des élections, le parti d’Etienne Tshisekedi devrait faire preuve de sagesse pour conduire réellement le peuple ŕ choisir des dirigeants crédibles ayant peut-ętre la crainte de Dieu. Mais que constatons-nous ?
L’UDPS et son leader se perdent dans des querelles byzantines, dans des considérations peu orthodoxes laissant le temps aux aventuriers, aux faux-semblants politiciens et aux arrivistes du pouvoir. Tout cela décrédibilise la véritable Opposition en RDC.
Le début de son “exclusion” du processus électoral
Des hommes honnętes, ŕ en croire nos enquętes et sondages, n’ont jamais souhaité que le Parti d’Etienne Tshisekedi et lui-męme soient exclus du processus électoral. Au contraire, s’il faut dire les choses dans leur vérité, l’UDPS constitue un contrepoids, une force indispensable pour équilibrer le pays. Mais ce qui exacerbe, c’est son intransigeance, son extrémisme.
Personne au monde, quelle que soit sa nature, ne peut-ętre oppose ŕ tout. Tshisekedi, bien qu’il ait généralement raison, exagčre… Et nous ne le cesserons de le dire de maničre honnęte. Il doit mettre de l’eau dans son vin. Etant arrivé ŕ un âge, il doit laisser les dauphins, les héritiers politiques s’exprimer.
Curieusement, ceux qui le défendent avec acharnement, pour ses idéologies, finissent par ętre diabolisés et humiliés. Dans la vie et męme en famille, le papa ne peut généralement et ŕ tout temps avoir raison. Il y a des moments de faiblesses et de correction. Mais se proclamer ŕ tout moment et ŕ tout temps infaillible, est une erreur grave.
L’Union pour la Démocratie et le Progrčs Social (UDPS, opposition) avait dénoncé dimanche dernier. son « exclusion » du processus électoral en République Démocratique du Congo aprčs le refus de la Commission électorale indépendante (CEI) de rouvrir des bureaux de recensement pour ses militants.
L’UDPS a déploré dans un communiqué la « position d’exclusion » de la CEI, « une institution citoyenne censée se trouver au milieu du village ».
« L’inféodation (au pouvoir actuel) de cette institution pourtant voulue citoyenne est d’autant plus avérée que celle-ci s’autorise ŕ prendre des décisions politiques qui dépassent męme sa compétence », a affirmé le parti d’Etienne Tshisekedi.
Aprčs avoir boycotté le recensement électoral, qui a permis l’enregistrement de prčs de 25 millions d’électeurs, puis le référendum constitutionnel de décembre, l’UDPS avait annoncé le 2 janvier sa volonté de participer aux futurs scrutins et demandé la réouverture des centres d’inscription.
Cette requęte de l’UDPS s’expliquait notamment par l’obligation légale faite ŕ chaque candidat ŕ une élection d’ętre en possession de la carte électorale. Or, si en dépit des consignes de boycott, de nombreux militants de l’UDPS avaient participé au recensement électoral, ni Etienne Tshisekedi, ni les principaux cadres du parti ne l’avaient fait.
La CEI, d’aprčs elle, avait rejeté cette requęte en raison « des contraintes du calendrier de la période de Transition ainsi que les délais nécessaires pour traiter les données en vue de la production des listes électorales fiables pour les prochains scrutins » et aussi pour des raisons d’argent.
Ce qui est vrai, est que les élections générales doivent impérativement ętre organisées d’ici le 30 juin prochain, selon les délais constitutionnels, et mettre un terme ŕ une fragile Transition politique initiée en 2003 en RDC aprčs une guerre de prčs de cinq ans.
La CEI avait aussi annoncé que “pour ne pas faire obstacle au droit légitime de tout citoyen congolais ŕ se porter candidat aux prochains scrutins, tout candidat qui n’avait pas été enrôlé, pourra le faire ŕ l’occasion du dépôt de sa candidature”.
De son côté, l’UDPS a rappelé que son implication dans le processus électoral « ne doit pas ętre une figuration pour légitimer un processus qui bat de l’aile ».
En, conséquence, le parti de Tshisekedi a rendu un hommage appuyé ŕ la Communauté internationale “pour les efforts déjŕ consentis et lui a demandé de les poursuivre afin de garantir l’inclusion de toutes les forces politiques dans le processus électoral”.
Ce refus voile des Etats-Unis…
L’appel du Sphinx de Limete n’avait pas été répondu. En effet, les Etats-Unis, par la voix de leur ambassadeur ŕ Kinshasa, s’étaient ralliés curieusement ŕ la position de la Commission électorale indépendante, selon laquelle “il reste trčs peu de temps d’ici le 30 juin prochain pour pouvoir rouvrir des centres d’inscription en faveur de tous les militants de l’UDPS”. Roger Meece a exclu également toute possibilité de médiation du Comité international d’accompagnement de la Transition (CIAT) ŕ ce sujet, męme si le diplomate américain se félicite de la décision du parti d’Etienne Tshisekedi de rejoindre le processus électoral.
