2août 1998-2 août 2001. Il y a de cela exactement trois ans que la coalition ethno-tribale rwando-ougando-burundaise agressait la Rdc, au mépris des principes du Droit international, violait la Charte de l'Onu et de l'Oua.

Et pour camoufler cette diabolique agression, le Rwanda, ils ont monté une rébellion congolaise pour servir de paravent. Depuis, la Rdc est en guerre. Une guerre destructive, violente, meurtrière et destabilisatrice. Une guerre qui porte les germes d'une guerre mondiale pour autant qu'aujourd'hui, en Rdc, il existe un cocktail «d'armées étrangères».

Outre les armées régulières d'agression, il y a de l'autre part, les alliés de la Rdc : le Zimbabwe, la Namibie et l'Angola. A cela s'ajoutent les contingents onusiens: le Sénégal, l'Uruguay, le Maroc, la Tunisie. Ajouter à cela les groupes armés du Rcd/Goma, Rcd/Beni, Mlc, Maï-Maï, Unita...

Il y a là tout ce qu'il faut pour embraser toute l'Afrique dans la mesure où des possibilités d'interconnexion avec des guerres en Angola, en Somalie, dans la Corne de l'Afrique, en Sierra Leone sont faisables. Mais en plus, il n'y a qu'un pas à franchir pour établir des liaisons avec les terroristes d'Algérie. Nous sommes là à la porte du Proche-Orient où la poudre explose au jour le jour.

En guise de bilan : près de 3 millions de Congolais tués; des dégâts matériels estimés dans un premier temps à 497 milliards de dollars; un Accord de Lusaka non appliqué; plus de sept résolutions du Conseil de sécurité non respectés et enfin une partition de fait de la Rdc.

Réaliser une telle performance macabre et anarchique n'est pas à la hauteur de trois pays qui ne disposent pas de moyens de soutenir une guerre de trois ans. Il existe bel et bien des mains invisibles plus enclines à contrôler les richesses congolaises. Le fait qu'au Conseil de sécurité on ait mis huit mois pour reconnaître que la Rdc est agressée, constitue une confirmation d'un complot international qui sous-tend cette agression. Une attitude largement favorisée par cet état d'âme au regard du génocide de 1994. Un prétexte tout trouvé pour traîner les pas et tenter l'expérience résultant de l'Accord de Dayton avec la création des Etats nains.

Une opposition armée vassale... Une opposition interne irréaliste

La leçon à tirer de ces trois ans de guerre d'agression, c'est que le peuple congolais est pris en otage. Non pas seulement par les agresseurs qui n'ont aucune considération humaine. Mais également par cette opposition armée au service des étrangers.

Le mimétisme politique, nous l'avons sévèrement condamné. Evoquer un certain passé pour justifier une quelconque alliance politique, c'est faire preuve de manque de conviction politique. Pour preuve, le Rcd s'est désintégré, tandis que le Mlc ne peut rien dire sans raccord de Kampala.

Jamais de mémoire de journaliste l'Afrique n'a vécu une telle allégeance criminelle. Seuls les collabos des Nazis en Europe ont été les premiers à souiller la mémoire humaine. Hélas ! Certains Congolais n'ont pas hésité à trahir leur patrie, d'assassiner leurs propres compatriotes pour assurer la sécurité des étrangers.

Comme pour confirmer cette insuffisance politique, l'opposition interne s'illustre par une incohérence dangereuse. Manifestant un opportunisme surprenant, cette opposition dite démocratique manifeste une surenchère politique qui aliène les intérêts du peuple. Or, tout exercice politique doit prendre en compte avant tous les intérêts supérieurs de la Nation et non les ambitions personnelles.

Aujourd'hui que l'existence de la Nation congolaise est menacée, on s'étonne que cette opposition, refuse «la main qui sauve». Pire, multiplie des provocations pour donner à l'extérieur une image d'un Congo instable, sans garantie d'assurer une quelconque sécurité. Ils ne visent rien d'autre qu'à empêcher les investisseurs étrangers d'amener les capitaux en Rdc. D'où, pas d'emploi, pas de travail rémunérateur et productif. Donc la misère pour le peuple. Drôle de vision politique.

Revoir certaines stratégies

Ce 2 août 2001 doit nous interpeller, car le peuple congolais a été humilié. Si l'option de mettre fin à la guerre doit demeurer, il importe en ces moments de revoir certaines stratégies pour atteindre rapidement cet objectif.

Si le Dialogue intercongolais demeure la porte de sortie, il serait positif de dédoubler la dynamique interne dans le but d'accélérer les choses. Nous croyons que le moment venu de s'appuyer sur le schéma de la Consultation nationale afin de donner de nouvelles impulsions à l'action de Masire.

Dans l'entretemps, l'autorité de Kinshasa a l'obligation morale et politique d'entretenir la primauté des initiatives. Ainsi, dans une action combinée favoriser des contacts directs pour casser le mythe de la méfiance et rapprocher les Congolais. Kinshasa a désormais tous les atouts pour réussir un grand coup. Il y a lieu d'ouvrir la grande artillerie politique, au plan interne et diplomatique, au plan externe dans le but surtout de briser l'attentisme du Conseil de sécurité des Nations Unies Unies.