Le ministre des Finances vient de signer un arręté portant suspension du directeur général de la Direction générale des impôts Kabala Ilunga Mbidi et son adjoint Mwananteba Alibaba bénéficiaires d’une liberté provisoire dans le dossier judiciaire ouvert contre eux sous le grief de détournement
Par arręté ministériel n°024/Cab/Min/Finances 2005 du 31/12/2005, MM. Kabala Ilunga Mbidi et Mwananteba Alibaba, respectivement directeur général et directeur général adjoint des impôts sont suspendus.
Cette décision du ministre des Finances Marco Banguli est intervenue aprčs la sortie des intéressés du Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (Cprk) oů ils étaient détenus. En effet, Kabala Ilunga Mbidi et Mwananteba ont fini, aprčs environ 80 jours de détention, obtenu la liberté provisoire sollicitée par leurs avocats.
Ainsi en date du 31 décembre, le ministre Marco Banguli a instruit le Dg ai Norbert Lemvi de la Dgi pour notifier aux intéressés cette décision de suspension. Aussitôt aprčs les avocats de Kabala et Mwananteba sont montés au créneau pour stigmatiser l’acharnement de l’autorité.
Il est déploré le fait qu’il est rapporté que le ministre a eu ŕ soutenir tant qu’il est ŕ son poste les cadres suspend ils ne seraient pas repris.
Pour une affaire qui est en cours au niveau de la Justice et que les acteurs sont en liberté provisoire, il n’est pas acceptable qu’un responsable, fut-il ministre, se prononce ŕ l’avance et devance la Justice.
La défense s’interroge aussi si le ministre a eu le temps d’approfondir le dossier avant d’agir. Pour elle, le dossier est vide. Elle continue ŕ clamer qu’il existe une main obscure qui a tenté ŕ plusieurs reprises sans y parvenir ŕ noyauter la Justice. Cette main avait-elle réussi ŕ mettre ŕ la disposition du ministre des Finances des contre-vérités ? C’est une question que les avocats se posent.
Pour eux, le ministre ferait mieux de s’imprégner des réformes en cours ŕ la Dgi et éviter de prendre des décisions précipitées. Le crédit d’impôts étant géré au niveau de la direction de grandes entreprises (Dge). La haute direction de la Dgi étant appelée ŕ ne plus se consacrer ŕ la gestion quotidienne des impôts, mais plutôt ŕ la politique fiscale.
La réaction de Kisimba Ngoy se passe de commentaire
Quelle conclusion peut-on tirer de la suspension du Dg et Dga ? Leurs avocats constatent que malgré la lettre du ministre de la Justice au procureur général de la République et au Conseiller spécial du chef de l’Etat, le seul rapport exploite dans ce dossier reste celui du Cns. Il n’est pas opposé un autre contradictoire pour permettre aux incriminés de recouvrer leur liberté.
Selon eux, c’est comme s’il existe une cabale montée contre leurs clients. A l’approche des élections, les composantes voudraient prendre cette régie financičre et y placer leurs hommes de main en vue de bien préparer la campagne électorale.
Ainsi, rappellent-ils le contenu de la lettre du ministre de la Justice ŕ Samba Kaputo. « ... Il ressort que ces personnes appréhendées sont jusqu’ŕ ce jour, certaines d’entre elles en détention irréguličre ayant dépassé plus de 70 jours sans que vos services n’aient envoyé au parquet l’ensemble des éléments de leurs dossiers et d’autres, plus particuličrement les agents de la Dgrad, leurs dossiers n’ont pas encore été remis au Parquet... La situation ci-dénoncée ne peut plus perdurer du moment oů les regards du monde entier sont dirigés vers la Justice congolaise. Ainsi les personnes en détention irréguličre dans tous ces affaires doivent immédiatement ętre remises en liberté... ». Ces écrits de Honorius Kisimba Ngoy se passent de commentaires.