L’ambassadeur Roger Meece s’est dit pourtant satisfait de la décision du président national de l’UDPS d’engager son parti dans le processus électoral. Cependant, il est resté sensible aux défis que doit relever la CEI. « Du point de vue du calendrier, il ne reste pas beaucoup de temps avant la tenue des élections générales. Nous avons déjŕ terminé la période de cinq mois réservée aux inscriptions électorales ». Je comprends bien la difficulté de la CEI ŕ assurer la réouverture d’autres centres d’inscription et la tenue des élections dans le délai prévu, c’est-ŕ-dire avant le 30 juin 2006 », a-t-il déclaré.
M. Meece a dit comprendre bien la décision de la CEI. Celle-ci a laissé la porte ouverte aux candidats potentiels qui n’ont pas encore obtenu leur carte d’électeur. « Je crois que la CEI a agi d’une façon raisonnable au regard des difficultés et des contraintes qu’elle a », a-t-il ajouté.
Enfin, Roger Meece a exclu toute médiation que le CIAT pouvait jouer entre l’UDPS et la CEI sur la question d’enrôlement des membres de ce parti.
Tous ces propos du diplomate américain, ne sont pas sortis du hasard. Il se trame autre chose. Les Américains, bien que souvent favorables ŕ l’homme de l’UDPS, cherchent ŕ lâcher Tshisekedi. Mais, ce dernier croit avoir quelques cartes dans sa manche. Vingt-cinq années de résistance farouche aux régimes successifs de feu Mobutu et de Kabila pčre, lui ont donné une véritable légitimité politique et pourquoi pas une indiscutable popularité. Mais pourtant, il est aussi l’homme aux occasions manquées pour ses propres turpitudes. Bref, c’est l’ « opposant pathologique ».
La décision de l’Abbé Malu-Malu, qui constitue des risques d’extręme gravité, semble au préalable avoir été consuitée par la Communauté internationale par l’entremise du CIAT ŕ Kinshasa. Et ce n’est pas pour rien que l’homme de Kivu doit gesticuler et bomber la torse sur des chaînes de télévision s’il n’avait pas eu de garantie quelque part ŕ l’instar de sa premičre annonce en janvier 2005 du report de la Transition de six mois.
Des reproches...
Des reproches pour l’Abbé Malu-Malu et, on le dit partout, ce sont sans doute, son excčs de langage et son absence de retenues politiques sans oublier des attitudes du triomphalisme.
Qu’ŕ cela ne tienne... Mais ce qui est vrai, est que la décision du prélat catholique qui fâche certaines consciences, semble avoir été prise en concertation avec la Communauté internationale par l’entremise du CIAT basé ŕ Kinshasa. Rien ne pouvait se faire au hasard devant la colčre de “Kinshasa politique”. Malu-Malu a bien compris la ville de Kinshasa oů tout peut arriver d’autant plus que le sičge des Institutions et la politique se façonnent ŕ Kinshasa.
Désordre et confusion ŕ l’Udps
Les temps ont fini par nous donner raison. Et nous l’avions bien prédit, le radicalisme outré tue. Pour preuve : le torchon brűle maintenant au sein de l’Union pour la Démocratie et le Progrčs Social (UDPS). Rien ne va. Valentin Mubake, qui a défendu Etienne Tshisekedi jusqu’ŕ la moelle épiničre, est chassé par la petite porte. Quelle ingratitude, quelle guerre de clans ?
D’aprčs des confrčres qui sont restés dans les sillages de Tshisekedi, “il est reproché ŕ Mubake de rouler pour les autres et de toujours jouer ŕ l’extrémiste ŕ l’intérieur du parti pour pousser le président national ŕ la faute”.
Mubake se serait engagé pour obtenir la “révocation” du secrétaire général Remy Massamba pour des raisons non encore élucidées. Toutes ces accusations étonnent plus d’une personne. Comment Mubake, seul, peut-il s’accaparer de Tshisekedi et l’ « endoctriner » ŕ suivre seul ses idées alors que le tout se décide en collčge des fondateurs ou des cadres du parti ? Comment peut-il décider le départ de Massamba qui reste pourtant son grand confident et ami dans la lutte menée ŕ l’UDPS ?
A Elima, nous avions toujours dit que si tous les grands sont partis, c’est ŕ cause de la guerre de clans qui ronge ce mouvement. Dans la série, l’on peut citer Vincent Mbwankiem, grand combattant abandonné ŕ lui-męme et trčs malade des années durant, ŕ Binza-Macampagne sans visite d’Etienne-Tshisekedi ni de ses membres influents et gueulards ; le Prof. Lihau Marcel décédé, qui a été terriblement diabolisé aprčs avoir évoqué lui-męme le terme coterie ŕ l’UDPS; il y a eu aussi les Sesanga, Kibassa, Mpoyo Justine et tant d’autres...
C’est dire qu’ŕ l’UDPS, de véritables combattants seraient partis déçus. Et Mubake fait partie du lot. L’Union doit donc arręter le désordre ŕ la veille de ces élections qui s’annoncent palpitantes pour ętre écoutée. L’agitation actuelle, en son sein, est un mauvais présage. Qui dirait mieux ?
Last edited: 07/05/2006 02:03:53