La protestation contre le décret présidentiel instituant le guichet unique avec comme seul opérateur l’Ofida, protestation matérialisée par la grčve déclenchée par l’Office national des transports gérant le port de Matadi, a pour une de néfastes conséquences le blocage ŕ ce port de quinze bateaux chargés de marchandises
Quinze bateaux chargés de marchandises sont actuellement bloqués au port de Matadi en raison de la grčve des travailleurs de l’ONATRA déclenchée lundi ŕ l’appel de l’intersyndicale de cette entreprise publique, apprend-on de bonne source. Cet arręt généralisé du travail a été déclenché pour protester contre le décret présidentiel instituant le guichet unique ŕ tous les postes frontičres de la RDC.
« L’Etat propriétaire veut simplifier les procédures de dédouanement au Port de Matadi et voir un peu plus clair dans les recettes de cette société qui est gérée comme un bien sans maîtres. Par ce décret présidentiel, l’Office des douanes et accises devient l’unique interlocuteur des importateurs et des exportateurs au port de Matadi. C’était sans compter avec l’activisme syndical trčs prononcé qui sévit dans cette société d’Etat, mais déjŕ privatisée au profit de quelques directeurs et syndicalistes.
En moins de temps qu’il ne le faut, tout ce beau monde s’est senti en insécurité pécuniaire. Adieu veaux, vaches ! Une affaire de gros sous dans une société réputée pour ses tarifs prohibitifs et la médiocrité de ses services. Comme les travailleurs ne sont lŕ que pour ętre manipulés par plus malin qu’eux, il a suffi de leur dire que l’on cherche ŕ privatiser le port de Matadi et que des milliers d’emplois seront supprimés pour que ça marche. Eux qui sont déjŕ des chômeurs déguisés trouvčrent le prétexte pour croiser davantage les bras. Conséquence, la vie économique au Congo a frôlé la paralysie.
Les quelques personnes qui travaillent encore dans le pays se sentirent interpellées. C’est par ce port, complčtement déglingué qu’arrivent nos poulets congelés, nos voitures d’occasion, nos friperies, nos articles de contrefaçon etc. dont nous ne savons plus nous passer aujourd’hui. (...) C’est aussi par lŕ que nous exportons les quelques articles encore produits par les rares entreprises qui ont échappé ŕ notre folle destructrice. Finalement, qu’est devenue la Charte qui devait conduire la Nation ŕ s’organiser autour d’un vouloir-vivre commun : “Le Manifeste de la N’Sele”?. Parions que les directeurs de l’ONATRA vont continuer ŕ bouffer seuls et que nous ne serons pas invités au banquet. Prophétisons que dans dix ans, cette société va cesser d’exister si des réformes ne sont pas entreprises aujourd’hui ».
Last edited: 07/05/2006 02:03:52